Les premiers « Empereurs » romains

Mes chers camarades, bien le bonjour !

Quand j’allume la télé et que je regarde un peu les personnages qui font la politique de la France et du monde, je sais pas vous, mais y’a quand même quelques profils qui me paraissent assez instables psychologiquement et c’est pas trop fait pour me rassurer. D’un autre côté, je me dis que ça date pas d’hier et qu’on s’en est plutôt bien sorti au regard du comportement de certains dans le passé… Tenez, Rome, la grande Rome, celle de l’Antiquité ! Bah croyez-le ou non, mais y’en a plus d’un empereur qui était fini à la pisse hein…Vous me croyez pas ? Et bah lâchez un pouce et on va le voir ensemble !

Le problème des sources

Avant d’entrer dans le vif du sujet et de rigoler un peu, un petit message à caractère informatif ! Comme vous le savez sûrement, le travail d’un historien consiste à établir avec la plus grande prudence ce qui s’est passé jadis, de la manière la plus exacte et objective possible. Enfin, ça c’est pour les historiens contemporains. Parce qu’à l’époque romaine, les historiens, la véracité et l’objectivité, ils s’en cognent un peu, c’est pas trop le but.

L’inconvénient, c’est que démêler le vrai du faux peut s’avérer un poil complexe. L’avantage, en revanche, c’est que les auteurs antiques ne reculent devant rien pour détruire l’image des personnalités qui leur déplaisait. Et ça c’est assez cool à lire, ça détend…

Dans cet épisode, nous allons donc nous pencher sur les premiers empereurs romains, et la description qui en est faite par quelques grands auteurs antiques, surtout Suétone et Tacite. Avertissement préalable : les informations que ceux-ci nous donnent sont à prendre avec d’énormes pincettes. L’historiographie contemporaine a bien souvent réussi à nuancer, voir écarter certaines énormités, mais on verra ça en fin de vidéo. Place au spectacle !

« Empereur » ou presque

Julius Caesar
Le plus célèbre des Jules.

Commençons par une petite recontextualisation. Jusqu’en 27 avant notre ère, Rome est une république. Enfin, en principe. Dans les faits, il s’agit plutôt d’une oligarchie où les familles nobles se partagent le pouvoir. Mais les institutions, notamment le Sénat, sont attachées à cette apparence républicaine. Le problème, car problème il y a forcément, c’est que depuis la moitié du premier siècle avant notre ère, Rome est en état de guerre civile quasi-permanent… Pour faire simple, deux factions se disputent le pouvoir. Entre complot, coups bas, voir carrément affrontements ouverts dans les rues de la cité, l’ambiance est “un peu” tendue… Tout ceci aboutit à l’avènement d’un personnage dont vous avez, je suis sûr, entendu parler : Jules César.

Et si vous n’avez jamais entendu parlé de Jules César, go lire une BD bien bien histo comme Astérix par exemple. Nan je déconne.

De 59 à 44 avant notre ère, celui-ci va éliminer ses adversaires politiques et asseoir son autorité. Il va même aller jusqu’à tenter de pervertir une institution majeure de la république : la dictature. Oui, vous avez bien entendu.

La dictature, à l’époque romaine, consiste à conférer à un individu les pouvoirs absolus pendant une période de six mois, pour répondre à une crise civile ou militaire majeure. À la fin de son mandat, le dictateur rendait gentiment le pouvoir au sénat, et tout continuait comme avant. Croyez-le ou non, ça marchait plutôt bien. Le problème, c’est que César se fait nommer en 44 avant notre ère « dictateur perpétuel ». Et ça, ça passe plutôt moyen. Du coup, il est assassiné par une petite bande de conjurés, dont Brutus.

Il aurait d’ailleurs sorti une phrase célèbre tandis qu’il recevait le coup ultime après 23 coups de couteaux : « Toi aussi, mon fils »… En vrai je pense que le gars était soit déjà mort, soit en train d’hurler dans une mare de sang mais l’image est moins romantique et surement moins vendeuse sauf qu’on aime les séries HBO…enfin bref… On reviendra sur la mort de César dans un épisode spécial Game of Thrones d’ailleurs, restez à l’écoute !

Ce teasing de l’enfer…

L’Auguste Octave

Après la mort de César, il y un petit moment de flottement. Les prétendants à sa succession se font des politesses, et c’est finalement un de ses fils adoptifs, Octavien, qui l’emporte. Ayant tiré la leçon de la tragique fin de Jules, Octavien décide la jouer un peu plus fine. Afin de satisfaire les sénateurs, il rétablit en apparence les institutions républicaines. Mais en apparence seulement : en 27 avant notre ère, il obtient du sénat les titre de princeps, en gros « le premier parmi les citoyens », et celui d’Auguste, que l’on peut rapprocher du terme « augure », les devins de la religion romaine. Dans l’idée, cela signifierait que sa parole avait une valeur sacrée… C’est sous ce nom d’Auguste qu’Octavien va devenir ce que nous appelons le premier empereur romain

Curia Julia
La « Curia Julia », lieu de rassemblement du Sénat qui sera achevé sous Auguste.

Le règne d’Auguste se passe sans encombre : bien que les pouvoirs soient dorénavant concentré dans ses seules mains, il réussit à satisfaire les sénateurs grâce à une politique de restauration de la grandeur romaine traditionnelle, ainsi que le peuple, en entreprenant de grand travaux  urbains. Suétone, assez cruel avec ses successeurs comme on le verra après, ne trouve pas grand-chose à dire sur Auguste, si ce n’est qu’il était petit. Et perso, je trouve pas ça très beau d’attaquer sur la taille, je crois qu’on est tous d’accord là dessus non ? C’est bas !

Bref, le calme est revenu, et tout se passe plutôt sereinement. C’est à sa mort, en 14, que les choses vont se compliquer pour les empereurs suivants.

Tibère

Adopté par Auguste, Tibère a déjà été associé au pouvoir depuis quelques années. Logiquement, il obtient donc du sénat les mêmes pouvoir que son défunt père adoptif. À l’âge de 56 ans, le jeune homme devient donc le second empereur de Rome. Auréolé de nombreux succès militaires en Ibérie, en Orient, en Germanie ou encore en Illyrie (région qui regroupe grosso modo les actuelles Slovénie, Albanie et sud de la Croatie) c’est un général dont la réputation de stratège n’est plus à faire.

Tibère
Buste de Tibère

Pourtant, les historiens antiques sont particulièrement sévères avec Tibère. Prenons par exemple Suétone, écrivain du IIème siècle, secrétaire de l’empereur Hadrien, et auteur d’un des plus fameux textes de son temps, “la Vie des Douze Césars”. Cette biographie des dirigeants de Rome de César à Domitien, est écrite en 113, soit presque un siècle après le règne de Tibère. Et la description qui y est faite du règne de ce dernier est particulièrement gratinée. On y apprend que Tibère, alors même qu’il avait entrepris de rétablir les lois pour la protection des mœurs, avait pour le vin une passion démesurée, au point de donner le gouvernement de provinces à ses compagnons de beuveries plutôt qu’aux candidats méritants. Bon pour le coup, ça n’a pas beaucoup changé aujourd’hui hein…

De la même façon, après avoir publiquement réprimandé devant le sénat un vieillard connu pour son train de vie libertin, Tibère lui aurait en secret demandé de l’inviter à un banquet, de préférence servi par des jeunes filles nues… Bon, pour le coup, ça n’a aussi pas beaucoup changé aujourd’hui hein…

Mais il y a pire encore. Nous savons que Tibère, pour des raisons peu claires, se retire définitivement sur l’île de Capri au milieu de son règne. Bien entendu, sa cote de popularité en prend un sacré coup. Pire pour lui, les accusations de débauche empirent. Sa villa de Capri serait le cadre de pratiques… particulières. L’empereur y hébergerait une colonie d’esclaves qui se prostitueraient entre eux pour son plaisir et pour « ranimer par ce spectacle ses désirs éteints ». Suétone va encore plus loin, laissant supposer que de jeunes enfants étaient forcés de nager nus dans la piscine où se prélassait Tibère. Une rumeur reprise par un autre écrivain antique, Tacite. Dans ses Annales écrites également autour de 110, et on rigole pas sur le mot anal toi là bas je te vois, l’auteur rajoute que Tibère n’hésitait pas à faire enlever des jeunes gens de la région, et à violenter les parents ayant le malheur de venir s’en plaindre.

Dans ces conditions, pas étonnant que la mort de Tibère soit accueillie avec joie par le peuple romain. Aurait-t-il été assassiné, étouffé sous des coussins comme le dit Tacite ? Difficile à dire : vu son âge avancé, une mort naturelle est plus probable. N’empêche que, la mort supposé de Tibère me rappelle furieusement la mort de Marc-Aurèle dans Gladiator. Voilà, ça n’a rien à voir mais j’ai eu l’image en écrivant ce script alors je vous la partage.

Caligula

Caligula
Être empereur et porter un nom de sandale, c’est un peu dommage.

En 37 donc, c’est Caligula qui devient à son tour empereur. Fils du très populaire général Germanicus, Caligula doit son nom à son enfance dans des camps militaires : il portait en effet un mini costume de soldat, avec de petites sandales. Sandale se disant « Caliga », le diminutif « Caligula » lui est resté. Son père, héritier désigné par Tibère, étant mort prématurément, « petite sandale » est le candidat logique pour diriger Rome. Son règne ne dure que quatre petites années, au cours desquels il réussit à se mettre tout le monde à dos. Genre, vraiment tout le monde.

Caligula c’est un peu, dans l’historiographie antique, l’archétype de l’empereur fou. Suétone propose un impressionnant catalogue de ses vices. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que toutes les cases de l’ignominie sont cochées. Premièrement, la cruauté. Adolescent déjà, Caligula assistait, nous dit Suétone, « avec une curiosité extrême » aux supplices des condamnés. Un goût qui ne se serait pas atténué avec l’âge. Devenu empereur, il aurait eu pour habitude, pendant les banquets, de faire torturer les prisonniers pour son divertissement. Pour ne rien arranger, ses victimes étaient tuée à petit feu, pour que celles-ci « se sentent mourir » comme il aimait le répéter. Dans la même veine, plutôt que de payer du bétail qui servait de nourriture aux bêtes sauvages que l’on utilisait pour les spectacles, il préférait utiliser les criminels, et peu importe leur crimes : meurtre, dettes, ou simple petit larcin… Pas spécialement étonnant de la part d’un mec qui, quand il veut se débarrasser d’un sénateur, le fait massacrer en public et fait traîner son corps démembré dans tout Rome.

Ah je vous l’ai dis, il est chaud le Caligula !

Parmi ses fascinations, la décapitation semblait également occuper une place de choix. Toujours selon Suétone, chaque baiser sur le coup de sa femme ou maîtresse du moment s’accompagnait d’une remarque sur le fait qu’il pouvait à tout moment « faire tomber cette belle tête ». De quoi attiser la flamme dans le couple… et créer une anecdote sympa qu’on peut réutiliser dans Gladiator.

Une autre anecdote raconte comment il fut pris d’un fou rire lors d’un festin. Lorsque ses amis  lui demandent la raison de cette bonne tranche de rigolade, il répond : « C’est que je songe que, d’un signe de tête, je puis vous faire égorger tous deux. ».

Ambiance. Maximum. Sinon samedi on se fait un barbecue ?

On va passer aussi  rapidement sur les accusations à peine voilées d’inceste, Caligula étant très très proche de sa sœur Julia Drusilla, au point de la faire asseoir durant les banquets à la place réservé traditionnellement à sa femme. Bordel ils ont tout pompé en fait…

En plus d’être un monstre de cruauté incestueux, Caligula aurait eu le mauvais goût d’amasser une collection de statues divines, dont il aurait fait remplacer les têtes par la sienne. Une offense aux dieux particulièrement grave, on l’imagine. Mais je vais pas le condamner pour ça, à chaque fois qu’il faut cacher une bite ou des nichons dans nos vidéos, nous autres les youtubers, on trouve rien de mieux à faire que d’y mettre notre tête à la place…ce qui est assez grave aussi au fond…

Caligula à cheval
Caligula un empereur très à cheval sur les principes.

En tout cas sa folie présumée se manifestait également de manière plus innocente. Ayant un jour fait rassembler l’armée, il aligne les soldats et les balistes face à la mer vide… avant d’ordonner que l’on ramasse le plus de coquillages possibles ! De la même manière, son attachement plus qu’excessif à son cheval Incitatus est assez, étrange. Celui-ci se serait vu construire une écurie en marbre, donné un palais, des esclaves et du mobilier précieux. La rumeur veut même que Caligula ait prévu de le faire sénateur. Malheureusement pour lui, il se fait assassiner juste avant de porter son cheval au pouvoir.. Et oui, au bout d’un moment, la détestation générale gagne les prétoriens, la garde rapprochée de l’empereur, qui le passe par l’épée, avec sa femme et sa fille. Bon, il n’ont sûrement pas agit de leur propre initiative. L’idée émanait probablement d’un de ses favoris et de ses autres sœurs, qu’il avait fait exiler…Mais on va pas s’attarder là dessus.

Claude

Nous voilà donc en 41 après notre ère. Si l’on en croit Suétone, le successeur de Caligula, Claude, est proclamé empereur un peu par hasard, s’étant caché par peur derrière une tapisserie lors de l’assassinat du taré amateur de coquillages. Boiteux, bègue, doté d’une propension à s’endormir à l’improviste, Claude n’a apparemment pas l’étoffe d’un empereur. Si l’on trouve bien mention également d’une supposée cruauté dans sa biographie, c’est surtout par son ridicule que le distinguent les historiens antiques. Le pauvre homme a le malheur d’épouser en quatrième noce une certaine Agrippine, fille de Germanicus et mère d’un riant bambin nommé Néron. Cette charmante femme fait tout pour placer son fiston sur le trône : elle écarte le jeune Britannicus, fils légitime de Claude et force ce dernier à adopter Néron.  Elle finit le travail en faisant empoisonner son empereur de mari à l’aide d’un plat de champignons.

En 54, c’est donc Néron qui est nommé empereur par le sénat.

Néron

De nos jours, la réputation de Néron n’est plus vraiment à faire. Et cette réputation, il la doit bien entendu à ses biographes antiques. Lorsqu’il arrive au pouvoir a 17 ans, sa mère, qui a orchestré son ascension, entend bien prendre une part active au gouvernement. Les premières années de son règne se passent plutôt bien, et les relations avec le Sénat en particulier sont apaisées. Cependant, derrière la figure publique de l’empereur, les décisions politiques sont probablement prises par sa mère et son tuteur, Sénèque, célèbre dramaturge et philosophe. Mais, de toute évidence, Néron commence à mal supporter l’influence de sa chère maman dans les affaires de l’état. Avant toute chose, il fait empoisonner Britannicus avant que celui-ci ne devienne majeur, écartant par là-même un potentiel rival. Puis il se tourne contre sa mère, et se décide à l’éliminer. Un assassinat qui ne se passe pas vraiment comme prévu nous raconte Tacite : alors qu’il se trouve à Messine, près de Naples, Néron invite sa mère à participer aux fêtes de Minerve. Comme tout bon fils qui se respecte, il la raccompagne ensuite au port, et lui prête une galère pour le retour. Une galère, qu’il a piégée pour qu’elle coule en pleine mer.

Un plan brillant si Néron n’avait pas oublié que sa mère savait nager. Ce qui est plutôt embêtant quand on veut noyer quelqu’un.

En plus, lors du naufrage, une servante paniquée se fait passer pour Agrippine pour que les marins lui viennent en aide. La pauvre ne reçoit comme réponse que des coups d’épées et Néron pense que l’affaire est réglée. Mais la véritable Agrippine réussit à rejoindre la rive, d’où elle rallie sa villa. Excédé d’apprendre que son plan si subtil a échoué, Néron envoie tout simplement quelques soldats faire passer sa mère de vie à trépas. Comme quoi, parfois, les méthodes les plus simples sont les plus efficaces…Et puis ça coûte moins cher que couler une galère…

Grand incendie de Rome
Représentation du grand incendie de Rome, qui va précipiter la chute de Néron.

Un autre événement célèbre va précipiter la fin de Néron. En 64 se déclare le grand incendie de Rome qui, durant six jours, ravage la capitale. Il faut préciser qu’à l’époque, la ville est très densément peuplée et composée d’un grand nombre de bâtiments en bois entassés les uns sur les autres. Des conditions optimales pour un grand, très grand brasier… Très vite se répand la rumeur que l’incendie aurait été déclenché par Néron lui-même, qu’il y aurait assisté depuis sa terrasse en jouant de la lyre, et que la place ainsi dégagé par les flammes lui aurait permis de faire construire sa fameuse Domus Aurea, la « maison dorée », palais démesuré de près de 200 pièces avec fontaines d’intérieurs, mosaïques précieuses et tout le tralala.

Ce qui est sûr c’est que Néron était un amateur des arts : en témoigne la tournée qu’il fait peu après en Grèce, au cours de laquelle il distrayait ses hôtes par sa musique et sa poésie. Visiblement, son talent ne devait pas être bien grand, puisque Suétone rapporte que les spectateurs sont contraint par les soldats de rester applaudir l’empereur jusqu’à la fin de sa représentation On raconte même que certains n’hésitaient pas à se faire passer pour mort pour pouvoir quitter les lieux. Petite astuce utile la prochaine fois que vous vous ennuyez au cinéma…

Malheureusement, au retour de sa petite virée, Néron se rend compte qu’il a perdu tout soutien. Le sénat le démet de ses fonctions impériales, et il doit s’enfuir, déguisé, jusqu’à la villa d’un de ses amis. Là, se rendant compte que tout était définitivement fini pour lui, il se suicide. Selon Suétone, durant les préparatifs il n’eut de cesse que de répéter : « Quel grand artiste périt avec moi ! ». Un avis qu’il était peut-être seul à partager…

Et si on nuançait un peu tout ça ?

Si l’on se fie à l’historiographie antique, Tibère, Caligula, Claude et Néron ne furent donc qu’au mieux des incapables, au pire des monstres. Seulement, d’autres sources moins connues, ainsi que les recherches archéologiques, ont permis aux contemporains de largement nuancer ces affirmations. Tibère met en œuvre une politique économique qui renfloue les caisses de l’empire, et son expérience militaire lui permit d’éviter de coûteuses campagnes à l’issue incertaine, tout en réussissant à créer un ensemble d’états vassaux garantissant la sécurité des frontières. Aucune preuve concrète ne vient étayer les horreurs de Capri.

Caligula a sûrement été victime de son opposition frontale avec le sénat, et sa folie supposée ne serait qu’une calomnie post-mortem.

Claude, bien que boiteux et bègue, ça c’est vrai, était un administrateur avisé.

Néron enfin a également mené une politique de revalorisation monétaire fructueuse et organisé plusieurs campagnes militaires victorieuses. Quant à son implication dans l’incendie de Rome, on sait que l’empereur était absent de la capitale au moment de l’incendie, dans lequel il perdit également de nombreuses pièces de sa collection d’art alors qu’il y tenait beaucoup. Il ouvrit également les portes de son palais aux citoyens dont la demeure avait brûlé.

Alors, pourquoi autant de haine de la part de Suétone et Tacite ? Deux facteurs sont à prendre en compte. Tout d’abord, le goût prononcé de Suétone pour le scandale, un peu comme la presse people de notre époque. Mais surtout, les deux auteurs ont en commun d’appartenir à la classe sénatoriale. Or, si Auguste a ramené la paix, composé habilement avec les sénateurs et maintenu l’illusion de la puissance du Sénat, ses successeurs n’ont pas vraiment eu les mêmes bonnes relations. Par conséquent, “la Vie des Douze Césars” et “les Annales” ont une visée politique, celle d’affirmer la vertu et la position proéminente des sénateurs en détruisant la mémoire de ceux qu’ils considéraient comme ayant sapé l’autorité de ce qu’il restait d’institutions républicaines. En définitive, ces œuvres historiques sont bien entendu baignées d’idéologie, et il est nécessaire de croiser les sources afin de rétablir la vérité pour chaque protagoniste que nous avons abordé dans cet épisode. Une prudence qui est, soit dit en passant, toujours d’actualité…

Merci à tous d’avoir suivi cet épisode. Je compte sur vos partages, vos likes, vos commentaires si ça vous a plu. A la prochaine pour une nouvelle vidéo !

Pour aller plus loin

– Suétone, Vie des Douze Césars : https://amzn.to/2XfiwqZ

– Tacite, Annales : https://www.babelio.com/livres/Tacite-Annales/67442

– Marcel Le Glay, Yann le Bohec, Jean-Louis Voisin, Histoire Romaine, PUF, 1991, réédition en 2016 : https://amzn.to/2E0I1U8

– Régis Martin, Les Douze Césars: Du mythe à la réalité, Belles Lettres, 1991, réédité chez Perrin en 2007 : https://www.babelio.com/livres/Martin-Les-douze-Cesars–Du-mythe-a-la-realite/89684

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