Qui sont vraiment les druides ?

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Dans la culture populaire, que ce soit dans une bande-dessinée comme Astérix, dans une œuvre de littérature comme Kaamelott ou encore dans un jeu vidéo comme Warcraft, les druides sont souvent associés à tout un tas de clichés, souvent les mêmes, et il peut être difficile de savoir ce qui nous vient de l’histoire ou de la légende.

Souvent décrits comme des sages, proches de la nature, qu’ils défendent et qu’ils utilisent pour les remèdes dont ils ont le secret, qui sont vraiment les druides?

Le druide celte

Représentation de druides
Type de représentations fantaisistes qu’on fera des druides durant le XIXe : de vieux barbus en toge blanche.

Pour commencer, sachez qu’on a finalement assez peu de sources sur ce qu’ont pu être ou ne pas être les druides, étant donné qu’il n’existe aucun texte d’origine interne : les druides préféraient l’oralité à l’écriture. Cependant, et contrairement à ce qu’on peut lire parfois, les celtes connaissaient et utilisaient bel et bien l’écriture : ils ont durant l’antiquité utilisé l’alphabet grec, l’alphabet latin, l’alphabet étrusque, l’ancien alphabet italique mais aussi l’alphabet oghamique, ce dernier étant spécifique à l’Irlande.

Quoiqu’il en soit, même si on a pas de documents écrits de la main de druides qui nous soient parvenus, l’archéologie et plusieurs témoignages de grecs ou de romains de l’époque nous permettent aujourd’hui d’en dresser un portrait sommaire :

On sait que les druides formaient l’une des trois classes sociales principales chez les peuples celtique de Gaule et des îles britanniques, mais peut-être aussi d’ailleurs. La caste des druides est alors celle qui correspondrait au clergé chez les chrétiens, puisqu’ils sont ceux qui possèdent la connaissance, qu’elle soit scientifique ou mystique.

Pratiques du druide

Si on ne connait pas vraiment toutes leurs pratiques religieuses, on sait néanmoins que le druide est celui qui est en charge de procéder aux rites culturels comme les sacrifices, qu’il s’agisse d’animaux mais aussi, dans des cas plus rares, d’être humains.

Le druide ayant la connaissance, il est aussi celui qui doit la transmettre : il est donc chargé de l’instruction des enfants de bonnes familles ou de ceux qui deviendront aussi druide à leur tour, mais il est aussi celui qui est garant de la loi et de l’ordre, jugeant les conflits et proposant des peines pour les coupables. Ses connaissances des règles et de la loi font aussi de lui un diplomate, et les druides sont alors ceux qui sont amenés à traiter avec les autres tribus. Le druide est donc aussi celui qui est le plus proche du roi, le premier exerçant son autorité spirituelle et le second son autorité politique.

En ce qui concerne les autres domaines de compétence, les druides ont été des devins, des bardes et des poètes, ils ont peut-être aussi été des médecins ou des chirurgiens, mais ce point est plus hypothétique. Si je ne l’ai pas précisé auparavant, notons quand même que la fonction druidique n’était pas réservé aux hommes et d’ailleurs de nombreux contes irlandais relatent les histoires de druidesses célèbres ou mythiques, comme celles de Bodhmal (bodzmal) et Tlachtga (Tlarr-tga) du cycle Fenian.

La fin

On ne sait pas exactement dater à quel moment le druidisme a disparu, mais la perte de pouvoir et de prestige de la fonction est clairement associée à la conquête romaine de la Gaule : les Romains connaissant le rôle crucial des druides dans la vie celtique et n’aimant que peu leurs pratiques jugées païennes, plusieurs lois visent à bannir leurs pratiques ou à marginaliser leurs adeptes. Sur le continent, le druidisme disparait au cours des premiers siècles après J.-C. Dans les îles britanniques, où le druidisme tient plus longtemps, il finit aussi par disparaître durant le VIIe siècle lorsque le pays de Galles est christianisé.

Cela dit, la druidisme a été exhumé au cours du 18e et du 19e siècle pour fonder plusieurs courants religieux que l’on nomme ‘néodruidique’. Aujourd’hui, en Grande-Bretagne, quelques 10.000 personnes se déclarent de la religion druidique, même si le lien avec les druides de l’antiquité n’est finalement qu’artificiel.

Écrit par Romain Filstroff

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