La Russie et la Première Guerre Mondiale

Cette vidéo est issue d’un partenariat avec le CNC.

 

Lorsque l’on parle de première guerre mondiale, on pense alors aux tranchées, à Verdun, au conflit qui oppose les français aux allemands. On pense aussi à la bataille de la Marne, à la bataille de la somme, ou encore au rattachement de l’Alsace-Lorraine à la France. Pourtant, tous ces événements ne concernent que l’un des deux fronts de la guerre, puisqu’en qu’en Europe de l’est, il en existe un autre : là-bas, et jusqu’en 1916, la Russie affronte seule les empires de la Triple Alliance, la Triplice.

la Russie et l’entrée en guerre

Les années avant le début de la guerre sont complexes pour la Russie. Politiquement tout d’abord, la situation n’est pas très stable : en 1905, l’empire russe connait une révolution qui met à mal le pouvoir du tsar. Une assemblée élue est alors créée mais son pouvoir est très limité : alors que les réformistes exigent plus de libertés, la noblesse défend au contraire le retour d’une plus franche autocratie.

ensuite, sur le plan militaire, la Russie est loin derrière les autres puissances européennes : son armée est démodée et inefficace, son matériel est insuffisant et daté. De plus, le dernier grand conflit militaire de la Russie, contre le Japon de 1904 à 1905, s’est conclu par une défaite humiliante et sans appel de Moscou.

Finalement, sur le plan économique, le pays est majoritairement agricole et beaucoup de russes vivent dans la misère. Cependant, le retard est vite rattrapé, à tel point qu’à la veille de la première guerre mondiale, l’économie russe rattrape l’économie de l’Allemagne, ce qui n’est pas sans inquiéter cette dernière.

 

La russie face aux empires centraux

Lorsque la première guerre mondiale éclate, la Russie se retrouve seule à l’est face aux allemands et aux austro-hongrois, qui entendent bien mener des actions rapides pour se débarrasser des russes au plus vite : en effet, pour les empires centraux, le conflit se déroule sur deux fronts et ces derniers comptent bien alors en finir le plus tôt possible d’un côté pour mieux se concentrer sur l’autre, or comme nous l’avons dit, la Russie, qui possède certes plus d’hommes, est militairement moins équipée et mal formée.

Au début du conflit, la Russie, qui aligne presque deux fois plus d’hommes que ses deux adversaires, prend donc l’avantage. Un avantage qui change vite de camp, puisque les puissances européennes centrales se réorganisent et changent de stratégie, ce qui leur permet d’obtenir rapidement plusieurs victoires en 1915. Durant cette même année, la victoire sur la Russie semble si attendue que les allemands et les austro-hongrois fixent déjà des conditions de victoire ; si ces dernières changent régulièrement au gré des avancées ou des pertes durant le conflit, on peut noter que certaines revendications reviennent toujours : la Russie devra libérer la Pologne, céder une partie des pays baltes et indemniser les empires centraux pour leurs pertes subies.

n 1916, la situation évolue. L’armée russe tout d’abord réussi à moderniser son armée alors que les austro-hongrois, à la tête d’un empire multiculturel, doivent faire face à la désertion de nombreux slaves incorporés. en août, l’entrée en guerre de la Roumanie aux côtés des alliés chamboulent également l’équilibre à l’est, même s’il ne faut pas beaucoup de temps aux forces de la Triplice pour écraser cette dernière.

La fin de la guerre pour les russes

Durant tout le conflit, les empire centraux tentent de faire vaciller la Russie de l’intérieur en soutenant les mouvements autonomistes et révolutionnaires. ainsi, alors que l’armée russe commence à inquiéter l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie du fait sa force grandissante, la révolution de février 1917 arrive à point nommé : un fort mécontentement vis-à-vis du régime tsariste mène à plusieurs révoltes, qui elles-mêmes conduisent à l’effondrement politique de l’empire russe, ce dernier devenant au passage une république. Cette révolution à de lourds impacts sur le conflit militaire et les empires centraux comptent bien en profiter : ils percent le front russe et occupent les pays baltes, alors qu’une deuxième révolution, la révolte d’octobre, porte les bolcheviks au pouvoir. L’armée russe est alors décomposée, très largement désertée et le nouveau gouvernement de Moscou entend bien faire la paix : le traité de Brest-Litovsk est signé le 3 mars 1918 et la Russie doit donner l’indépendance à la finlande, à l’ukraine et à la Biélorussie alors que la Pologne et les pays baltes sont remis aux mains de l’Allemagne. Des pays baltes, l’Allemagne entend d’ailleurs créer un état à sa solde, à la tête duquel on retrouverait les minorités allemandes de la Baltique. Cependant, une armistice est signée le 11 novembre 1918 entre les empires centraux et les puissances alliées à la faveur de ces dernières : l’Allemagne est amputé d’une bonne partie de son territoire à l’est et l’empire austro-hongrois est démantelé. Le traité de Brest-Litovsk est quant à lui révisé et l’Allemagne doit rembourser les dommages de guerre que la Russie lui avait versé. Entre 1918 et 1921, L’armée rouge remet la main sur l’Ukraine et la Biélorussie, tandis que les pays baltes deviennent enfin indépendants.

Script écrit par Romain Filstroff de la chaîne « Linguisticae ».

Pour en savoir plus sur le rôle de la Russie pendant la Première Guerre Mondiale :

Fritz Fischer : Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale (1914-1918) [« Griff nach der Weltmacht »]. Paris, Éditions de Trévise, 1970.

Pierre Renouvin : La Crise européenne et la Première Guerre mondiale. Paris, Presses universitaires de France, coll. « Peuples et civilisations » (no 19), 1962.

Max Schiavon : L’Autriche-Hongrie dans la Première Guerre mondiale : La fin d’un empire. Paris, Éditions SOTECA, 14-18 Éditions, 2011.

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