Les invasions mongoles du Japon

 

Mes chers amis bien le bonjour !

Aujourd’hui on va parler du plus vaste empire que l’histoire ai connu et d’un de ses échecs les plus retentissants!

La naissance d’une légende mongole

Au milieu du XIIe siècle, quelques part dans les hostiles steppes d’Asie Centrale, un chef de clan mongol, Yesügei, accueille en ce monde, avec sa femme Hö’elün, son nouveau-né qu’il nomme Temutchin. A cette époque, Yesügei est responsable d’un clan de nomades qui ne cesse de se déplacer avec son habitation. Dans un contexte de guerre entre les différents clans nomades, il décide de renforcer ses alliances en scellant le mariage du jeune Temutchin avec une femme d’un clan voisin, la jeune Börte. Temutchin est alors âgé de 13 ans,  il ne se doute pas une seconde que sa vie est sur le point de connaître des changements brutaux qui le conduiront à devenir un des hommes les plus célèbres de l’histoire du monde. Mais alors pas du tout !

Peu de temps après, vers 1175, son père Yesügei revient mourant d’une expédition, visiblement empoisonné par des rivaux. Il décède en laissant son fils bien trop jeune pour diriger le clan, qui est repris par un nouveau leader. Ce dernier ne prend pas de pincettes avec la famille de Yesügei  et décide tout simplement de les abandonner, pour ne pas risquer de compromettre cette nouvelle hiérarchie qui lui va si bien.

Bah…vous auriez fait pareil non ?

Temutchin et sa famille sont ainsi laissés seuls, au coeur des steppes. Mais bien des années plus tard, le jeune homme a survécu, dans des conditions de vies difficiles. Il veut reprendre ce qui lui revient de droit et réaliser un rêve que son père caressait déjà du bout des doigts, unifier toutes les tribus mongoles. Il commence par revendiquer la main de sa promise, Börte, et retrouve quelques clans fidèles à son père pour se constituer une armée. Une à une, il soumet toutes les tribus des steppes, les mongols comme les Tatars, ces peuples turcs vivant dans la région et étant probablement à l’origine de la mort de son père.

Et c’est là qu’il prend un autre nom qui va un peu plus vous parler.

 

Gengis Khan, le roi universel

En 1206, après des années de luttes, Temutchin parvient à ses fins. Il devient Gengis Khan, le Roi Universel. Il  fait rédiger la grande Yasa, un texte de loi impériale pour structurer le nouvel état mongol.

Unité de la nation, développement de la structure militaire, établissement de l’administration et de l’écriture, du droit et donc de la justice mongole. Gengis Khan sait que la réussite de son ambition ne peut passer que par des règles strictes qui permettront à toutes les tribus de vivre ensemble. Et pour ça, il n’y va pas par quatre chemins. Pratiquement tous les délits sont ainsi punis de mort, du meurtre au viol en passant par le fait de ne pas obéir aux ordres. Les sources principales de conflits sont également écartés par cette nouvelle loi impériale. Ainsi il était de coutume pour les mongols de kidnapper leurs femmes dans des tribus adverses afin de les contraindre au mariage. Gengis Khan interdit non seulement cette pratique, mais il condamne également l’adultère, interdit la vente de femmes, reconnaît tous les enfants d’un homme comme ses héritiers légitimes, faisant ainsi disparaître les bâtards, il permet même aux femmes d’intégrer l’armée mongole afin de combattre. Bref, le Khan met tous ces mécanismes en place pour éviter de provoquer des tensions au sein de son peuple afin de mieux le contrôler, un savant mélange de tolérance et de discipline pour tous qui fera ses preuves pendant des années. Une tolérance qui concerne d’ailleurs la religion puisque tout homme peut revendiquer sa foi en une religion et il ne peut pas être discriminé pour ça. Un choix politique bien évidemment qui se retrouve dans d’autres grands empires comme celui des Perses durant l’antiquité.

Bref ! Gengis Khan vient de réussir un tour de force mais ne compte pas en rester là, ça vous le savez tous, puisqu’il décide de lancer ses troupes à la conquête du monde, voulant rallier toutes les terres jusqu’aux océans.

 

Les mongols à la conquête du monde

Ses quelques 150 000 cavaliers ravagent villes et campagnes, tout d’abord au nord de la Chine, contournant la muraille de Chine jusqu’à Pékin avant de raser la ville. Il continue ensuite vers l’ouest, l’Ouzbekistan, l’Afghanistan, toujours en massacrant les populations qui osent lui résister. Cependant, plus son empire s’agrandit et plus Gengis Khan se rend compte, grâce aux précieux conseils des hommes sous son commandement, qu’il peut tirer profit de villes encore debout, des villes qui pourront produire de la richesse pour entretenir son armée. En 1227, manque de bol, Gengis Khan fait une mauvaise chute à cheval qui entraîne sa mort, semble t-il durant une partie de chasse. Les khans se succèdent ainsi et l’empire devient rapidement le plus grand de tous les temps. Au sommet de sa gloire, il relie la mer méditerranée à l’océan pacifique par une bande très large allant de la Sibérie au nord de l’inde, soit prêt de 33 millions de kilomètres carré, encore plus énorme que les conquêtes d’Alexandre le Grand.

Tout semble ainsi réussir aux mongols, et pourtant, eux aussi connaissent des échecs. Si l’on ne peut pas attribuer la chute de l’empire à ce méta fail car les causes sont multiples, l’invasion manqué du Japon fait sans aucun doute parti des épisodes un peu moins glorieux de l’histoire mongole.

 

Les mongols à la conquête du Japon

Après une trentaine d’années de guerre en Corée, le petit-fils de Gengis Khan, Kubilai, devient Grand Khan, contrôlant théoriquement tout l’Empire mais exerçant surtout son pouvoir sur toute la Chine. Après l’inconfortable conquête de la Corée, Kubilaï veut voir plus loin et pense étendre son territoire par delà les mers. C’est pourquoi, à partir de 1266, il envoie des diplomates au Japon afin de leur demander de se rendre et de se rallier à l’Empire Mongol.

Bien évidemment les japonais refusent et Kubilaï monte alors, durant plusieurs années, son plan de bataille pour lancer l’assaut sur les îles rebelles. Les forces japonaises renforcent elles pendant ce temps là leurs positions côtières, dans l’attente du raz-de-marée Mongol. En novembre 1274, il possède enfin assez de navires pour lancer ses premières troupes. Près de 23 000 soldats, répartis sur un peu moins de 900 navires, avancent vers les terres de la baie de Hakata.

C’est la bataille de Bun’ei, ou première bataille de la baie de Hakata. Les forces mongoles sont supérieures autant d’un point de vue tactique que technologique, elles posent facilement le pied à terre et commence l’offensive contre les positions japonaises. Pour des raisons inconnues et ne subissant que des pertes légères, les mongols battent cependant en retraite sous un vent de plus en plus violent et bientôt une véritable tempête se lève, balayant une partie de la flotte  mongole.

Aussitôt arrivé, aussitôt reparti, il semblerait que cette première tentative soit en réalité un test des mongols pour mesurer les défenses japonaises. Cependant la tempête est l’élément perturbateur que n’avait pas prévu Kubilaï et qui lui fait perdre beaucoup plus d’hommes que prévu. Un prémice d’un tragédie beaucoup plus importante qui surviendra quelques années plus tard.

 

Kamikaze

En effet, en juin 1281, Kubilaï décide de remettre le couvert et cette fois ci, il y met les moyens ! Il rassemble deux flottes, l’armée de la route de l’est et celle de la route du sud, qui réunissent à elles deux près de 140 000 hommes sur plus de 4 000 navires. Cependant la flotte de l’armée de la route de l’est, qui est bien moins fournie, part seule en avance et débarque au même endroit qu’en 1274, dans la baie de Hakata.

Depuis le dernier assaut des mongols, les japonais ont construit des fortins sur tout le littoral, les envahisseurs peine à avancer tant la résistance est virulente. De nuit, des petites barques japonaises parviennent à aborder les navires mongols. Ils tuent ainsi de très nombreux mongols dans un harcèlement qui s’étale sur plus d’un mois.

En juillet, la flotte de l’armée de la route du sud parvient à rejoindre leurs alliés. Les luttes s’intensifient sans que les mongols ne parviennent à progresser d’avantage. Jusqu’au soir du 13 août 1281, si la situation est complexe, elle est loin d’être perdue pour les forces de Kubilaï. Mais soudain le vent se lève à nouveau.

Le même vent qui s’était levé 7 ans plus tôt, si c’est pas beau ça…

Un typhon s’abat sur la baie et malmène les navires pendant près de 2 jours. Le 15 août 1281, l’écrasante majorité de la flotte mongol gît au fond de la baie ou s’est écrasée sur les rochers. La défaite est totale, Kubilaï, dépité, renonce à tout jamais à conquérir le Japon. Le vent qui souffla ces jours là fut appelé “Kamikaze”, qui signifie “Vent Divin”, car seul la providence pouvait pour les sauver ainsi de la terrible invasion mongole.

La fin de l’Empire Mongol

Suite à ces défaites, certains signes de faiblesses se manifestent au sein de l’Empire mongol. Si l’invasion manquée du Japon n’est qu’une goutte dans les problèmes de gestion de l’Empire, des divisions entre les quatres grandes régions du royaume se renforcent, chacun commençant à prendre son propre chemin et les résistances locales se font plus fortes. En 1294, l’Empire éclate en quatre morceaux sous la direction de Kubilaï Khan, c’est la fin du grand Empire. Si les mongols restent encore puissants et présents en Asie, ils ne retrouveront jamais une telle unité. L’empire laisse néanmoins une très grande trace dans l’histoire et pose les bases d’une des plus grandes dynasties qu’ait connue la Chine, les Yuan

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