La cabane de Chambord – Château de Villesavin

 

Mes chers camarades, bien le bonjour !
A quelques kilomètres du célèbre château de Chambord, au coeur du Loir-et-Cher, se trouve le château de Villesavin construit par Jean le Breton sous François Ier. Une relation étroite entre les deux hommes à fait naître ce petit bijou que l’on surnomme encore “La Cabane de Chambord”. Et devinez quoi ? On va revenir ensemble sur son histoire !

 

Jean le Breton et les guerres d’italie

 

Avant de parler du château en lui même, je vous propose de découvrir l’histoire de François Ier et de Jean le Breton, deux hommes dont les chemins se croisent sur un champ de bataille… enfin, plus ou moins. Pour comprendre leur relation, il faut remonter un peu avant la construction du château de Villesavin, en 1525.

A cette époque a lieu la sixième guerre d’Italie, qui fait suite à de nombreux essais pour la France de conquérir l’Italie.

Alors attention, quand je dis l’Italie, ce n’est pas toute l’Italie actuelle, mais plutôt des Etats qui la compose.

Ces guerres commencent en 1494, lorsque Charles VIII veut faire valoir des droits familiaux sur le royaume de Naples. Plus tard, c’est son successeur, Louis XII qui souhaite le récupérer ainsi que le royaume de Milan. Pour les deux hommes, c’est un échec. François Ier, couronné roi de France en 1515, décide de marcher sur les traces de ces prédécesseurs, en Italie. Il s’occupe tout d’abord des Suisses qui lui barrent la route durant la bataille de Marignan. Un affrontement qui fait plus de 16 000 morts. Cette victoire devient le symbole de la propagande du roi de France et aujourd’hui encore beaucoup de français connaissent cette bataille.

Ce que l’on connaît mois, c’est la suite… Peut-être parce que cette histoire est moins glorieuse…

Car François 1er n’est pas le seul à avoir des ambitions en Italie, Charles Quint, l’empereur du Saint-Empire, a également des vues sur le nord de l’Italie et il bénéficie à ses côtés d’alliés précieux comme le roi d’Angleterre Henri VIII ou le pape Léon X. En 1525, le contexte est particulièrement difficile pour François 1er, l’Europe lui est globalement hostile, le moral est bas dans le pays qui croule sous les impôts et sa femme Claude de France vient de mourir.

Mais le roi de France garde la pêche malgré tout car il s’empare de Milan, affaiblie par la peste. Profitant du fait que Charles Quint est occupé à gérer une révolte de paysans en Allemagne, il décide de poursuivre son offensive sur Pavie, où la résistance s’organise. Le roi tient un siège de la ville, bien protégée, et c’est un véritable échec : François 1er, qui n’hésite pas à participer aux batailles qu’il mène, est capturé.

C’est à la suite de ce fiasco que le roi rencontre l’ancien ambassadeur de Rome Jean le Breton avec lequel il est captif. Après leur libération conclut à la suite du traité de Madrid, qu’en aparté François Ier n’honorera pas, il le nomme secrétaire de ses finances et il le charge de superviser les travaux de Chambord qui avait été interrompu pendant les guerres d’Italie.

 

François Ier offre également des terres à Jean Le Breton, celle de Villesavin notamment. A seulement 9 kilomètres de Chambord, c’est l’endroit parfait pour garder un oeil sur le chantier. Pour cela, Jean Le Breton décide de faire construire ce château avec l’aide de quelques artisans et ouvriers qui travaillent sur le chantier de Chambord.

La cabane de Chambord

La construction de l’édifice va donc se dérouler de 1527 et 1537. A cette époque dans la vallée de la Loire, les châteaux forts laissent place à des châteaux d’apparat qui n’ont plus la vocation à défendre les lieux, mais bien à asseoir la richesse de ses propriétaires. Le style architectural est fortement emprunté à la Renaissance italienne car les escapades des français ces dernières années ont suscité des envies.

 

Lorsque l’on regarde les façades du château de Villesavin, on ne peut que remarquer une forte influence du style architectural de Chambord. Il faut dire qu’à cette époque, les nobles n’hésitaient pas à emprunter les nouveaux codes architecturaux des palais royaux pour les adapter à des chantiers plus modestes.

 

Mais les inspirations ne sont pas exclusivement italiennes et empruntent des références plus luxueuses à l’antiquité comme par exemple dans le logis, où les lucarnes semblent habillés par les Muses. Les vitraux, aujourd’hui disparus, n’étaient d’ailleurs pas sans rappeler les célèbres poèmes des Métamorphoses d’Ovide.

 

A travers tout le château, Jean le Breton exprime son pouvoir et veut signifier par l’architecture qu’il est le maître des lieux. Il n’était effectivement pas rare à l’époque de faire inscrire son blason ou autre symbole pour faire écho aux propriétaires du château. L’un des exemples le plus connu est notamment la Salamandre de François Ier que l’on retrouve sur bien des monuments. Pour Jean le Breton, c’est plutôt ses armes que l’on retrouve sur la voûte du perron du jardin, ou encore près de la lucarne du pavillon de droite à l’entrée de la cour (le pavillon nord ouest).

Si l’on prend le temps de s’aventurer dans la cour centrale du château, il est difficile de louper cette fontaine et la vasque de marbre qui la sublime.

A l’origine, cette fontaine était probablement installée dans le jardin, surement pour mettre en perspective les arbres et la rivière qui passe non loin de là.

Et si je ne me mouille pas trop là dessus, c’est que la plupart du temps, nous ne savons pas véritablement à quoi ressemblait la décoration et le mobilier des châteaux de cette époque. Il ne faut pas oublier que si ces monuments spectaculaires ont traversé les siècles, ils ne l’ont pas fait sans changement, volontaires ou pas, qui ont une incidence sur leur état et leur aménagement. Bien qu’ici, à Villesavin, le château reste relativement “dans son jus” comme on dit et qu’il garde beaucoup de traces originelles laissées par Jean le Breton, il n’échappe bien évidemment pas à la règle.

 

 

 

 

Le château de Villesavin

A la mort du ministre, le château de Villesavin, mais également le château de Villandry dont il était propriétaire, sont légués à sa veuve, Anne Gedoyn, puis à leur fille Léonor. Celle ci le vide complètement, puisqu’elle préfère vivre à Paris et il faudra attendre 1611 que Jean Phelypeaux achète le domaine. Conseiller du roi Henri IV, celui-ci le restaure quelque peu en ajoutant des lucarnes et un puit, mais se satisfait pleinement de l’état du château. Il ajoute toutefois un nouveau colombier qui démontre l’étendu du terrain de Villesavin.
Si vous voulez en savoir plus là-dessus, n’hésitez pas à aller voir ma vidéo sur les pigeons, à ce qu’il parait elle est chouette, enfin c’est ce qu’on m’a dit…


Par ailleurs, Jean Phelypeaux retravaille le décor de la chapelle, en y ajoutant notamment ses initiales enlacées à celles de sa femme.

Plus tard, le comte de Pradel, Jules de Chardeboeuf acquiert à son tour le domaine en 1820 et aménage le château pour y faciliter son habitation en ajoutant notamment quelques motifs à la façade et en embellissant le jardin.. A ce moment là, il est le Premier chambellan de Louis XVIII, c’est à dire son premier valet de chambre. Il est également élu membre libre de l’Académie des Beaux-Arts et son goût pour les belles choses l’amène à restaurer le château pour en faire la demeure romantique que nous pouvons visiter aujourd’hui.

Au fil du temps, les propriétaires successifs du château de Villesavin ont su garder l’âme du lieu. Même si quelques transformations ont modifié le monument original, le château garde une grande unité dans le style, ce qui lui confère ce charme, un peu désuet que l’on ne retrouve pas forcément ailleurs.

Bien évidemment, il ne faut pas hésiter à se promener dans ses jardins, à découvrir la chapelle dont les peintures restes majestueuses, et à s’aventurer dans l’impressionnant colombier !

Oui, j’essaye de vous le vendre celui-là !

Bref, visiter le château de Villesavin c’est s’offrir une ballade intimiste qui nous plonge dans l’histoire et qui nous montre qu’à quelques kilomètres des grands châteaux de la Loire, on peut trouver des petites perles qu’il ne faut pas manquer !

 

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