C’est quoi l’histoire ?

 

L’histoire, pour reprendre une formule bien connue, c’est une science qui a pour objectif de répondre à trois questions : Qui nous sommes ? Qu’est ce que nous avons fait ? Ou est ce que nous allons ?

HISTORIOGRAPHIE

A l’origine chez les grecs, on ne distinguait pas vraiment l’histoire des mythes. Ce n’est qu’à partir du Ve siècle avant notre ère avec Hérodote, que l’on considère parfois comme étant le père fondateur de l’histoire, que l’on cherche à démêler le vrai du faux. En effet : on cherche à enquêter et à comprendre les évènements, mais aussi à critiquer les sources et les témoignages.

Au moyen-âge, la situation évolue et l’histoire est alors bien différente de celle que l’on peut connaitre aujourd’hui : on ne fait qu’assez peu attention à la cause ou à la conséquence des évènements relatés, puisqu’ils sont alors perçus comme étant l’œuvre de Dieu, les récits historiques sont souvent écrits sous forme de chroniques ou d’épopées et ils concernent alors surtout les saints ou les héros, que l’on glorifie et dont on vante le courage, la vertu ou la foi.

Vers la fin du moyen-âge, l’histoire – qui était alors au service de l’église – se met aux services des rois et des seigneurs. Les faits relatés sont alors clairement au service de ces derniers : ainsi le même récit d’une bataille, selon qu’il est écrit par le vainqueur ou par le vaincu, est assez différent, puisque le premier aura tendance à exagérer tandis que le second cherchera au contraire à minimiser les faits. Cependant, si souvent les récits sont sciemment partiaux et incomplets, c’est aussi à cette époque que les auteurs de récits historiques commencent à compiler les sources, à faire attention à la chronologie et à chercher ce qui se rapproche le plus de la vérité.

Il faut attendre la fin du XVIIIe siècle pour assister à la naissance de l’histoire contemporaine. Certes, l’histoire n’est pas encore considérée comme une discipline à part entière – puisqu’on la rattache alors à la philosophie, aux lettres ou à la politique – mais L’historien n’a plus de compte à rendre à son Dieu ou à son Roi : la critique des sources devient centrale et on cherche à établir une chronologie précise des faits. Quelques décennies plus tard, en 1808, les Archives Nationales Françaises sont fondées et en 1821 est créée l’École Nationale des Chartes, premier institut académique dédié à l’enseignement de l’histoire.

L’histoire devient alors au début du XIXe siècle une véritable discipline.

L’histoire passera alors par plusieurs courants successifs : tout d’abord par le romantisme, qui se penche sur la sensibilité, les sentiments et l’esthétisme et qui met l’accent sur la réflexion et sur la critique, mais aussi par le libéralisme et par le nationalisme.

L’histoire est alors certes une discipline académique, elle reste néanmoins marquée par les idées en vogue du moment.

Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour voir apparaitre la notion de recul avec l’histoire positiviste. En effet, le courant positiviste vise plus d’objectivité dans l’histoire et décide alors de ne s’intéresser qu’au passé révolu. On évite également toute forme de comparativisme : on ne se concentre alors que sur les évènements, on met de côté tout le côté sociologique et on se concentre sur l’histoire politique et militaire de la France.

Si cette période est contestée, notamment parce qu’elle a tendance à mettre en valeur les grandes figures françaises, la IIIe république et la colonisation, la discipline se dote d’une vraie méthodologie, fait plus que jamais attention aux archives qu’elle soumet à une double critique.

En 1929, la revue historique appelées les Annales fait son apparition. Cette revue marque profondément la discipline puisque, non contente de mettre fin au positivisme, elle est à l’origine d’un nouveau courant de pensée. L’histoire élargit drastiquement son objet d’étude et vient pour cela alors solliciter d’autres domaines, comme la sociologie, l’anthropologie, l’économie, la géographie. On cherche alors à comprendre le présent en se penchant sur le passé, on s’intéresse fortement à l’organisation sociale et à la psychologie des masses : L’homme est alors indissociable de l’environnement dans lequel il évolue.

Depuis quelques décennies, cette nouvelle façon de faire l’histoire est contestée. Jacques Le Goff par exemple lui reproche son côté trop spécifique : on fait de l’histoire de l’art, de l’histoire de la littérature, de l’histoire de l’économie, etc. alors que ces domaines sont liés et qu’une étude plus globale peut permettre de mieux comprendre le monde.

 

L’histoire détournée

L’histoire a de toute époque été utilisée à des fins personnelles ou politiques, il faut alors souvent se méfier de ceux qui se proclament historiens mais qui ne le sont pas vraiment. De même, il faut prendre beaucoup de recul sur la vision politisée de certains historiens, qui occultent des pans de l’histoire pour orienter leur discours.

Par le passé, l’histoire a souvent été mise au service d’une idéologie, d’un régime politique ou d’une personnalité, souvent pour légitimer les convictions, les actions ou le pouvoir de ces derniers. Hitler par exemple voyait par exemple dans sa propre histoire celle d’autres figures historiques ou mythiques importantes, et la propagande nazi allait dans son sens pour légitimer son pouvoir.

Plusieurs courants minoritaires sont en histoire dits « révionnistes », c’est-à-dire qu’ils remettent en cause des évènements communément admis et le plus souvent bien documentés. Le plus connu de ces mouvements est certainement le négationnisme, qui conteste ou minimise les crimes de guerres du IIIe Reich. On en trouve des moins connus et des plus étranges, comme le récentisme.

Selon Anatoli Fomenko, qui est à l’origine de ce mouvement, l’histoire du monde ne commence véritablement qu’au Xe siècle.

Selon les hypothèses de fomenko, qui sont selon lui basées sur des statistiques, de l’astronomie, des mathématiques et des textes soi-disant mal-interprétés, Jésus aurait été crucifié en 1083 a Constantinople, les croisades et la guerre de Troie seraient en réalité qu’un seul et même évènement et toute l’histoire antique ne serait qu’une invention des jésuites au XVIIe et XVIIIe siècle. Les hypothèses récenstistes sont certes réfutées par la communauté des historiens comme des astronomes et des mathématiciens, il n’empêche que certains chercheurs indépendants continuent de défendre ces thèses, se contredisant parfois même entre eux au passage.

Le travail de l’historien

L’histoire n’a jamais pour but d’être spectaculaire ou d’être partisane. Le travail de l’historien est complexe et rigoureux : Le travail sur les documents qui servent alors de « sources » ne se limite pas à l’étude de texte ; les historiens doivent s’appuyer sur les images, la géographie, l’archéologie, la sociologie et reconnaitre les zones nombreuses lorsqu’il y en a. De même, lorsque l’on relate la vie d’un homme, il faut prendre en compte le contexte dans lequel il évolue à chaque moment de sa vie, pour comprendre ses choix. C’est ce que dit Bourdieux dans son fameux texte l’illusion biographique en tout cas.

Il est aussi important de se pencher sur ce qui se fait ailleurs, et ce notamment en dehors de l’occident, pour ne pas avoir une vision trop ethnocentrée des évènements. L’histoire comparée est alors importante et doit être encouragée.

Ma vision de l’histoire

 

Et moi dans tout ça ? Il convient aussi de remettre en cause ce que je peux vous dire dans Nota Bene car je ne suis pas infaillible. D’ailleurs je ne suis même pas historien et je l’ai toujours revendiqué il est donc possible que je passe à côté d’un truc sans le vouloir…

De manière globale il faut toujours prendre du recul avec ce qu’on vout dit, que ça soit dans les médias, dans les livres, sur internet et dans les podcasts vidéo. C’est pour ça que je mets toujours en description des liens pour aller un peu plus loin. Parfois certains les trouveront léger et remettront mon travail en question, à tord ou à raison mais dans tous les cas c’est aussi ça qui est formidable sur internet et sur Youtube. Ca vous permet d’intéragir et moi ça me permet de prendre en compte vos retours et c’est cet échange, si il est construit hein faut pas se concentrer sur les trolls, qui peut faire progresser les choses…

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