La véritable histoire du dernier samouraï

Le résumé du film

Le dernier samouraï, c’est l’histoire d’un soldat américain alcoolique, Tom Cruise alias Nathan Algreen dans le film, envoyé au Japon pour aider le jeune empereur Meiji à former son armée aux techniques de guerres militaires occidentales et au passage écraser une rébellion qui agite le pays. Une rébellion menée par le légendaire samouraï Katsumoto qui était jadis un des généraux de l’empereur. Malheureusement pour Algreen, tout ne se passe pas vraiment comme prévu et à la première escarmouche il se fait capturer par les vilains rebelles, laissant ses potes américains continuer la formation des soldats de l’empereur. Piégé dans un petit village durant tout l’hiver, Nathan découvre au fur et à mesure que la vie est douce et belle du côté des samouraïs, que leur philosophie de vie est saine et que finalement les méchants, ce n’est peut-être pas ceux qu’il croit. Après s’être intimement rapproché de la femme du samouraï qu’il avait tué durant sa capture, il rejoint donc les rebelles et combat, arme au poing, contre ses anciens alliés.

Bref ! Le dernier samouraï, ça reste un sacré bon divertissement et pour moi il est à jamais rangé dans ma rubrique “film sacré de mon adolescence que j’aimerai toujours même si on me prouve par A+B que c’est tout naze”. Mais si j’ai pu vénérer un film de Mel Gibson qui pourtant était une bouse historique sans que je le sache, est ce que niveau cohérence historique le dernier samouraï est dans les clous ?

Et bien ce n’est pas vraiment la folie non plus même si c’est moins grave. Pour comprendre vraiment l’objet du film, il faut déjà comprendre dans quel contexte se place le film puisque le dernier samouraï c’est la fin d’une époque et le début d’une autre. En l’occurrence on passe ici de la fin de l’époque Edo au début de l’ère Meiji vers la fin du XIXe siècle. On va laisser le film de côté pour l’instant donc pour s’intéresser à ces périodes et à leurs caractéristiques ainsi qu’à l’évolution de la place du samouraï au sein de la société japonaise.

C’est quoi un samouraï ?

A l’origine c’est un militaire d’élite, un cavalier, qui est au service de son seigneur et dédie sa vie au combat. Les samouraïs règnent sur le Japon à partir du XIIe siècle et suivent un code d’honneur très stricte, le “Bushido”, littéralement ‘la voie du guerrier’, même si ce nom de Bushido n’apparaîtra que 5 siècle plus tard. Dans ce code d’honneur, si le samouraï apporte le déshonneur sur lui, sur sa famille ou sur ses supérieurs il doit se faire Seppuku. Un rite, un suicide, qui consiste à s’ouvrir le ventre à l’aide de son sabre, puisque le ventre chez les japonais est là où réside le courage.

Alors pour se faire Seppuku, le samouraï le fait à l’aide d’un petit sabre qu’il possède en plus de son Katana hein, parce qu’avec un grand sabre ça serait pas très pratique…

Ça peut paraître extrême comme pratique mais c’était dans leurs mœurs et il arrive parfois que des shoguns, les chefs militaires donc, interdisent la pratique du Seppuku parce que leurs soldats se suicident systématiquement quand leur maître décède.

Jusqu’au XVIe siècle, il n’existe pas de profil type de samouraï, chacun fait un peu comme il l’entend et le statut n’est pas clairement délimité, ce qui changera considérablement à l’époque Edo.

Cette précision faite, on va se replonger au milieu du XVe siècle, deux familles, les Hosokawa et les Yamana, sont très fortes dans le pays et s’affrontent pour le pouvoir.

 

Unification du Japon

C’est la guerre civile d’Ōnin qui dure près de dix ans et qui voit des centaines de milliers de soldats d’affronter. Au terme de ce conflit, le territoire est profondément divisé et de nombreux combats éclatent entre les clans, que cela soit pour des causes sociales, économiques ou politiques.

C’est ce que l’on nomme la période Sengoku et si on doit résumer les choses en une phrase : c’est la merde. La guerre fait des ravages, la famine emporte les civils et des tremblements de terre viennent tasser tout ça derrière histoire de terminer le boulot.

C’est dans ce contexte assez difficile que certains hommes, à partir de la fin du XVIe siècle, tentent d’unifier le Japon. Et quand je dis certains, on retient surtout trois hommes qui sont considérés dans l’histoire comme des unificateurs. Tout d’abord Oda Nobunaga, qui prend la tête de son clan et qui défonce suffisamment d’autres seigneurs pour contrôler une grosse partie du japon.

Mais pas tout !

A sa mort, c’est Toyotomi Hideyoshi qui va réussir à conquérir pour la première fois tout le territoire, à rallier tous ses rivaux où à les tuer quand ils ne veulent pas le rejoindre et à chasser les chrétiens qui selon lui ont une influence néfaste sur le pays.

A cette époque les portugais et les espagnols sont présents sur le territoire depuis quelques dizaines d’années maintenant et ils commencent à baptiser plusieurs grands seigneurs, du coup il faut leur apprendre la vie si vous voyez ce que je veux dire…

Enfin, Tokugawa Ieyasu qui lui arrive un peu après la bataille puisque le pays est quasi unifié mais qui calme rapidement tous ses rivaux à la mort de Toyotomi Hideyoshi.

Le mec prend donc le pouvoir sur le Japon, se fait nommer “Shogun” qui est un titre de chef militaire et pose les bases de la dynastie des Tokugawa qui dure près de trois siècles ce qui n’est pas rien.

 

La période Edo

Quand Tokuwaga arrive au pouvoir il établit la capitale du Japon à Edo qui deviendra bien plus tard la ville de Tokyo. D’où le nom d’époque Edo qui peut se caractériser par plusieurs choses importantes. Tout d’abord le pays se referme grandement sur lui-même, il n’a des relations commerciales qu’avec des voisins restreints. De façon globale, il rejette la plupart des étrangers qui sont punis de mort s’ils posent le pied sur le territoire sans autorisation et d’ailleurs on ne quitte pas non plus le pays sans autorisation sous peine de se voir réserver le même sort. On sent un certain nationalisme qui naît.

En soit c’est normal hein puisque quand on vit dans un vase clos on se nourrit de la culture qui nous entoure. Et plus on est enfermé plus notre culture se replie sur elle-même, plus la tradition finalement devient importante. Et pour maintenir ce système très fermé, pour maintenir la paix au sein du pays, les tokugawa mettent en place un système très hiérarchisé.

Tout en haut il y a le shogun et sa famille, qui chapeautent le pays. Ils commandent l’administration et la politique…enfin bref quasiment tout. La seule chose qu’ils ne gèrent pas c’est la religion qui est plutôt orientée par l’Empereur, qui n’a pas vraiment d’autres pouvoirs puisqu’il est lui-même sous l’influence du shogun.

On est bien loin de l’image de l’empereur qu’on pouvait se faire donc.

En dessous du shogun, on trouve des daimyos, des gouverneurs de régions en somme. Ces daimyos, les tokugawa tiennent à les garder sous leur coupe, à les empêcher de prendre trop d’indépendance pour conserver l’harmonie dans le pays.

Mais comment est-ce qu’ils font ?

Ils obligent chaque daimyos à venir résider à Edo un an sur deux. Un an chez eux, un an chez le Shogun en gros. Et pour être sûr que quand ils sont chez eux il n’y ai pas de problème la famille des daimyos est obligatoirement envoyé à Edo ou la femme et les enfants restent en relative sécurité près des Tokugawa..

Bref, y’a un certain contrôle pour que les choses restent calmes dans la région.

En dessous des daimyos, on retrouve les fameux samouraïs. Les samouraïs c’est une classe sociale à part entière, une classe guerrière qui évolue dans un environnement guerrier jusqu’à l’époque Edo. Mais quand les Tokugawa arrivent au pouvoir, ils ont pacifié le Japon et leur but est de maintenir cette paix à tout prix. Si le code d’honneur des samouraïs se codifie réellement à cette époque, ils commencent donc à endosser d’autres rôles, principalement dans l’administration. Tout le folklore guerrier est conservé mais ne sert que pour les cérémonies. Et d’ailleurs beaucoup de samouraï en profitent pour approcher l’art, l’écriture et autres.

Cependant le samouraï ne travaille pas au sens où on peut l’entendre puisque la guerre reste son métier.

Depuis son plus jeune âge il est formé au maniement des armes, à la stratégie etc… Bien évidemment on ne néglige pas non plus la formation religieuse qui est aussi importante. Cette formation et cette dévotion envers leur seigneur elle est extrêmement importante et puisque le samouraï ne peut exercer de métier, il est rémunéré par son seigneur.

En gros il perçoit une sorte d’allocation pour vivre quoi.

Durant cette période Edo, les villes se développent assez largement grâce à une paysannerie très forte qui permet à l’économie de prospérer. Et c’est aussi assez paradoxal de l’époque puisque dans la hiérarchie établie les fermiers arrivent juste derrière la classe des guerriers. Ils sont suivis par les artisans puis par les marchands. Et plus le temps passe, plus les fermiers, qui sont censés être au-dessus, deviennent pauvres, alors que les marchands eux, s’enrichissent.

Finalement plus le temps passe, plus cette hiérarchie de classe n’est que symbolique et elle ne reflète finalement plus tant l’influence réelle des classes de cette société. C’est d’ailleurs pour ça que les symboles liés à une classe sont d’autant plus important, pour se légitimer socialement.

Par exemple les samouraïs sont désormais les seuls à pouvoir porter leurs deux sabres en ville, un peu comme les nobles en France au Moyen-Âge, c’est un privilège de classe car tout le reste de la population est désarmé. On marque ainsi sa supériorité par rapport aux autres directement par ce que l’on porte sur soi.

D’ailleurs, les samouraïs ont carrément droit de vie et de mort sur le bas-peuple, il ne fallait donc pas les regarder de travers…

Bref, vous l’avez compris dans cette grande parenthèse sur le contexte social à l’époque Edo, les samouraïs ont perdu de l’influence mais s’accrochent à leur statut qui est profondément ancré dans la tradition japonaise.

 

Ouverture du japon

Tout à l’heure, je faisais remarquer que le pays se referme sur lui-même pendant ces deux siècles. Bien évidemment cela pose quelques problèmes aux pays des alentours qui aimeraient pouvoir profiter du Japon comme lieu de passage afin de ravitailler leurs flottes maritimes mais qui ne peuvent pas.

Du coup en 1854, les américains décident d’imposer leur vision des choses…comme des américains.

Ils débarquent devant les côtes japonaises et menacent d’ouvrir le feu si le japon n’accepte pas de les accueillir. Le Shogun en place cède car il se rend bien compte de la supériorité technologique des occidentaux et ne veut pas déclencher une guerre. La convention de Kanagawa est signée et bientôt cela à des répercussions sur tout le pays.

En 1858 on a ainsi de nouvelles voies commerciales qui s’établissent entre le Japon et la France, la Grande-Bretagne, la Russie ou encore la Hollande. Le Shogun est considérablement affaibli par les traités qu’il a signé sous la contrainte avec les occidentaux et ça lui joue des tours.

Il perd de l’influence et en 1867 le jeune empereur Mutsuhito, qui devient plus tard l’empereur Meiji, se fait manipuler dans l’ombre par d’autres chefs et prend position contre lui. Une première depuis pas mal d’années puisque jusque-là l’empereur était non seulement cantonné au rôle religieux mais aussi bien souvent sous la coupe du shogun.

Le jeune empereur se rebiffe donc et le pays se divise entre partisans du shogunat et partisans de l’empereur.  C’est la guerre civile de Boshin !

 

Guerre civile de Boshin

Les samouraïs ne sont pas épargnés par cette guerre puisque qu’ils doivent fatalement y prendre part. Certains clans conservateurs se rangent aux côtés du shogun et d’autres réformistes penchent plutôt du côté de l’empereur, comme les célèbres samouraïs de Satsuma. On a donc deux visions du Japon qui s’affrontent pour le pouvoir. La tradition d’un côté et l’évolution de l’autre.

Même si c’est très grossièrement résumé puisque les réformistes sont bien souvent les plus xénophobes. Bref, c’est une situation très compliquée qui est simplifié à mort pour qu’on puisse la comprendre en 2 minutes, comme dans le dernier samouraï en fait.

La guerre civile de Boshin c’est donc une des principales sources d’inspirations du dernier samouraï, et comme dans le film, un occidental se met rapidement au service du shogun.

Sauf qu’il ne ressemble pas à Tom Cruise et qu’il n’est pas américain.

Avant que la guerre commence l’armée de l’empereur est déjà bien modernisée grâce aux efforts des forces occidentales. A cette époque, seuls les français se rangent aux côtés du shogun. Et parmi ces français, un certain Jules Brunet est chargé d’instruire et de moderniser les troupes du shogun qui ont tout de même un peu de retard sur leurs opposants.

Alors que les japonais ont d’ordinaire du mal à nouer des relations avec les étrangers, Jules Brunet semble plutôt bien accueilli, surement car il est lui-même un guerrier très instruit qui sait très bien dessiner.

Et ça les japonais… ils y sont sensibles !

Lorsque le conflit éclate, la France se retire officiellement mais Jules Brunet refuse d’abandonner les hommes qui l’a formé, il combat donc l’Empereur au côté du shogun et la France ne le condamnera jamais pour ça, prétextant qu’il avait pris une permission et qu’il n’était plus sous la responsabilité de l’armée.

On a une histoire sensiblement différente que dans le film puisque rappelez-vous à la base Tom Cruise est au service de l’empereur et le trahit en basculant du côté des rebelles. Alors que là Jules Brunet est depuis le début au côté du Shogun !

On peut rajouter que si l’image romantique qu’on se fait du samouraï avec sa tenue, son sabre et compagnie est assez jolie, elle est néanmoins assez fausse puisque la plupart des soldats du shogun avaient des fusils eux aussi.

Pas fous les mecs !

Et pourtant ça ne suffit pas puisque dans le dernier samouraï, les samouraïs meurent tous à la fin, désolé du spoil.

Il faut dire que s’ils avaient des fusils ils n’avaient en revanche pas d’artillerie, contrairement aux forces de l’empereur. Dans les faits, les forces du shogun sont bien battues à plate couture mais ce n’est pas la fin des samouraïs car il y en avait, comme nous l’avons dit plus tôt, des deux côtés. Ça le film nous le montre très bien au début de l’aventure lors de la première bataille entre les forces du shogun et celle de l’empereur. Un des officiers de l’empereur vaincu se fait alors seppuku comme le veut sa tradition.

On pourrait alors se dire qu’il est dommage de revenir sur un truc qui, historiquement, tenait la route non ?! Sauf que c’est plus compliqué que ça et qu’en fait le dernier samouraï c’est surtout inspiré d’un autre fait réel !

A la fin de la guerre de Boshin, les partisans survivants du shogun partent vers le nord avec Jules Brunet et fondent la république d’Ezo, toute première république japonaise qui est à moitié gérée par des officiers français alors que Napoléon III s’engage pourtant à la neutralité avec l’empereur. Une république qui ne dure pas bien longtemps et qui est officiellement dissoute en 1869. Jules Brunet part juste avant la fin de cette république pour échapper au massacre d’ailleurs, il ne combat pas, comme Tom Cruise, lors du combat final.

 

Restauration Meiji

En 1868, c’est donc la fin de l’époque Edo et le début de l’ère Meiji puisque le pays s’ouvre au monde. Dans son élan de modernisation, l’empereur veut absolument casser la hiérarchie sociale qui était en place sous les Tokugawas. Ainsi si le samouraï devait auparavant allégeance à son seigneur, à partir de 1871 il doit prioritairement servir l’empereur.

ça c’est le 1er truc qui font que les samouraïs, ils sont pas très content.

Progressivement la tenue traditionnelle est totalement abandonnée au combat, un symbole supplémentaire de la volonté de l’empereur Meiji de faire disparaître la classe des samouraïs. D’ailleurs, c’est près d’un million de samourais qui sont mis à la retraite dans la suite de la guerre Boshin et on leur verse une petite allocation pour la forme qui ne leur permet souvent pas de vivre dans de bonnes conditions.

2ème truc qui fâche un peu les samouraïs, faut faire un peu gaffe Monsieur l’Empereur !

Comble de la honte pour eux, on leur interdit à partir de 1876 de porter leur sabre car désormais cela doit être réservé aux officiers militaires. Il en est de même pour leur célèbre chignon, qu’ils n’ont plus le droit de porter.

Ah…3ème raison pour eux de se sentir un peu vexé puisque là on leur enlève carrément leurs attributs sociaux qui leur permettaient de montrer à tous qu’ils étaient un cran au-dessus…

 

Rébellion de Satsuma

Les samouraïs se sentent acculés et humiliés depuis quelques années et décident donc de se rebeller contre l’empereur. Saigo Takamori, un célèbre samouraï qui avait participé à l’établissement de l’ère Meiji en formant la nouvelle armée de l’empereur et en se battant contre le shogun, prend le contrôle de la rébellion dans la région de Satsuma.  Il doit désormais se battre contre l’armée qui l’avait lui-même formé.

Et oui, vous l’avez reconnu, Saigo Takamori, c’est Katsumoto dans le film qui est joué par l’acteur Ken Watanabe !

Le dernier samouraï, c’est donc un mélange d’un peu de guerre de Boshin, que nous avons vu tout à l’heure, avec beaucoup de rébellion de Satsuma.

Durant ce conflit, là encore s’ils conservent leurs sabres, les samouraïs de Satsuma se battent avec des armes à feu. Et ils font bien puisqu’ils ne sont que 40 000 face aux troupes de l’empereur qui sont presque deux fois plus nombreuses.

Oublions donc encore une fois l’image chevaleresque des guerrier équipés seulement d’arcs et de sabres et concentrons-nous sur le grand final !

Le 24 septembre 1877, les forces gouvernementales encerclent la colline de Shiroyama. Après des semaines de conflits, il ne reste que quelques centaines de samouraïs contre plusieurs dizaines de milliers de soldats. La colline est bombardée et les soldats de l’empereur sont envoyés, il faut bien le dire, un peu à l’arrache contre les samouraïs.

Manque de bol, ces derniers même s’ils sont carrément en sous nombre sont très expérimentés au sabre…ça reste des samouraïs les mecs !

Les forces de l’empereur perdent ainsi beaucoup d’hommes au corps à corps mais tuent énormément de soldats ennemis. La première vague est repoussée mais les samouraïs sont trop peu nombreux pour tenir un nouvel assaut.

Et la, un peu comme dans le film, les quelques dizaines de guerriers, pour sauver l’honneur, chargent à cheval contre le commandant ennemi.

Bien évidemment, tout comme dans le film, les samouraïs se font cueillir par les fusils et les mitrailleuses et Saigo Takamori décède durant la bataille. Cependant contrairement au film, la mort de Takamori est beaucoup moins tranchée.

Sans mauvais jeux de mots !

On ne sait pas vraiment comment il perd la vie mais peut-être qu’il meurt par balle avant la bataille puis se fait décapiter par un de ses proches suivant la tradition du bushido. L’autre thèse est celle du film où il aurait eu le temps de se faire seppuku avant d’être capturé.

Mais ça, on le saura surement jamais !

Ce qui est sûr, c’est que si Jules Brunet n’était pas au côté de Saigo comme Tom Cruise l’était au côté de Katsumoto dans le film et bien le dernier samouraï ce n’était pas Brunet ou Tom Cruise, mais bien Saigo Takamori qui devient par la même occasion un symbole de résistance face à un gouvernement qui ne recule devant rien pour accomplir ses objectifs.

 

Les samouraïs, ces aristocrates !

On pourrait se dire que tout ça c’est bien triste, et en fait ça l’est. Mais si on prend quelques secondes pour poser les choses à plat, il ne faut pas oublier que les samouraïs représentaient une classe dominante qui cherchait à préserver ses privilèges au détriment du reste de la population.

S’il ne faut pas faire de raccourci trop rapide avec notre histoire occidentale, parce que ça serait stupide, on pourrait presque parler d’une certaine aristocratie en parlant des samouraïs. Si Saigo est devenu une légende au Japon c’est surtout parce qu’il est le symbole d’une certaine tradition, d’un état d’esprit mais aussi parce que la répression de l’empereur a été très violente.

Mais ça restait un mec qui se battait pour avoir un peu plus de gâteau que les voisins…

 

Pour aller plus loin :

Bataille de Shiroyama : https://www.herodote.net/24_septembre_1877-evenement-18770924.php

Héon François-Xavier, « Le véritable dernier Samouraï : l’épopée japonaise du capitaine Brunet », Stratégique 1/2010 (N˚ 99) , p. 193-223
URL : www.cairn.info/revue-strategique-2010-1-page-193.htm.

La rébellion de Satsuma pour ceux qui parlent anglais : http://www.jstor.org/stable/2383560?seq=1#page_scan_tab_contents

Le crépuscule des samouraïs, Julien Peltier, 2010, Editions Economica

Le japon d’Edo, François et Mieko Macé, 2006, Editions Les Belles Lettres

Laisser un commentaire