5 papes complètement fous

On désigne par le mot “pape” l’évêque de Rome, successeur de Saint-Pierre et à ce titre le chef de l’église catholique romaine. Le pape est également un chef d’état, puisqu’il est à la tête du Vatican. Actuellement, nous en sommes au 266e pape puisque l’évêque de Rome est François I, ayant succédé à Benoit XVI en 2013.

Et sur ces 266 papes, vous l’aurez compris, certains se sont particulièrement illustrés dans l’Histoire pour leur caractère ou leurs actes, ces derniers n’étant pas toujours compatible avec ce que l’on peut attendre de la fonction ô combien sacré que ces hommes occupent.

Etienne VI (règne 896-897)

Le futur pape Etienne VI est à l’origine un ecclésiaste romain issu d’une famille religieuse, puisque son père était lui-même prêtre. Il est nommé évêque de Anagni par le pape Formose. A la mort de ce dernier en 896, et suite à une élection dont les circonstances sont assez floues, Etienne VI récupère le trône de Saint-Pierre en devenant le 113e pape.

En réalité, Etienne VI succède à Boniface VI, qui lui succède vraiment à Formose. Mais Boniface n’a été pape que 15 jours, ce qui fait de son règne un des plus courts de l’histoire. Il n’a donc pas eu le temps de faire grand chose, et comme si cela ne suffisait pas, son élection sera annulée à titre posthume en 898 par le concile de Rome. Donc dans les faits, Boniface ce n’est qu’une petite parenthèse entre Formose et Etienne VI.

Pour en revenir à Etienne VI, ce dernier n’est pas connu pour sa piété, pour sa dévotion à Dieu ou encore pour son âme charitable… Comme Boniface VI il n’est d’ailleurs pas non plus connu pour la longévité de son règne, puisqu’il ne fut pape qu’un an et demi… Non, il est surtout connu pour avoir fait exhumer le fameux Formose et pour avoir collé un procès à son cadavre.

Cet évènement, qui a lieu en janvier 897, porte le nom de “synode cadavérique” ou de “concile cadavérique”. Durant ce concile présidé par Etienne VI, une assemblée est convoquée pour juger des actes du pape Formose, à qui on reproche d’avoir pêché par ambition. Pour l’occasion, le cadavre du feu pape Formose est déterré et présenté devant l’assemblée. On l’a même habillé avec la tenue pontificale.

Pour comprendre cette étrange décision de notre cher Etienne VI, parce que oui, vouloir à tout prix déterrer celui le mec qui qui l’a précédé et autrefois nommé évêque c’est quand même bizarre, je pense que connaitre un peu le contexte nous permettra d’y voir plus clair.

A cette époque, il existe une lutte pour contrôler la papauté entre les carolingiens et les spolètains, ces derniers étant à la tête d’un petit état au centre de l’Italie. Cette lutte autour de la papauté pour ces deux familles est d’autant plus importante que c’est le pape qui couronne l’empereur de l’empire romain d’occident, ancêtre du saint-empire romain germanique. Alors qu’il existait depuis quelques années une alliance entre les spolètes et la papauté, le règne de Formose y met un terme lorsque celui-ci couronne le carolingien Arnulf de Carinthie, dont nous avons déjà parlé dans l’épisode sur les batards. La montée sur le trône d’Etienne VI, qui est soutenue par les spolétains, permet à ces derniers de se venger : Etienne VI est alors contraint par ses soutiens de faire un procès à son prédécesseur.

Comme vous vous en doutez, Formose ne pouvant pas vraiment se défendre puisqu’il est mort et remort, le procès ne tourne pas en sa faveur…

Bon, c’est pas tout à fait vrai, on lui autorise un avocat commis d’office…

Bref, Formose est dépouillé puis amputé des trois doigts qui lui servaient jadis à bénir et vu qu’on a du respect pour les morts son cadavre est donné au peuple qui le jette dans le Tibre.

Même dans la mort y’a pas moyen d’être peinard, c’est bon à savoir…

Pour autant, la situation ne tourne pas particulièrement bien pour Etienne VI : Formose était un pape apprécié et une partie du peuple prend assez mal le traitement qu’on lui inflige..

Quelques mois plus tard, des émeutes éclatent alors et Etienne VI finit par être déposé, incarcéré puis étranglé en prison. Paix et joie sur la terre.

Serge III (règne : 904-911)

Partons désormais quelques années plus tard pour aller à la rencontre de Serge III. Ce dernier est à l’origine issu d’une famille noble romaine. Il devient évêque de Cerveteri (tchévétééri), autrefois appelée Caere (caééré), en 893 par Formose. Durant son épiscopat, il prend lui aussi part au conflit qui oppose les carolingiens et les spolétains en soutenant ces derniers : Serge se pose alors fermement contre Formose et il participe activement à son procès posthume.

L’élection papale de Serge, qui a lieu en 898, ne se passe pas sans problème : s’il est effectivement élu, il n’est pas le seul puisque Jean IX l’est aussi. Les spolétains préfèrent ce dernier aux dépens du pauvre Serge qui est alors aussitôt excommunié et contraint de retourner à Caere (caééré).

En l’an 900, Jean IX décède. Lui succèdent alors Benoit IV, puis Léon V en septembre 903, qui un mois plus tard est déposé de force par Christophore, lequel se fait ensuite élire lui-même pape.

Un beau bordel qui profite carrément à Serge en fait !

La chance tourne pour notre protagoniste : en effet, une figure montante de la vie romaine, Theophylacte de Tusculum, se révolte contre Christophore puis le fait enfermer. Il demande alors à Serge, qui selon certaines sources est son cousin, de revenir à Rome pour récupérer le trône de Saint-Pierre, ce que bien évidemment il accepte. Il est consacré pape le 29 janvier 904, soit 6 ans après son élection.

Avec Serge III débute une période de la papauté que l’on appelle “pornocratie pontificale”.

Rien de salace rassurez vous…en fait si…

Durant cette période, qui dure une cinquantaine d’années, les papes sont les pantins de Théophylacte, qui assure son pouvoir sur le saint-siège par sa femme et par ses filles auprès des acteurs politiques et religieux majeurs de la région.

Serge III succombe lui-même au charme de l’une de ses filles, Marozia (marotsia), alors que cette dernière n’est âgée que de quinze ans. De leur union illégitime naitra un fils, dont la paternité n’est en fait pas certaine, mais qui deviendra lui aussi pape plus tard, comme son père supposé.

Serge n’est pas le premier pape a avoir une liaison, et ce ne sera pas le dernier non plus, d’ailleurs ce n’est pas forcément pour ça qu’il est le plus connu… par contre c’est l’un des seuls à avoir légitimé son fils. Mais ça non plus, c’est pas forcément pour ça qu’il est connu…non, c’est plutôt pour le traitement qu’il réserve à ses prédécesseurs.

Comme Etienne VI, Serge III a manifestement un problème avec les papes auxquels il a succédé : si Etienne VI a fait déterrer un pape bel et bien mort, Serge III a plutôt le problème inverse : il aimerait bien que deux de ses prédécesseurs encore bien vivant, Léon V et Christophore, finissent 6 pieds sous terre.

Pour régler le problème en douceur, une seule solution : Il les fait étrangler en prison. D’ailleurs même si on est pas sûr que ça soit le bon Christophore qui soit assassiné, il finit tout de même par disparaître de la circulation.

On dit comment déjà ? Tu ne tueras point c’est ça ?

 

Jean XII (règne 955-964)

Allez continuons sur notre belle lancée avec le descendant de Serge III et de Théophylacte, le petit-fils de Marozia, ancienne compagne de notre pape commanditaire de meurtres : Octavien.

Octavien devient pape sous le nom de Jean XII alors qu’il n’a pas encore vingt ans. Ou 16, on sait pas très bien puisque sa date de naissance fait encore débat…

Son élection, qui a lieu en 955, est assurée par son père qui fait pression sur la noblesse romaine. Et le moins qu’on puisse dire c’est que le règne de Jean XII est considéré comme l’un des pires qui soit.

Tout d’abord, il mène plus la vie d’un guerrier que celle d’un ecclésiaste : il aime la chasse et mène une politique militaire expansionniste, il aime la chair et ses plaisirs et il ne se prive pas de boire et de manger excessivement lors des festins. Il ne parle également pas latin, ce qui est quasiment obligatoire pour une carrière dans l’église romaine.

Le gars il est donc hyper calé pour le job.

Ensuite, par bien des actes, Jean XII scandalise ses contemporains : il ordonne un diacre dans une étable, il fait prêtre un enfant de dix ans, et il invoque parfois les vieux dieux romains, ce qui ne manque pas de passer pour une hérésie. Si on sort du cadre religieux, la situation ne s’améliore pas : Jean XII couche avec les femmes de ses rivaux comme avec celles de ses amis, il a même des relations avec sa propre nièce et avec la compagne de son père. Pour rester dans le thème, notons aussi qu’il aimait bien les orgies.

Mais en même temps c’est chouette les orgies…

Tient, on peut même rajouter qu’il fit énucler celui qui lui donnait la confession et qu’il fit castrer un cardinal. Un chouette type ce Jean XII on vous le dit !

Le règne du pape se termine finalement au bout de 9 ans. En effet, Jean XII est diplomatiquement et militairement allié à Otton I, fondateur du saint-empire romain germanique, mais il finit par le trahir. Quand Otton s’en rend compte, Jean XII essaye de lui remettre la faute sur les épaules. La noblesse romaine prend le parti de Otton et se révolte contre le pape, Jean XII décide alors de fuir avec le trésor papal.

Il est accusé de plusieurs maux parmi lesquels figurent le meurtre, l’inceste, l’achat et la vente de biens spirituels ou encore le sacrilège ; il est donc excommunié puis déposé. Jean XII retourne alors à Rome où il tente de faire invalider sa déposition. Il meurt finalement quelques jours plus tard: selon les source, il aurait été frappé à mort par un mari cocufié ou il aurait été victime d’une attaque durant des rapports sexuel pas très catholiques.

La plupart de ces faits sont surtout relatés par Liutprand de Crémone qui ne portait pas vraiment Jean XII dans son coeur, et on peut se demander à quel point il a forcé le trait.

Quoiqu’il en soit, Jean XII n’était pas un saint, loin de là : si son règne a marqué à son époque, c’est avant tout pour la conception très personnelle et vacillante qu’il avait de la morale chrétienne.

 

Benoit IX (règne : 1032-1044, 1045, 1047-1048).

68 ans après la déposition de Jean XII se tient l’élection du 145e pape, a l’issue de laquelle Théophylacte de Tusculum est élu sous le nom de Benoit IX.

alors oui, je vous voir venir,  il s’agit bien d’un théophylacte de Tusculum, mais pas celui dont on a parlé avant. Celui dont on parle ici est en fait l’un des descendant de l’autre Théophylacte, parce que les mecs ont pas beaucoup d’imagination pour les prénoms.

Théophylacte de tusculum, celui qui devient pape en 1032 sous le nom Benoit IX et pas l’autre donc, est le fils du comte de tusculum et le neveu des deux derniers papes reconnus, à savoir Benoit VIII et Jean XIX. Ainsi, dans les faits, Benoit IX est le successeur de son oncle. Si on ne sait pas avec certitude l’année de naissance de Benoit IX, ce dernier aurait été mineur au moment de son couronnement, ce qui en fait l’un des plus jeunes papes de l’histoire avec Jean XII dont nous avons précédemment parlé.

Comme Jean XII, Benoit IX sera accusé par ses contemporains d’adultère, de sacrilège ou de meurtre, mais c’est pas vraiment ça qui doit retenir notre attention. Vous vous souvenez quand on disait que Jean XII a été excommunié puis déposé, mais qu’il a tenté en vain de revenir? Et bah à Benoit IX, il lui arrive aussi des bricoles et il se fait aussi excommunier et déposer. Sauf que contrairement à Jean XII, il réussit à revenir. Plusieurs fois même.

En effet, Benoit IX est connu pour avoir été pape 3 fois : la première fois depuis son élection régulière en 1032 jusqu’en 1044, date à laquelle il est chassé par le clan des stephani. Ces derniers font alors élire en Janvier 1045 Sylvestre III, mais Benoit IX retourne à Rome et reprend le trône pontifical 7 semaines plus tard. Commence alors le 2e pontificat de Benoit IX, lequel prend fin quelques mois plus tard lorsque le pape, pour des raisons qui ne sont pas claires, se démet lui-même de ses fonctions papales pour laisser la place à son oncle, qui devient pape sous le nom de Grégoire VI.

Ce dernier ne fait pas long feu : il est forcé d’abdiquer par l’empereur du Saint-Empire, qui intronise à la place l’un de ses protégés, Clément II, qui ne fait pas long feu non plus, puisqu’il meurt moins d’un an plus tard.

La situation est alors anarchique, et le clan Tusculum compte bien profiter de la situation : ils remettent en place Benoit IX sur le trône, qui devient pape pour la 3e fois en 1047. Moins d’un an plus tard, Benoit IX est de nouveau contraint de fuir et un nouveau pape est élu pour le remplacer : Damase II.

Et on va continuer sur la même lancée des papes qui meurent plus vite que leur ombre puisque ce dernier décède 23 jours seulement après son élection.

Il est alors remplacé par Léon IX et quand ce dernier meurt en 1054, Benoit IX se demande si y’a pas moyen de revenir une 4e fois… mais ce n’est pas concluant.

Petit fun fact supplementaire, Benoit IX, en plus d’avoir été pape 3 fois, est aussi le seul a avoir vendu le trône.

Oui oui, vendu !

En effet, je ne l’ai pas mentionné mais lorsqu’il abdique pour céder sa place à son oncle, il semblerait que ce soit contre une large compensation financière. On peut donc dire que Grégoire VI lui a acheté le trône. Tranquille…

Alexandre VI (règne 1492-1503)

Faisons désormais un saut de près de cinq siècles dans le futur pour aller à la rencontre de l’un des plus célèbres papes : alexandre VI, aussi connu sous son nom de baptême : Rodrigo de borja, italianisé en Borgia (bor-dja).

Rodrigo est un espagnol originaire de Valence, ayant migré en Italie pour rejoindre son oncle et père adoptif, le pape Calixte III. Alors qu’il n’a que 24 ans, Calixte le fait Cardinal, Camerlingue puis Vice-chancelier de l’église, le propulsant alors dans les plus hautes sphères du pouvoir ecclésiastique. En 1492, alors qu’il a 61 ans, il est élu pape par les deux-tiers des cardinaux présents au conclave.

Si aucune preuve de corruption ne nous est parvenue, il semblerait que Rodrigo Borgia ait soudoyé ses pairs pour se faire élire.

En tout cas c’est ceux qui étaient en compet avec lui qui le dise…

Quoiqu’il en soit, il est couronné le 11 aout 1492 et prend le nom d’Alexandre VI.

Le règne pontifical de d’Alexandre VI est parfois considéré, comme celui de Jean XII, comme le pire de l’histoire. En effet, bien que prêtre, Alexandre VI est plutôt penché sur la chose : il a tout d’abord plusieurs enfants avec une femme nommée Vanozza, puis plusieurs liaisons dont au moins une avec une femme beaucoup plus jeune que lui, puisqu’alors qu’il a déjà 58 ans. Il met en effet enceinte la femme d’Orso orsini, comte de Nola, alors qu’elle n’est âgée que de 15 ans. Et c’est d’ailleurs sous le règne d’Alexandre VI qu’a lieu l’un des plus grands scandales sexuels de la papauté.

Le dernier jour d’octobre 1501, un banquet est organisé dans le palais apostolique pour fêter le 3e mariage de sa fille Lucrèce.

En plus des invités sont conviées 50 courtisanes pas ou peu vêtues, et une sorte de concours est organisé : Celui qui aura le plus de rapports avec ces courtisanes sera récompensé.

Cette orgie improvisée se déroule d’ailleurs en présence des enfants d’Alexandre VI. Bref, Je vous fais pas un dessin, mais ce banquet n’est pas vraiment compatible avec le genre de banquet qui est censé avoir lieu au vatican.

L’existence de ces évènements, qui sont relatés par Jean Burchar, est aujourd’hui remis en cause. Quoiqu’il en soit, Alexandre VI n’a pas besoin de ça pour noircir le tableau : il est par certains de ses contemporains accusé de meurtre ou de viol. Homme de pouvoir, il projette de régner sur toute l’Italie : Pour avoir les finances nécessaires au maintien de l’armée de l’église, il vend d’ailleurs des titres de cardinaux à de riches familles. On le soupçonne aussi de faire tuer certains des dits cardinaux pour récupérer leurs biens puisque les biens d’un cardinal reviennent de droit à l’église.

Alexandre se sert également de ses enfants pour assurer son pouvoir : il fait marier sa fille Lucrèce à plusieurs reprises à des figures italiennes puissantes de l’époque.

Il fait également de son fils César le cardinal de Valence, avant que ce dernier ne décide de quitter les ordres pour prendre la tête de l’armée pontificale.

Le 6 aout 1503, Alexandre VI dine avec son fils César chez un cardinal influent. Les deux Borgia sont alors pris de fièvre : si César arrive à s’en remettre, ce n’est pas le cas d’Alexandre VI succombe 6 jours plus tard à l’âge de 71 ans.

Il existe deux hypothèses concernant sa mort : selon la première, Alexandre VI serait mort de la malaria. Selon la seconde, il aurait voulu éliminer le cardinal chez qui il dinait mais se serait empoisonné lui-même par mégarde.

Quoiqu’il en soit, à sa mort, ses appartements sont pillés et son règne laisse un amer souvenir auprès du peuple, de la noblesse et du clergé.

 

 

Pour aller plus loin les suggestions et les sources :

Jean-Marie Mayeur, Luce Pietri, André Vauchez, Marc Venard: Évêques, moines et empereurs (610-1054): Histoire du christianisme.

Biographisch-Bibliographisches Kirchenlexikon (1975)

G.J. Meyer : The Borgias: The Hidden History. Random House Publishing Group, 2013.

Sarah Bower : Sins of the House of Borgia. Pan Macmillan, 2012.

George L. Williams : Papal Genealogy: The Families and Descendants of the Popes. MacFarland, 2004.

Imma Penn : Dogma Evolution & Papal Fallacies. AutorHouse, 2007.

Walter Ullmann : A Short History of the Papacy in the Middle Ages. routledge, 2003.

John W. O’Malley : A History of the Popes: From Peter to the Present. Government Institutes, 2009.
L’avalanche de lien wiki et herodote :

https://de.wikipedia.org/wiki/Kastanienbankett
https://www.herodote.net/Alexandre_VI_Borgia_1431_1503_-synthese-500.php
https://www.herodote.net/Les_Borgia-synthese-1819.php
https://fr.wikipedia.org/wiki/Beno%C3%AEt_IX
https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Benedict_IX
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_XII
https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_John_XII
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liutprand_de_Cr%C3%A9mone
https://en.wikipedia.org/wiki/Antipope_Christopher
https://en.wikipedia.org/wiki/Saeculum_obscurum
https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Boniface_VI
https://en.wikipedia.org/wiki/Cadaver_Synod
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tienne_VI_(pape)
https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Stephen_VI
http://www.histoireetspiritualite.com/religions-fois-philosophie/christianisme/papes-antipapes/E/pape-etienne-vi.html

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