Les troupes coloniales durant la Première Guerre Mondiale

Chers camarades, bien le bonjour !

Lorsque l’on parle de Première Guerre Mondiale, on pense à l’Europe, alors que, comme son nom l’indique, la guerre est MONDIALE : sont concernés aussi d’autres continents, comme l’Afrique, à cette époque presque entièrement sous domination coloniale des puissances européennes.

Aujourd’hui, je vous propose de parler un peu des troupes coloniales, dont le rôle et l’implication a parfois été oubliée.

Contextualisation

Colonies africaines avant WW1
Carte des colonies européennes en Afrique avant la première guerre mondiale.

Pour rappel, la période précédant la Première Guerre Mondiale est marquée par le partage de l’Afrique.

Marchand et QG
Commandant Marchand et son état-major, à la tête de l’expédition française.

En effet, les puissances européennes découpent le continent africain à partir de la 2e moitié du XIXe siècle, et on retiendra d’ailleurs la conférence de Berlin de 1885, qui fixe les règles de la colonisation africaine et qui en établit un premier découpage. Cela n’empêchera pas plusieurs incidents diplomatiques d’ailleurs, comme la crise de Fachoda entre la France et le Royaume-Uni en 1898, et surtout la crise du Maroc, aussi appelé crise d’Agadir : cet incident diplomatique, provoqué en 1911 par l’envoi d’un navire de guerre allemand au large du Maroc français, a bien failli finir en guerre ouverte. Cependant, après discussion, l’Allemagne renonce à ses vues sur le Maroc contre des compensations territoriales de la part de la France en Afrique : si cet incident permet au Cameroun allemand de s’agrandir de quelques 272.000 km², il permet aussi aux français et aux britanniques de renforcer leur alliance et leur entente.

Pour résumer, à la veille de la 1e guerre mondiale, l’Afrique est aussi un théâtre européen : seuls deux états sont indépendants, à savoir le Liberia et l’Éthiopie, tout le reste étant dominé par la France et l’Angleterre, qui possèdent le plus gros des territoires, mais aussi par l’Allemagne dont nous venons de parler, l’Espagne, le Portugal, et bien sûr l’Italie et la Belgique.

Des troupes pour l’Europe

Tirailleurs sénégalais en uniforme de 1916, portant le fanion du 43e bataillon.
Tirailleurs sénégalais en uniforme de 1916, portant le fanion du 43e bataillon.

Lorsque la Première guerre mondiale éclate, l’Afrique est alors un grand réservoir de soldats prêts à servir leurs empires. En France, dès les débuts de l’empire colonial africain, des régiments militaires coloniaux sont constitués : c’est par exemple le cas des célèbres tirailleurs sénégalais, dont tous n’étaient pas Sénégalais mais Africains de manière générale. Durant la première guerre mondiale, ce sont 135.000 d’entre eux qui partiront pour l’Europe. Leur recrutement est parfois douteux : la plupart sont réquisitionnés dans les cantons et les villages via une politique de quotas, et beaucoup des soldats ainsi obtenus sont inaptes. On promet à beaucoup des droits et de la reconnaissance, et même parfois des primes, des médailles ou des habits.

Ce qu’on sait moins, c’est que plusieurs révoltes ont éclaté contre les réquisitions. Elles sont cachées du grand public tandis que certaines sont très sévèrement réprimées.

Nous ne l’avons pas encore évoqué, mais contrairement aux idées reçues, les troupes coloniales et les tirailleurs sénégalais désignent deux choses différentes : les troupes coloniales sont les troupes en charge de la défense des colonies, son infanterie et son artillerie sont majoritairement composés de français métropolitains, d’où le surnom “d’unités coloniales blanches”. A leur côtés, on trouve les tirailleurs sénégalais, mais aussi des tirailleurs des autres colonies, comme les tirailleurs malgaches ou indochinois. Les autres puissances européennes aussi auront leurs troupes coloniales, les Anglais recrutant par exemple beaucoup en Inde.

Les colonies comme théâtre de guerre.

SI l’Europe a été un théâtre de guerre pour les troupes coloniales, et bien les colonies… aussi !

Alors qu’au Togo, les troupes allemandes se rendent dès 1914 face aux armées françaises, belges et allemandes, la situation est plus longue et complexe dans d’autres territoires : au Cameroun, par exemple, les armées allemandes résistent longuement à l’intérieur des terres, menant une véritable guérilla, avant de se rendre en 1916. Dans le Sud-ouest, en Namibie, les allemands résistent là aussi longuement, et ce en partie grâce aux boers d’Afrique du Sud qui se révoltent contre les britanniques ; mais en 1915, la capitale coloniale de Windhoek tombe. Dans l’est de l’Afrique, en revanche, les troupes allemandes résisteront jusqu’à la fin de la guerre face aux belges, aux portugais et aux britanniques.

Soldats japonais, attendant avant de lancer l'assaut de la ville de Tsingtao.
Soldats japonais, attendant avant de lancer l’assaut de la ville de Tsingtao.

Si l’Afrique a été un théâtre coloniale de guerre, ce n’est pas le seul : les puissances européennes possèdent souvent des terres en Asie, dont plusieurs villes en Chine par le principe des concessions étrangères.

L’une des batailles coloniales les plus marquantes est justement le siège de Tsingtao, opposant les allemands qui possèdent la ville aux japonais et aux britanniques en Chine. Cette bataille fait suite au refus des allemands de quitter la région. A l’issue de ce conflit, les colons allemands de la région sont internés au Japon et n’en seront libérés qu’en 1920.

Fin de guerre

Les troupes coloniales serviront encore un moment, puisqu’elles interviennent jusqu’à la fin même des colonies africaines, après la première guerre mondiale.

En revanche, l’Allemagne n’en aura plus le loisir puisqu’à l’issue de la première guerre mondiale, elle est dépossédée de toutes ses possessions coloniales, qui sont divisées entre la France, l’Angleterre, le Japon et la Belgique.

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