La conquête de l’Ouest

 

Aujourd’hui, nous allons parler du far west et forcément de ses cowboys, de ses diligences, de ses shérifs ou encore de ses bandits. Mais a priori, l’idée que vous vous faites du far west est surement celle que l’on retrouve dans la plupart des films westerns, ou celle que le rêve américain nous donne. Et dans le tas, y’a une bonne paire de clichés, il faut bien le dire !

Allez, on va clarifier tout ça !

 

Contexte historique : la déclaration d’indépendance des Etats-Unis

Pour bien comprendre ce à quoi renvoie la conquête de l’ouest, il est tout d’abord important de revenir sur le contexte politique de l’époque. Et pour ça, on va utiliser quelques cartes parce que j’en utilise jamais assez !

Rappelons que lorsque les Etats-Unis déclarent leur indépendance vis-à-vis de la couronne britannique en 1776, ils ne sont composés que de treize colonies situées sur la côte Atlantique de l’Amérique du nord. La frontière la plus à l’ouest de la jeune nation se trouve alors le long des Appalaches, tandis que le reste du continent reste sous domination anglaise, espagnole et française.

Au cours du quart de siècle qui suit, les Etats-Unis se dotent d’une constitution, des dix premiers amendements, d’un président et finalement d’une capitale définitive.

C’est aussi durant ce lapse de temps que les britanniques abandonnent les derniers territoires du midwest et du centre au profit de la nouvelle nation américaine. Cette dernière les prend sous-tutelle en les divisant en deux en suivant le fleuve Ohio : la partie du nord, qui correspond à la région des grand-lacs, est appelé territoire du Nord-Ouest tandis que la partie sud, qui correspond au reste, est appelé territoire du sud-ouest.

Les Etats-Unis votent alors l’Ordonnance du Nord-Ouest en 1787, qui permet à ces nouveaux territoires de devenir des Etats et donc d’intégrer l’union. En 1792, le Kentucky est séparé de la virginie et est intégré aux Etats-Unis, devenant le premier Etat à être situé de l’autre côté des Appalaches. en 1796, le “Tennessee” est créé par à partir du territoire du sud-ouest.

Au début des années 1800, l’influence des Etats-Unis s’arrête au Mississippi, puisqu’on trouve au delà la Louisiane, sous domination française.

Cependant, la frontière est de nouveau repoussée en 1803, lorsque les États-Unis acquièrent la Louisiane pour 50 millions de Franc. En 1804, la Louisiane devient un territoire américain : il est ouvert à la colonisation et la jeune nation américaine double alors son territoire.

C’est avec cet achat que débute véritablement la conquête de l’ouest : la Louisiane est certes est territoire important, il est peu peuplé et les colons qui s’y trouvent sont majoritairement des hispanophones ou des francophones de religion catholique. Il s’agit donc d’un territoire dur à intégrer, mais offrant des perspectives intéressantes pour de nombreux habitants de l’est.

La poussée vers l’Ouest

 

Quoiqu’il en soit, c’est aussi en 1804 que l’expédition Lewis et Clark débute : Il s’agit alors de la première expédition américaine à rejoindre la côte du Pacifique en longeant le fleuve Missouri puis en traversant les Rocheuses canadiennes. En plus des avancées scientifiques qu’elle apporte, elle permet aux Etats-Unis de renforcer sa revendication sur l’Oregon, alors possédé par les britanniques qui y développent la traite des fourrures.

En 1812, la guerre éclate de nouveau entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Si les raisons sont diverses, on pourrait généraliser le tout ainsi : Les Etats-Unis entendent en finir avec la domination britannique sur l’Amérique du nord, pour des raisons qui sont aussi bien commerciales, politiques que territoriales.

Durant ce conflit, les américains envahissent le Canada britannique, alors que le Royaume-Uni est mobilisé en Europe dans les guerres napoléoniennes. Si la guerre finit en 1818 sans que les frontières n’évoluent vraiment, la frontière américano-canadienne est désormais fixée et les Etats-Unis obtiennent le droit d’occuper une partie de l’Oregon aux côtés de leurs anciens rivaux. Notons qu’une année plus tard, soit en 1819, les Etats-Unis acquièrent la Floride, fixant définitivement la frontière de l’est, alors que la frontière avec la Nouvelle-Espagne, ancêtre du Mexique, est modifiée.

Durant les années qui suivent apparaît la Doctrine Monroe, qui condamne toute intervention européenne sur le continent américain, en échange de quoi les américains se refusent de se mêler des affaires européennes. Et cette doctrine vient directement légitimer le pouvoir de Washington sur l’Amérique du nord.

C’est aussi à partir de cette époque que les premières déportations d’indiens ont lieu aux Etats-Unis : par l’indian removal act de 1830, les natifs américains sont évacuées pour laisser de la place aux colons blancs. Par l’Indian Intercourse Act est créée en 1834 la réserve indienne de l’Oklahoma, où sont déplacés de force plusieurs milliers d’amérindiens : cet exode est appelé “la piste des larmes”.

La guerre mexicaine

En 1821, après plus d’une dizaine d’années de conflits et de guerre, le Mexique devient indépendant. La couronne d’Espagne perd ses droits sur tous ses territoires du pacifique et cette nouvelle nation mexicaine partage désormais sa plus grande frontière terrestre avec les Etats-Unis. Le commerce se développe entre les deux jeunes pays, et de nouvelles routes commerciales apparaissent alors entre la côte Atlantique et l’ouest lointain.

Dans la région mexicaine alors appelée “Texas”, de nombreux colons venant des Etats-Unis s’étaient déjà installés avant l’indépendance du Mexique. Ces derniers continuent donc leurs petites affaires et ont donc toujours une grande influence dans la région. Du coup des tensions entre les hispaniques et les anglosaxons apparaissent rapidement.

Les américains installés au Texas, qui comptent pour les ⅘ de la population, tentent d’acquérir l’indépendance du territoire en 1826, en vain. Mais lorsque le Mexique cherche en 1835 à mettre fin à l’immigration des colons en provenance des Etats-Unis tout en cherchant à réduire l’autonomie du Texas, la révolution éclate. Moins d’un an plus tard, la république du Texas devient enfin indépendante, sans jamais pourtant que le Mexique ne la reconnaisse : la nouvelle nation demande alors à rejoindre les Etats-Unis, ce qui lui est finalement accordé en 1845.

Les relations entre le Mexique et les Etats-Unis se dégradent alors fortement. De plus, les Etats-Unis renforcent leurs positions à l’ouest : l’Oregon est finalement cédé par le Royaume-Uni en 1846, ce qui permet aux Etats-Unis de se doter alors d’un véritable accès au Pacifique, et de nombreux colons partent du Mississippi et du Missouri pour s’y installer.

Tout comme ce fut le cas pour le Texas, de nombreux colons américains s’installent en Californie et au Nouveau-Mexique, si bien que les Etats-Unis demandent à acheter ces territoires au Mexique. Si ce dernier ne donne pas de réponse, les Etats-Unis tentent d’en obtenir une par l’intimidation, en mobilisant des troupes le long de la frontière, au nom de la “destinée manifeste” selon laquelle les Etats-Unis ont pour mission divine d’apporter la démocratie et la civilisation sur tout le continent. Finalement, la guerre éclate lorsque le Mexique attaque une patrouille circulant sur un territoire contesté. A l’issu de ce conflit, les Etats-Unis annexent une grosse partie des terres mexicaines du nord. Seront constitués alors les etats actuels de Californie, du Colorado, du Nevada, de l’Arizona, du Nouveau Mexique et de l’Utah. Entretemps, les Etats-Unis récupèrent définitivement l’Oregon sud :  ils récupèrent alors une grande partie de la côte Pacifique.

Ruée vers l’or

Suite à la guerre opposant les Etats-Unis aux Mexicains, la conquête de l’ouest est presque terminée sur le plan territorial. Pour autant, les territoires acquis durant les cinquantes dernières années sont loin d’être tous habités, et si les territoires situés au delà du Mississippi attirent beaucoup de colons, ils ne sont pas du tout urbanisés. Cependant, en 1848, une ressource rare est découverte en Californie, attirant les migrants du monde entier : l’or.

Durant toute l’année 1849, des dizaines de milliers de migrants, venus de l’est américain comme du Mexique, du Canada ou d’Europe, s’installent en Californie qui, en quelques années, voit sa population exploser. Les villes y poussent comme des champignons, et le transport ferroviaire et maritime se développe rapidement dans la région. Parallèlement, l’agriculture y connaît un essor incroyable. Notons aussi que parmi les migrants, on trouve très peu de femmes, puisqu’elles ne comptent que pour 8% de la population. De plus, l’augmentation soudaine de la démographie et de la taille des villes posent des problèmes d’ordre et de ravitaillement :  la criminalité y est alors élevée. La justice, quant à elle, est souvent rendue par des tribunaux populaires, dont les peines sont rarement équitables : les pendaisons sont courantes, surtout lorsqu’il s’agit de minorités ethniques telles que les amérindiens, les afro-américains, les mexicains ou les chinois.

Vous l’aurez compris : les films western prennent souvent place durant cette ruée vers l’or.

D’autres ruées ont lieu dans d’autres états de l’ouest lorsque l’on y découvre de l’or, mais aussi de l’argent, et se poursuivront jusque dans la fin des années 1880.

Ces migrations permanentes impliquent qu’il doive exister un service de transport rapide et fiable : en 1860 apparaît alors le Pony Express qui relie l’est à l’ouest en dix jours. Un an et demi plus tard, ce délai est supprimé lorsque le télégraphe rejoint les deux côtes américaines.

 

La guerre de sécession

En 1861 débute la guerre de sécession, durant laquelle le nord des Etats-Unis, industriel et abolitionniste, affronte militairement le sud esclavagiste et dont la richesse se situe plus dans l’agriculture que dans les industries. Des états du sud qui ont proclamé leur indépendance suite à l’élection d’Abraham Lincoln.

Si la guerre de sécession est un conflit qui se déroule avant tout à l’est, dans les territoires qui sont finalement les plus anciens, le conflit est cependant très important pour l’ouest.

En effet, au moment de la guerre civile américaine, les territoires de l’ouest des Etats-Unis sont encore très largement dépeuplés, et l’administration n’y est pas encore développée. Ainsi, il y a un risque important d’anarchie, dans des terres où l’ordre est déjà une notion vague et relative.

De plus, la question de l’esclavage n’a pas tout à fait été réglée : certains territoires de l’ouest y ont recours tandis que d’autres l’interdisent, et un gros travail de lobbying est opéré par le nord et par le sud pour que les terres de l’ouest se rallie à un camp ou à l’autre. Peu avant le conflit, la cour suprême des Etats-Unis tranche et déclare avec l’arrêt Dred Scott que tout noir, même libre, ne peut devenir citoyen américain et que les territoires non-constitués en Etat, comme c’est le cas pour la majorité de terres de l’ouest, ne peuvent s’opposer à ce qu’on y pratique l’esclavage. Pourtant, le territoire de Nebraska ou le territoire de Washington ne le pratiquent pas et des territoires qui sont déjà constitués en Etat comme le Kansas, la Californie et l’Oregon, ont déjà fait le choix de l’abolition.

La situation est donc assez compliquée et souvent, à l’ouest, on ne sait pas sur quel pied danser. Pour les colons, c’est l’issue de la guerre de sécession qui réglera finalement une bonne fois pour toute la question de l’esclavage dans tous les territoires de l’ouest du Mississippi.

Quelques batailles importantes ont lieu à l’ouest, mais la présence de formes armées y est réduite, ce qui donne le champ libre à de nombreux amérindiens pour se révolter contre les colons. Certaines tribus font même le choix de soutenir le nord ou le sud, souvent pour se venger du gouvernement local du camp opposé.

En 1865, la guerre est terminée et le nord abolitionniste a gagné. Plusieurs dispositions sont prises pour faciliter la colonisation de l’ouest, alors que le gouvernement fédéral subventionne énormément les terres de l’ouest pour y développer l’administration, l’armée, les transports, la communication et l’industrie.

Par exemple, l’homestead Act, voté en 1862 alors que le conflit faisait encore rage entre le nord et le sud, permet à n’importe qui, qu’il soit citoyen américain ou non, de revendiquer un terrain s’il y vit depuis plus de 5 ans. De nombreux migrants européens partent alors pour l’ouest américain, et beaucoup s’installent près des voies ferrées qui sont elles-aussi en pleine expansion. en 1869 est d’ailleurs inaugurée la première ligne de chemin de fer transcontinental, reliant la côte est à la côte ouest en une semaine. Cette dernière, en réduisant le temps et les risques du voyage pour les colons, sera un vrai outil de propagande pour attirer de nouvelles populations dans les grandes plaines de l’ouest : la population de femmes et d’enfants, qui était très basse au début de la colonisation, augmente alors, ce qui implique de plus grands besoins éducatifs et religieux ; les colons obtiennent alors des écoles, des églises et des institutions qui permettent de les intégrer à la vie citoyenne. Finalement, le chemin de fer permet aussi de transporter du fret et des produits facturés d’un bout à l’autre du pays, ce qui accélère considérablement le développement des nouveaux territoires.

L’Oklahoma

Comme nous l’avons dit plus tôt, l’Oklahoma est un territoire constitué en réserve où furent déportés de nombreuses tribus amérindiennes. Cela évolue à la fin du XVIIIe siècle puisqu’en 1889, une bonne partie du territoire est finalement ouvert à la colonisation blanche.

Cette ouverture à la colonisation a donné lieu au Land Rush de 1889 : le 22 avril de cette année, à midi, quelques 50.000 personnes ont franchi la frontière pour se lancer dans la course de la colonisation. La ville d’Oklahoma City, fondée le jour même, atteindra même 10.000 habitants avant le coucher du soleil. Plusieurs autres scénarios similaires se reproduisent au fur-et-à-mesure que le reste du territoire est ouvert aux colons.

Dans les années 1890, on considère que l’ouest est finalement entièrement colonisé et que le gouvernement fédéral contrôle tout le territoire. En 1907 finalement, les territoires indiens et les territoires colonisés sont assemblés pour former l’Etat de l’Oklahoma qui intègre l’Union des Etats-Unis, mettant un terme à la conquête de l’ouest. L’Alaska constitue alors la dernière frontière, mais il ne deviendra un Etat qu’en 1959, soit une cinquantaine d’année plus tard.

Ainsi, la conquête de l’ouest s’est déroulé sur près d’un siècle, et pour nous donner quelques repères, dites-vous qu’elle a commencé peu après la révolution française pour se finir peu avant la première guerre mondiale. L’époque de la ruée vers l’or, qui souvent incarne à elle-seule le far west, n’est alors qu’un petit épisode dans une histoire riches en évènements et en rebondissement.

Les cowboys

Qui dit Far west dit aussi Cow-boys, que l’on imagine sans foi ni loi, à traîner dans les saloons, ces lieux où on trouve prostitution et alcool, mais sur ce point là, qu’en est-il vraiment?

Le mot “cow boy” se traduit en fran çais par ‘vacher’ ou ‘bouvier’, et il désigne celui dont le métier est de s’occuper du bétail. Le cowboy est donc un ouvrier agricole.

Durant la conquête de l’ouest, le rôle du cowboy est souvent de gérer ou de capturer des troupeaux retournés à l’état sauvage lorsque l’Espagne a quitté le Mexique devenu indépendant. Ils ramènent alors  le bétail vers les centres commerciaux urbains, tout d’abord situés le long du Mississippi, comme le Missouri ou la Louisiane, mais aussi vers la Californie après la ruée vers l’or. Les cowboy suivent alors les routes du bétail, qui partent du Texas et qui conduisent notamment aux grands abattoirs de Chicago et de Cincinnati.

Les cow-boys étant directement des héritiers des vaqueros mexicains, c’est donc surtout au Texas que l’on en trouve. D’ailleurs, le mythe américain a souvent dépeint le cow boy comme un yankee pur souche, courageux et bien armé. La réalité est toute autre : souvent, le cow-boy est mexicain, métis ou noir, très mal payé, et ce notamment parce que la profession est méprisée et peu enviable.

En ce qui concerne les armes, très peu de cowboys ont les moyens de se payer une : la plupart du temps, lorsqu’ils en possèdent, il s’agit de celles prêtées par leur employeur. Idem pour le cheval, principal outil de travail du CowBoy, ce dernier étant souvent bien trop cher. Notons aussi qu’il y a finalement peu de cowboys durant la conquête de l’ouest si l’on compare au nombre total de migrants.

Le métier de Cowboy est un métier dangereux, mais ce n’est pas tant pour les raids indiens que l’on voit dans les films : le plus gros des problèmes, c’est le bétail lui-même qui au moindre stimuli peut prendre peur et se désorganiser.

Et ces stimulis peuvent être aussi variés que nombreux : une attaque de Coyote ou de loup, un orage, un feu de prairie, bref des problèmes très concret …

Les cowboys font des étapes dans des ville-étapes, où c’est pour eux l’occasion de se reposer un peu. Ils y dépensent leur salaire dans les saloons, où la prostitution et l’alcool sont les principaux divertissements. En revanche, contrairement à ce qui est parfois montré au cinéma, ces villes ne sont pas les mêmes que les villes minières apparues avec la ruée vers l’or : dans les villes à bétail, le port d’arme est interdit, les endroits de débauche sont séparés du reste de la ville et les homicides sont très rares. Cependant, à quelques reprises, plusieurs conflits ont pu opposer des propriétaires, des éleveurs ou des voleurs de bétail. L’un d’eux a même conduit en 1881 à la célèbre fusillade d’O.K. Corral.

Finalement les cowboys ne sont pas plus des bandits que les autres. Avec l’apparition du chemin de fer, rendant inutiles les grandes migrations, beaucoup se sédentarisent et deviennent garçons d’écurie ou paysans.

Les indiens

Qui dit cowboy dit indien, ou plutôt amérindiens. Pourtant, là aussi, les clichés sont de mise.

Tout d’abord, il convient de mettre une chose au point : si on imagine les amérindiens avec des plumes et des tipis vivant de la chasse du bison, cela ne concerne finalement que ceux qui vivent dans les grandes plaines. Ceux qui vivent en Californie, dans les rocheuses ou au nord du Mexique ont des cultures très différentes, idem pour leurs langues. Par exemple, les amérindiens pueblos sont des cultivateurs sédentaires qui vivent dans des maisons construites en dur sur plusieurs étages, chacun comportant plusieurs pièces.

Ceci étant dit, il y a eu de nombreux conflits entre les colons et les amérindiens.

Pourtant, si beaucoup de tribus décident de s’en prendre aux américains durant la conquête de l’ouest, nombre d’entre elles avaient à l’origine des relations plutôt amicales avec les colons : c’est par exemple le cas des shoshones et des nez-percés, qui échangeaient des fourrures avec les colons avant que ces derniers ne soient trop nombreux et finissent par les expulser de leurs terres ancestrales pour les envoyer dans des réserves, souvent plus petites et éloignées.

Les plus gros conflits entre colons et amérindiens sont très certainement les guerres apaches, qui opposent les Américains et la plupart des tribus du sud des Etats-Unis dans les années 1850 mais aussi et surtout dans les années 1860.  Pour mater la rébellion, les Etats-Unis optent alors pour la tactique de la terre brûlée, qui implique que l’on tue tout le bétail, que l’on brûle toutes les maisons et tous les champs des natifs à mesure que l’on avance. En 1864, les Navajos sont déportés dans l’est du Nouveau-Mexique et en 1866, le chef apache Geronimo se rend finalement, mettant un terme aux conflits dans la région.

On pourrait aussi parler d’un autre grand conflit, plus au nord cette fois : la guerre entre les sioux et les colons venus prospecter de l’or dans leur réserve des black hills, violant alors le traité de Fort-Laramie conclus en 1868 entre les Etats-Unis et les amérindiens. Les sioux finissent par en avoir marre et prennent les armes pour se défendre contre ce qu’ils considèrent comme des intrusions. A l’issue du conflit, durant lequel les chefs amérindiens Sitting Bull et Crazy Horse arrivent à remporter plusieurs batailles, l’armée américaine prend de force la réserve. Une fois la paix signée, le gouvernement saisit les terres des sioux, les morcelle et les ouvre à la colonisation blanche. Il ne faut pas que cela vous étonne : pour beaucoup d’Américains de l’époque, au nom de la “destinée manifeste” dont nous avons déjà parlé au cours de cet épisode, les indigènes doivent être convertis et “civilisés” ou, dans le cas où ils refuseraient, être exterminés. Notons que le pouvoir politique, ne pouvant contrôler le comportement des colons, est souvent favorable au statuo quo.

On note d’ailleurs de nombreux massacres, qui sont souvent le point de départ ou la conclusion d’un conflit généralisé dans la région. En dépit de cela, n’oublions pas non plus que plusieurs tribus amérindiennes se rangent du côté des colons blancs pour lutter contre certaines tribus rivales. Et que parfois les amérindiens s’en prennent gratuitement à des colons qui n’ont pas fait grand chose, même si cela découle d’une situation conflictuelle des gouvernements.

Nous avons évoqué tout à l’heure le cas de certaines tribus amérindiennes ayant pris les armes durant la guerre de sécession pour le nord ou pour le sud. Mais de manière plus générale, on pourrait évoquer les nombreux éclaireurs amérindiens au service de l’armée américaine, qui servent aussi bien à guider les combattants qu’à traduire ce qui disent les prisonniers capturés. Notons aussi que lors de certaines guerres indiennes, des tribus entières prêtent main forte aux Etats-Unis, comme ce fut par exemple le cas des Utes contre les Navajos durant les guerres apaches.

Malgré tout, le nombre d’amérindiens devient vite dérisoire dans les territoires ouverts à la colonisation : beaucoup meurent des maladies apportés par les populations d’origine européenne et ceux qui restent sont souvent déportés dans d’autres régions pour laisser le champ libre au nombre considérable de colons blancs.

Quoiqu’il en soit, les accrochages se font assez rares après la guerre de sécession même si on note quelques conflits jusqu’à la toute fin du XIXe siècle. Des conflits qui le plus souvent ont directement lieu sur les terres amérindiennes que les américains s’approprient pour en exploiter les ressources, n’affectant alors pas la vie des nouvelles villes de l’ouest.

 

Script écrit par Romain Filstroff de la chaîne « ‘Linguisticae » pour la chaîne « Nota Bene ».

 

Pour en savoir plus sur la conquête de l’ouest :


http://www.clio.fr/bibliotheque/la_conquete_de_l_ouest_ou_l_esprit_pionnier.asp

https://www.herodote.net/6_mars_1836-evenement-18360306.php

https://fr.wikipedia.org/wiki/Conqu%C3%AAte_de_l%27Ouest#La_mise_en_route_de_la_colonisation

http://drc.nationalcowboymuseum.org/exhibits/rushes/default.aspx

 

Un très bel article wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Conqu%C3%AAte_de_l’Ouest

et la suite des liens sympa :

https://en.wikipedia.org/wiki/Homestead_Acts

https://en.wikipedia.org/wiki/Lewis_and_Clark_Expedition

https://en.wikipedia.org/wiki/Texas_Revolution

https://en.wikipedia.org/wiki/Manifest_destiny

https://en.wikipedia.org/wiki/Mexican%E2%80%93American_War

http://www.histoirealacarte.com/carte/7-etats-unis-histoire-territoriale.php

une super page pour trouver plein de contenus sur les amérindiens : http://www.uk-us.fr/indiens.htm

 

Des bouquins très cités sur wiki FR et EN pour la plupart des articles du sujet :

 

Une histoire populaire des états-unis, Howard Zinn, 2003, Editions Agone

François Durpaire, Histoire des États-Unis, Paris, Presses Universitaires de France, « Que sais-je ? », 2013

Claude Fohlen, Les Indiens d’Amérique du Nord, Paris, PUF,1995

Richard White, It’s your misfortune and none of my own : A new history of the American West, Norman, University of Oklahoma Press, 1991

Spencer C. Tucker, The Encyclopedia of North American Indian Wars, 1607-1890 : A Political, Social, and Military History, Santa Barbara, ABC-CLIO, 2011

Howard Lamar, The Reader’s encyclopedia of the American West, New York, Crowell, 1977

 

Laisser un commentaire