L’assassinat d’Henri IV, un complot ?

Mes chers camarades bien le bonjour !

J’espère que vous êtes chaud parce qu’aujourd’hui on va revenir sur un classique des programmes d’Histoire, l’assassinat d’Henri IV mais on va tenter d’aller un peu plus loin que d’habitude. Parce que soyons honnête, dans mes lointains souvenirs, Ravaillac, son assassin c’était surtout un fanatique. De quoi ? De qui ? Alors ça…Aucune idée, je savais juste qu’il avait tué notre bon roi, qu’il était donc méchant et qu’il a été mis à mort de façon plutôt violente sur place publique. Et on va en parler de ça hein, rassurez vous. On va donc dans un premier temps revenir sur le factuel, le meurtre en lui même, et on analysera ensuite quelques pistes pour comprendre pourquoi Henri IV a été la cible de Ravaillac. Et oui, parce que ça pourrait très bien être un complot… Enfin je vous propose d’aller encore plus loin et de comprendre pourquoi et comment cet assassinat a été utilisé à des fins de propagandes par d’autres souverains ! Allez, c’est parti !

Henri IV, roi de France

Portrait Henri IV
Henri IV au sommet de sa forme

Je ne vais pas vous refaire le couplet sur Henri IV j’en ai déjà parlé dans plusieurs vidéos, comme celle sur la ville Vendôme ou sur le château des ducs de Bretagne. Ce qu’on peut retenir en gros c’est qu’il un des rois fondateurs dans ce qu’on appelle le roman national et ça on y reviendra après. Il est à l’origine de l’édit de Nantes en 1598, un édit de tolérance religieuse et par conséquent on lui attribue de bonne grâce la fin des guerres de religion en France entre protestant et Catholique. Une position qui d’après les historiens contemporains est peut être plus contrainte que ce qu’il laisse paraître. Il est en tout cas sûr d’une chose, il est LE roi à l’origine de la monarchie absolue, en tout cas celui qui en pose les bases et qui permettra à un type comme Louis XIV de se la péter un peu…

Ce  qu’il est important de comprendre, c’est que si Henri IV, sur le papier, “réconcilie” catholique et protestant, il y a encore de nombreux ressentis chez certaines populations qui voient tout ça d’un mauvais oeil, d’autant qu’Henri IV passe plusieurs fois de catholique à protestant dans sa vie. Vous allez le voir au fur et à mesure de cette émission, la période est compliquée et il existe plusieurs hypothèses sur les raisons de l’assassinat d’Henri IV, ce qui nous permettra de développer un peu tout le contexte historique. Mais tout d’abord, revenons sur le protagoniste principal de ce meurtre, un certain François Ravaillac !

Qui est François Ravaillac ?

Ravaillac l'assassin
Le régicide François Ravaillac

Quand on parle de Ravaillac, c’est souvent pour le décrire comme un illuminé. Ce qui, d’après les quelques lectures que j’ai pu avoir, n’est pas totalement faux. Ce qui est sûr c’est que cet homme, peu aimé de son vivant, va acquérir avec cet assassinat une aura certaine auprès d’une partie de la population. D’assassin, il passera alors au statut de martyr. Mais revenons au commencement…Le grand gaillard naît en 1577 à Angoulême, dans une famille bourgeoise. Son père, après avoir perdu son emploi, devient violent et alcoolique. Il dilapide toute les économies de sa famille si bien que la mère de François décidera de divorcer vers 1605. Durant sa jeunesse, ne pouvant compter sur son père, François Ravaillac se rapproche de ses oncles, des catholiques convaincus qui vont lui inculquer une véritable haine contre les protestants. La religion devient toute la vie de Ravaillac, il devient même professeur de catéchisme avant de vouloir rentrer dans les ordres. Il tente tout d’abord l’ordre des feuillants puis celui des compagnons de jésus, alias les jésuites. Je ne vais pas rentrer dans le détail de ce que sont ces ordres, mais je vous invite à aller vous renseigner et peut être qu’un jour je pourrais y dédier une vidéo. Bref, il tente de rentrer dans ces ordres mais il se fait virer à chaque fois. En cause, une instabilité psychologique assez forte, Ravaillac, aurait même des visions. Et c’est justement une de ces visions qui va tout déclencher.

La vision de Ravaillac

En 1609, Ravaillac entraperçoit ce qu’il interprète comme une sorte de mission divine qu’il semble devoir accomplir. Cette mission, c’est celle de convaincre Henri IV de convertir les huguenots, autre terme pour désigner les protestants de France notamment, au catholicisme. Mais Ravaillac échoue dans sa tentative de contact avec le roi. Lui qui le considère déjà comme un tyran, il prend la décision de passer à la vitesse supérieure en planifiant le meurtre d’Henri IV. D’après certains écrits, Ravaillac se serait confié sur ses projets à certains religieux, notamment aux jésuites, mais ces derniers n’auraient pas donné suite. Et nous verrons que cela peut être une des pistes, ou pas, à suivre.

L’assassinat d’Henri IV

Le 14 Mai 1610, le roi de France, âgé de 56 ans, décide de rendre visite à son ministre et ami Sully, bloqué chez lui à cause de la maladie. Il monte dans son carrosse, direction le quartier de l’Arsenal mais en chemin il se retrouve bloqué dans la rue de Ferronnerie, près des Halles. Les valets descendent du carrosse pour aller aider au déplacement d’une charrette de foin qui empêche le passage du roi. Ravaillac, quant à lui, avait dérobé quelques jours plus tôt un couteau dans une auberge et il avait suivi ce jour là le transport du roi, guettant l’occasion idéale qui ne tarda pas à se présenter.

meutre henri IV
L’assassinat d’Henri IV

Lorsque le convoi s’arrête au milieu de la rue, Ravaillac s’empresse de grimper sur le côté du carrosse. Dans celui ci, le roi et deux personnes : le duc de Montbazon, le coin où on organisait notre festival des historiques chaque année pour ceux qui suivent, et le duc d’Epernon, dont nous reparlerons tout à l’heure. Aucun des deux protagonistes ne peut empêcher le drame, Ravaillac plante son couteau à trois reprises dans le corps d’Henri IV qui se vide de son sang. Immédiatement, il est interpellé, le duc d’Epernon hurlant qu’il ne faut pas le tuer, sans doute pour le faire parler par la suite. Henri IV meurt assez rapidement suite à son transfert au palais du Louvre tandis que Ravaillac, lui, est enfermé pendant deux jours à l’hôtel de Retz avant d’être transféré à la prison de la conciergerie.

La mise à mort de Ravaillac

Après un procès d’une dizaine de jours, Ravaillac est condamné à mort par le Parlement de Paris, qui conclut à l’acte d’un fanatique catholique. Il est emmené devant la cathédrale de Notre-Dame de Paris le 27 mai 1610. Je vais juste pour citer un extrait de l’ordonnance d’exécution de Ravaillac : “…il sera tenaillé aux mamelles, bras, cuisses et gras des jambes, sa main droite, qui tenait le couteau avec lequel il a commis ledit parricide, sera brûlée de feu de soufre, et sur les endroits tenaillés, il sera jeté du plomb fondu, de l’huile bouillante, de la poix, de la résine brûlante, de la cire et soufre fondus ensemble. Ensuite, son corps sera tiré et écartelé par quatre chevaux”.

procès ravaillac
Mise à mort de François Ravaillac

Bon, en gros ça résume bien ce qu’il se passe ce jour là, sauf que Ravaillac est un grand gaillard et que son supplice dure toute la journée. Il se permet même de troller en demandant la permission de chanter pendant le supplice. Le résultat est en tout cas là, Ravaillac est démembré après une sale séance de torture sur place publique, une partie de son corps est dispersée par la foule dans Paris tandis que le reste est jeté au feu. Sympa non ?

Les conséquences de l’assassinat d’Henri IV

Les conséquences de l’assassinat ne vont pas arranger les affaires du royaume de France. Le pouvoir revient à son fils de 8 ans et c’est Marie de Médicis, la défunte femme d’Henri IV, qui prend la régence. Mais ça va plutôt mal se passer et sans détailler la situation car j’en parlerai dans un futur épisode, la France va se retrouver avec une quasi guerre civile sur les bras.

Théorie du complot autour de l’assassinat d’Henri IV

La mort d’Henri IV et donc synonyme de temps troubles, c’est important de le comprendre pour la suite. Mais l’on a toujours pas répondu à une question essentielle : pourquoi Ravaillac a t-il tué Henri IV ? Est ce que la seule explication possible est celle d’un illuminé anti-protestant qui en voulait au roi et qui le tenait responsable pour les traumatismes vécu par sa famille durant les guerres de religion ?

Et bien vous vous en doutez, la réponse est non ! Et il y a eu beaucoup de thèses développées autour de la mort d’Henri IV, certaines assez saugrenues, d’autres plus séduisantes…Et ce n’est pas déconnant hein ! Puisque Henri IV a déjà été victime de plusieurs complots et tentatives d’assassinats durant son règne ! Je vous propose de faire un petit tour d’horizon de ces différentes hypothèses !

La guerre contre les Habsbourg

Mais tout d’abord, un peu de contexte ! Car celui de la mort d’Henri IV n’est pas sans intérêt. En effet, le roi de France, s’il tente de jongler sur plusieurs plans à la fois pour éviter les tensions, soutient des princes allemands protestants qui contestent l’autorité de l’empereur Rodolphe II, catholique, sur le Saint-Empire. Une voie qui l’amène à envisager de plus en plus une guerre ouverte contre Rodolphe II, ce qui ne manque pas de soulever une partie des nobles, qui ne veut pas de cette guerre, contre Henri. Mais les questions idéologiques ne sont pas les seules qui habitent le roi et qui le motive à se joindre à ce conflit. Henri est en effet un coureur de jupon et il tombe amoureux d’une jeune femme de 15 ans, Charlotte de Montmorency. Mais cette dernière est éloigné de lui par son mari qui l’envoie à Bruxelles, sous la coupe des Habsbourg. La guerre serait alors aussi pour Henri IV un moyen pour se rapprocher de sa belle. Ce qui reste une hypothèse.

Les jésuites, coupables idéals

Si le procès a conclu à un acte isolé d’un fanatique, plusieurs enquêtes et thèses de complots sont formés après l’assassinat d’Henri IV. Les premiers à être soupçonnés sont les jésuites, des coupables idéals qui avaient depuis longtemps des relations très tendues avec le roi. Cette organisation catholique voyait d’un très mauvais œil l’action du souverain contre les Habsbourg, garant de la contre-réforme catholique. Qui est en gros une réforme qui s’oppose à la réforme protestante mais qui, plus que ça, propose de renouveler l’église catholique pour qu’elle soit en phase avec son temps. Une explication qui pourrait être soutenu par le fait que Ravaillac était un ancien Jésuite et que lors de ses confessions, l’on ne l’ai pas dissuadé de commettre son crime. Et ça, même si son passage chez eux était relativement rapide, Si cette thèse fait son chemin peu après les événements, elle est rapidement écartée. L’historien Claude Sutto rappelle d’ailleurs très bien que si les désaccords étaient nombreux entre Henri IV et les Jésuites, ils savaient mutuellement qu’un statut-quo était préférable pour préserver leurs intérêts. Je vous mets la publication de Sotto en description pour les curieux, elle est disponible gratuitement il suffit de se créer un compte sur le site et ça donne accès à plusieurs publications gratos tous les mois. #pasunplacementdeproduit

Marie de Médicis, la femme jalouse

marie de médicis
Marie de Médicis

Autre suspect potentiel, la reine Marie de Médicis elle même ! En effet, elle est connue pour être extrêmement jalouse, elle ne supporte pas que son mari passe son temps à aller voir à droite à gauche, ce qu’on peut assez bien comprendre. De plus, les relations ne sont pas au beau fixe entre les époux. Leur mariage étant surtout un mariage d’alliance et de gros sous, un contrat de mariage est signé et la bénédiction de l’église est donné. Mais Henri IV fait non seulement un mariage par procuration avec Marie, qui vit à Florence, ce qui signifie qu’il n’est pas physiquement avec elle lors de la cérémonie, mais en plus, il ne l’accueille même pas quand elle arrive en France, lui laissant de soin de le rejoindre à Lyon. Bref, c’est pas la super éclate dans le couple et il serait possible que Marie, catholique, traîne dans un complot un poil plus large avec d’autres protagonistes. Elle manifestera d’ailleurs à plusieurs reprises son envie d’être couronné officiellement en France, afin de légitimer son pouvoir en cas de décès de son époux, ce qu’elle arrive à obtenir juste avant qu’il ne parte en guerre contre le Saint-Empire puisque Henri IV est assassiné le lendemain même de son couronnement. Incroyable coïncidence non ? En tout cas, les enquêtes lancées à son sujet sont rapidement écartés, et elle ne sera pas plus inquiétée que ça d’éventuelles poursuites.

Complot du duc d’Epernon contre le roi de France

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Le duc d’Epernon

Celui que l’on soupçonne assez rapidement également, c’est Jean-Louis de Nogaret de La Valette, duc d’Epernon, un proche d’Henri et de la reine qui était présent dans le carrosse lorsque Henri se fait poignarder. D’ailleurs Ravaillac passe par dessus le duc pour asséner le coup mortel. Et plusieurs indices laissent penser que le duc d’Epernon peut en effet avoir un rôle dans cette affaire. Tout d’abord, c’est un proche de Marie de Médicis, avec lequel il partage sa foi catholique. On le sait habité par un profond ressenti envers le roi qui néglige à plusieurs reprises ses conseils dans la vie politique et diplomatique du royaume.  De plus, il a également des relations étroites avec les Jésuites, qui comme je l’ai déjà dit ont été assez vite soupçonnés. Mais plus que ça, tout un tas de petits indices laissent penser qu’il connaissait déjà Ravaillac, et c’est là la piste privilégiée de l’Historien Jules Michelet, un des grands historiens du roman national.

Accrochez vous parce qu’il faut comprendre tout le truc.

Tout d’abord, le duc d’Epernon était gouverneur d’Angoulême. A cette occasion il aurait pu rencontrer Ravaillac, venant du même coin, et même lui confier quelques missions à droite à gauche. D’après certaines informations, Ravaillac aurait même été logé chez la maîtresse du duc peu avant l’assassinat d’Henri IV. De plus, Jean-Louis de Nogaret est proche d’une certaine Catherine Henriette de Balzac d’Entragues. Et cette femme là, ce n’est pas n’importe qui puisque c’est une ancienne maîtresse d’Henri IV. Une maitresse à qui il a fait deux enfants, dont un fils, et qu’il a même promis d’épouser avant de signer avec Marie de Médicis. Autant vous dire qu’elle a pas mal de ressenti et de colère ce qui explique qu’elle a déjà participé à un complot contre le roi. Quoi qu’il en soit, Henri met un terme définitif à sa relation en 1609, soit moins d’un an avant l’attentat. Vous avez dit bizarre ? Quand on sait que c’est le duc d’Epernon qui a repris en main une partie du royaume à la mort d’Henri IV et qu’il aurait fait pression sur Sully, le ministre d’Henri IV dont nous parlions tout à l’heure, pour qu’il ne vienne pas au Louvre, on peut le penser en effet.

Cependant, tout ce petit monde sera vite mis hors de cause, notamment parce que le duc, juste après l’attentat rappelez vous, hurlait à qui voulait l’entendre qu’il ne fallait pas toucher Ravaillac pour l’interroger. Hors, s’il trempait dans ce complot, tout aurait laissé penser croire qu’il allait le tuer rapidement afin qu’il ne parle pas. Bref, beaucoup d’indices mais pas de véritable conclusion à cette affaire.

Des nouvelles pistes pour expliquer le complot Henri IV ?

De nos jours encore, l’assassinat d’Henri IV reste une source de mystère… les hypothèses quant aux raisons de sa mort continuent d’être alimentées et de nouvelles propositions voient le jour. Une des pistes est assez intéressante et a le mérite de faire coller deux de ces hypothèses entre elle. D’après François Pernot, dont vous trouverez quelques infos en description, Ravaillac aurait très bien pu être le fanatique religieux qui a agit en solitaire que l’on nous décrit à l’époque. Mais il serait également probable qu’un complot du duc d’Epernon aurait été en marche à la même période. Un complot qui aurait échoué pour la simple et bonne raison que Ravaillac aurait fait le boulot avant eux, les prenant de court.

Une théorie intéressante selon moi mais je vais laisser les experts sur leurs travaux car si eux n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la véritable histoire derrière l’attentat d’Henri IV, ce n’est pas moi qui vait résoudre le truc !

Henri IV, instrument politique

Reste à aborder un point assez crucial de cet événement en particulier. Quel a été son impact sur l’Histoire ? Comment a t-on représenté cet assassinat ? Comment l’a t-on interprété et pourquoi ? Si j’ai voulu conclure sur cette partie, c’est que vous allez le voir, c’est extrêmement intéressant pour comprendre comment la politique peut utiliser le passé, et donc l’Histoire, pour légitimer un homme ou un discours. On est vraiment dans la compréhension de ce qu’est l’Histoire, de comment elle se formule, elle se tord, en fonction de celui qui l’écrit, l’analyse, la raconte.

Directement après la mort du roi, il y a relativement peu de tableau qui représentent le roi lui même, ou alors se sont des tableaux qui le représentent au côté de la reine Marie de Médicis, dont le rôle est complément sur-évalué pour la mettre en avant. On ne représente en tout cas pas du tout l’assassinat du roi et progressivement on le peint de moins en moins. Les seuls qui produisent de l’iconographie sur l’attentat sont les pays protestants qui voient là un événement tragique pour les pratiquants qui vivent en France. Quelques gravures sont partagés dans toute l’Europe, mais rien de vraiment notable pour les français.

Entre 1814 et 1830 près de 90 tableaux d’Henri IV sont produits, car on se sert de sa figure pour légitimer le pouvoir de Louis XVIII, un bourbon qui descend directement d’Henri IV. On se sert de l’image positive d’Henri IV pour la coller sur celle de Louis XVIII, une image forgée au XVIIIe siècle par quelques productions littéraires et artistiques.

A partir de 1850 on commence à représenter l’attentat, mais de manière assez soft  comme dans ce tableau de Rouget ou celui-ci, de Fleury-Robert.

Attentat Henri IV
L’attentat de la rue de la Ferronnerie par Charles-Gustave Housez.

Mais c’est en 1858 que sort le tableau le plus explicite. peint par Charles Gustave Housez. Et ce qui est intéressant ici, c’est que ce n’est pas un hasard. Ce tableau a été commandé par Napoléon III, à une période trouble pour l’empereur. En 1858, Napoléon III vient juste d’être visé par une tentative d’assassinat. L’attentat, organisé par un révolutionnaire italien, loupe sa cible principale mais fait une douzaine de morts et des dizaines de blessés. Napoléon III, en commandant ce tableau, adresse un message politique fort à ceux qui le verront. Il y suggère que si l’on veut attenter à sa vie, si on réussit à le tuer comme on a tué ce bon roi qu’était Henri IV, l’homme à l’origine de l’édit de Nantes tout de même, l’Empire basculera dans le chaos et dans une période sombre, tout comme le royaume de France a passé des années délicates après la mort d’Henri IV. Mais on peut également l’interpréter d’une autre manière. Ce tableau représente la nécessité, pour l’Empire, d’un retour à l’ordre public après cette attaque terroriste. Il faut se fédérer autour de la figure de l’empereur et lutter contre les ennemis de l’empire.

Étonnant non comment un événement passé il y a deux siècles peut être réutilisé pour faire passer un message ?

Si vous voulez en savoir plus sur l’analyse de la production iconographique de l’assassinat d’Henri IV, je vous mets deux liens en description qui valent vraiment le coup et sur lesquels je me suis pas mal reposé pour cette dernière partie !

Ben / Nota

Pour en savoir plus sur l’assassinat d’Henri IV :

– Article général sur l’assassinat d’Henri IV par Ravaillac : https://www.herodote.net/14_mai_1610-evenement-16100514.php

– L’assasinat d’Henri IV, un article sur l’annonce de l’événement et ses conséquences : https://www.persee.fr/doc/emod_2107-6642_2011_num_2_1_850

– Les usages iconographiques de l’assassinat d’Henri IV au XIXe siècle, par Denise Turrel : https://journals.openedition.org/lrf/408

– Article sur la production iconographique de l’assassinat et sur son usage politique par Napoléon III : https://www.cairn.info/revue-parlements-2017-1-page-163.htm

– Henri IV et les Jésuites, par Claude Sutto : https://www.jstor.org/stable/43445016?read-now=1&seq=1#page_scan_tab_contents

– L’assassinat d’Henri IV : de Nouvelles pistes. Par François Pernot à l’université de Cergy-Pontoise. (la conférence n’est plus dispo à l’écoute mais il y a son chemin, qui est intéressant !) https://universiteouverte.u-cergy.fr/l%E2%80%99assassinat-d%E2%80%99henri-iv-de-nouvelles-pistes/

– Une intervention de François Pernot sur France Inter : https://www.franceinter.fr/emissions/autant-en-emporte-l-histoire/autant-en-emporte-l-histoire-06-novembre-2016

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