Mourir de façon grandiose

Mes chers camarades bien le bonjour ! Vous êtes peut être, comme moi, un grand fan de cinéma. Et un des trucs que j’adore dans certains films d’aventure ou d’action, c’est le moment où un des protagonistes se sacrifie pour la cause sur une musique épique, filmé au ralenti, en jetant un dernier regard vers ses amis qui signifie “Souvenez vous de moi” ou “Je vous aime les potos” ou encore “on s’est bien marré”. Et bah aujourd’hui je vous propose de revenir ensemble sur 3 types qui ont décidé de partir en beauté : empereurs, pirates, chevaliers de la guerre de cent ans, des protagonistes aux morts résolument héroïques, qui feraient presque lâcher une larme à l’œil… presque !

Aristide Aubert du Petit-Thouars

On s’est déjà tous éclaté le doigt de pied sur une table basse, en se sentant bien nul d’avoir mal pour un truc pareil. Parce qu’à l’inverse, il y en a qui ne tiennent pas compte d’une jambe en moins, si ce n’est deux et d’un bras arraché. Enfin ils sont pas nombreux mais j’en connais deux des comme ça : le chevalier noir de Sacré Graal… et Aristide Aubert Du Petit Thouars.

Une origine aristocratique

Aristide Aubert Dupetit-Thouars-Antoine Maurin
Aristide Aubert Dupetit-Thouars-Antoine Maurin de son nom complet. ou quand ton courage te coute (entre autre) un bras.

La famille tourangelle Aubert Du Petit Thouars, anoblie en 1714, est une famille de militaires. C’est pourquoi, sur les quatre fils de Gilles-Louis-Antoine, capitaine au régiment de Rouergue, au moins deux sont envoyés au collège militaire de la Flèche, dans la Sarthe : Louis-Marie, né en 1758, qui deviendra un botaniste célèbre, et l’intrépide Aristide, né en 1760. Les deux jeunes garçons sont fascinés par les aventures de Robinson Crusoé, mais des deux, c’est Aristide le plus téméraire, qui rêve plus que tout de voguer au large sur les mers du monde.

Au point qu’il tente avec un camarade de fuguer à 9 ans pour s’embarquer comme mousse à Nantes… avant d’être ramené par la peau des fesses au collège. Mais l’envie de s’engager dans la marine est désormais bien ancrée dans la tête du jeune Aristide. Un peu trop, même, comme on le verra.

Mais pour le moment il va à l’École Militaire de Paris, un peu loin de la mer donc, et est destiné à l’infanterie. Il n’est clairement pas chaud mais puisque les réformes du moment ne prévoient pas de poste dans la marine… bah il finit dans le régiment du Poitou.

Yeah, trop le fun. Mais il n’a pas dit son dernier mot !

En 1776, le célèbre navigateur et explorateur James Cook annonce monter une troisième expédition. Aristide, 16 ans, se porte aussitôt volontaire… Mais pas de bol, il n’est pas sélectionné. Bon, il peut se consoler quelques années plus tard, sans doute, en apprenant que pendant ce voyage Cook fini tabassé à mort par une tribu hawaïenne.

N’empêche que pour l’instant l’Aristide, il est condamné à rester à terre. Cela dit, vu la mort qu’il se réserve, valait ptêt mieux la tribu hawaïenne.

Enfin de l’action !

Sa chance arrive enfin avec la Guerre d’Indépendance Américaine qui oppose dans un premier temps, à partir de 1775, les colons américains aux Britanniques. Et quand il s’agit d’emmerder les Anglais, personne, je dis bien personne, n’est plus fort que la France !

Dès 1778, la France du jeune Louis XVI s’engage donc au côté des colons pour lutter contre l’impérialisme britannique. Avec cette déclaration de guerre, Aristide, 18 ans, fonce à Rochefort où se trouve l’un des plus gros arsenaux de France, passe des examens et peut enfin embarquer sur un navire, le Fendant, comme apprenti officier. A bord de celui-ci, le jeune fougueux et imprudent tourangeau participe à de nombreux combats sur l’Atlantique, que ce soit en Bretagne, au Sénégal ou aux Antilles, où il fait ses armes, ne se ménageant jamais, et ce jusqu’en 1782.

On le voit ensuite arpenter la Méditerranée, la Manche, la mer de Marmara (entre l’Anatolie et les Balkans), afin de parfaire ses connaissances. On ne sait pas vraiment ce qu’il a fait aux débuts de la Révolution, mais étant noble et officier d’un côté, et ayant participé à la guerre d’indépendance américaine de l’autre, il passe entre les mailles du filet – au point qu’il est carrément promu lieutenant de vaisseau en 1792.

Je vous passe alors les détails de sa vie tumultueuse pour simplement vous résumer qu’il a quelques problèmes avec les révolutionnaires et qu’il décide de s’exiler pendant la Terreur. Il revient en 1795 et pour un ancien aristocrate, il est plutôt bien accueilli, puisqu’il est fait capitaine du Tonnant, un vaisseau de ligne de 80 canons. Et c’est à son bord qu’il va rentrer dans l’Histoire.

L’expédition d’Egypte

Début 1796, un jeune officier corse, le futur Napoléon Bonaparte, devient général en chef de l’armée de l’Intérieur, avant d’être mis à la tête d’une petite armée devant ouvrir un front de diversion face aux Autrichiens, en Italie : c’est le début de la célébrissime campagne d’Italie, où il dépasse clairement ses objectifs, bat les Autrichiens à plate couture cinq fois de suite en étant inférieur en nombre, et revient victorieux à Paris en 1797. Et ça, ça rend Napoléon très populaire. Trop même.

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Débarquement des troupes françaises en Egypte. Si sur terre ça va (au début) bien se passer, sur mer par contre…

Du coup, le Directoire, réunion de 5 directeurs qui dirigent désormais le gouvernement, décident de l’écarter un peu de la scène politique, acceptant son projet d’aller envahir l’Égypte pour emmerder les Anglais. Et c’est là que nous retrouvons notre fougueux passionné de la mer et de l’aventure, Aristide Aubert Du Petit-Thouars, qui participe, toujours à bord du Tonnant, à l’expédition de deux cents navires et 35.000 hommes qui quittent Toulon le 19 juin 1798.

Ces mouvements de troupes inquiètent sérieusement les Anglais, qui ne savent pas encore quel est le but du général corse.

Dans le doute, ils confient une petite flotte à un brillant et courageux contre-amiral, Horatio Nelson. Un gars qui a vu tant de chose qu’il lui manque un œil… Et un bras!

Bref, l’éclopé suit Bonaparte tant bien que mal en affrontant des tempêtes et continue à se diriger vers l’Est. Il conclut que le but de l’expédition française est l’Égypte. Croyant avoir du retard sur les Français, il fonce sur Alexandrie, qui en effet est l’objectif de Bonaparte, et le dépasse sans le savoir.

Nelson arrive à Alexandrie le 28 juin. Il ne voit pas la flotte française et vogue donc en direction le Nord, vers l’Anatolie, à la recherche de Napoléon. Celui ci arrive deux jours plus tard, le 1er juillet, à Alexandrie, où il s’empare de la ville le lendemain ! Balot !

Il envoie ses hommes à terre, mener la fameuse expédition d’Égypte, tandis que sa flotte, trop grande pour le port d’Alexandrie, va mouiller dans la baie d’Aboukir, plus à l’Ouest.

Quand il apprend la prise d’Alexandrie depuis la Grèce, Nelson doit se sentir un peu con. Y’a de quoi. Et le Nelson, il va mettre sa rage au service de la couronne !

Il revient illico à Alexandrie le 1er août : les 13 navires de ligne français, dont le Tonnant, n’y sont pas, mais ils les découvrent à Aboukir. Brueys, dirigeant la flotte française, n’a clairement pas fait du bon boulot : ses  navires sont mal armés et il n’a pas envoyé d’éclaireurs pour couvrir ses arrières. Il est donc surpris par l’arrivée soudaine de Nelson et ne s’avère pas être un fin stratège pour sortir de ce bourbier. Plutôt que d’aller affronter l’ennemi en haute mer, avec plus de mobilité, comme le conseille le bouillant Aristide, Brueys opte pour une ligne de combat unie, laissant des endroits vulnérables où les 13 navires de ligne de Nelson, suivis de 4 frégates, pourront passer. Pour couronner le tout, certains de ses capitaines n’ont pas suivi ses ordres, fragilisant encore sa stratégie, sans compter que le tiers des marins est à terre, en quête de provisions.

Comme vous vous en doutez, ça part mal donc.

Peinture le Tonnant
Le « Tonnant », représenté durant la bataille d’Aboukir sur une peinture datant du XIXe siècle.

La bataille commence à 18h20, quand deux navires français ouvrent le feu sur les britanniques… alors même que tous les capitaines français sont encore à bord du vaisseau-amiral, l’Orient ! Un engagement qui tourne vite au désastre pour la flotte française. Aristide et son équipage, eux, se battent comme des fauves. Ils endommagent  fortement un navire anglais, le HMS Majestic, puis en pousse un autre, le HMS Bellerophon, à se rendre. Avec l’arrivée des renforts britanniques, notre héros se retrouve pris entre deux feux. Sous les canons et la mitraille, il se fait écraser le pied et briser la jambe, voire les deux jambes et le bras, selon certaines sources.

Une simple égratignure pour Aristide qui suit tout de même les conseils de ses officiers et part à l’infirmerie… promettant de revenir vite.

Alors qu’il vient de se faire amputer, Aristide entend au loin l’explosion de l’Orient, le navire-amiral.

Et notre bonhomme, c’est pas le genre à se planquer quand la déroute est proche. Il ne laisse pas au chirurgien le temps de lui faire un pansement solide et repart tant bien que mal sur le pont, pissant le sang, installé sur un sac de céréales pour tenir « debout ». Pourtant, l’espoir de victoire est mince et le navire est à la dérive. Pour Aristide, c’est l’occasion de partir en beauté.

Lui et son second décident de se sacrifier en s’immobilisant sous le feu de deux navires anglais, pile dans l’axe pour protéger d’autres navires français : les mâts du Tonnant sont brisés, sauf celui du pavillon, qui tient comme il peut. Et alors que les Anglais, constatant partout ailleurs la défaite française imminente, lui demandent de se rendre, certifiant qu’il s’est plus que bien battu, Aristide montre son pavillon, qu’il a fait clouer au reste du mât. Refusant de baisser ses couleurs, il encourage son équipage à ne jamais se rendre, hurlant à plein poumon avant de tomber dans les pommes et de mourir. Son dernier ordre : lancer son corps à la mer pour éviter que les Anglais ne le prennent… La bataille est perdue, mais il rentre dans la légende

Enfin presque, parce que pendant les guerres napoléoniennes, y’en a plus d’un qui a l’occasion de prouver sa bravoure avant de crever, si bien qu’aujourd’hui bah…on l’avait un peu oublié le gus… Respect Aristide, nous on t’oublie pas !

Jean 1er de Bohême

Dans le genre mort épique, y’en a qui mettent toutes les chances de leur côté. D’abord, être un preux chevalier, ça c’est pas mal. Pendant la guerre de Cent Ans, c’est encore mieux, parce qu’il y a un paquet de gars qui passent l’arme à gauche. Et mieux que ça ? Être vieux et aveugle quand on charge l’ennemi sur son cheval. Pas mal non ? C’est l’incroyable histoire de Jean 1er de Bohême et vous allez voir, ça vaut le détour !

Petit retour sur la guerre de Cent Ans

Au début du XIVème siècle, la France est un « pays » prospère : le plus peuplé d’Europe, aux affaires assez florissantes, à la surface immense et à la puissance inégalée. Ses nobles y sont les plus redoutables combattants, élevés dans les codes de l’honneur et de la chevalerie. Habitués à se battre ensemble, à cheval, ils combattent leurs ennemis un par un, face à face, préférant les capturer pour ensuite les échanger contre rançon.

Carte (simplifiée) de la situation au début de la guerre de Cent Ans.
Carte (simplifiée) de la situation au début de la guerre de Cent Ans.

Un style de vie qui a ses avantages : ils se font pas mal d’argent et surtout, ils risquent moins de se faire tuer. Tout le monde est content ! Mais quand on cause combat militaire, on est plus sûr de l’exploit individuel que sur de la stratégie collective.

Malheureusement, cette période prospère ne va pas durer : on assiste à un refroidissement climatique qui affecte les cultures, et la croissance de la population menace de faire revenir la famine disparue depuis le XIIe siècle. Tout ça, plus une grande diversité de cultures, pour le plaisir culinaire des plus riches, crée une pénurie de produits de base, une baisse des prix, une baisse des revenus des nobles et donc une augmentation d’impôts – quelle que soit l’époque, ça ne fait jamais plaisir.

Les nobles comme le roi préfèreraient donc une bonne guerre, les premiers parce qu’ils savent que ça leur rapportera des rançons, ce qui, vu le coût d’entretien de base du chevalier, les arrangerait volontiers, le deuxième parce qu’en cas de guerre, il a le droit de lever des impôts exceptionnels. Donc l’idée en traverse quelques-uns.

Nos amis les Anglais, eux, ont un pays moins peuplé et moins riche. Côté militaire, ils ont progressivement abandonné la chevalerie féodale classique, trop onéreuse à entretenir, pour se tourner vers une modernisation de l’armée : avec une stratégie plus défensive, une conscription de soldats moins riches que des nobles, moins équipés mais plus efficaces à distance, comme les archers et les arbalétriers. On ajoute à ça une politique de chevauchée permettant d’aller piller les terres de l’ennemi loin et rapidement et enfin une cavalerie légère, tout aussi peu coûteuse, mais rapide et efficace. Certains disent d’ailleurs qu’ils ont piqué toutes ces techniques aux Écossais qui les ont utilisé contre les anglais, avec succès, lors de leur seconde guerre d’indépendance.

En plus de ça, le refroidissement climatique et l’essor de la population au détriment des surfaces agricoles vaut aussi pour eux, et a même des effets plus dévastateurs : ils sont obligés d’importer plus.

Typiquement, grand consommateurs de vin, bien plus potable que l’eau des puits, les chutes de température les empêche d’en produire dans le sud de l’île comme par le passé, et ils doivent donc en faire venir de la seule terre qu’il leur reste en France, le duché de Guyenne. Et là aussi, ils jalousent les Français, qui depuis près de deux siècles les ont dépouillés progressivement de leur grand empire Plantagenêt : la Normandie, le Poitou, le Limousin, l’Anjou, l’Aquitaine… ils ont tout perdu et il ne leur reste plus que ce mince duché de Guyenne sur la côte atlantique, et encore ! Le roi de France a autorité sur celui-ci, puisque le roi d’Angleterre doit lui rendre hommage en tant que duc.

Donc des deux côtés, si un prétexte pour se mettre sur la gueule passait par là… on serait pas contre. Or il s’avère que côté français, la succession fait des siennes.

Pour la faire courte, Philippe le Bel meurt en 1314 : pas grave, il a trois fils. L’aîné, Louis X le Hutin, monte sur le trône, et épouse en secondes noces Clémence de Hongrie – sa première femme, Marguerite de Navarre, ayant été répudiée pour cause d’infidélité.

Mais paf, Louis meurt en 1316. Pas grave ! Clémence est enceinte, et accouche bientôt du nouveau roi de France, Jean Ier… le Posthume, parce qu’il meurt quatre jours après.

Du coup, l’héritière du trône devient Jeanne de Navarre, première fille de Louis et de Marguerite, sauf que les nobles n’en veulent pas, de peur de voir débarquer un beau prince étranger un jour qui l’épousera histoire de devenir roi de France. Donc on la déclare bâtarde et on l’évince, ce qu’on justifiera trente ans plus tard par une loi prétendument très ancienne mais dans les faits flambant neuve, la loi salique : comme quoi la couronne ne peut se transmettre que par les mâles.

C’est donc le frère de Louis X, Philippe V le Long, qui monte sur le trône. Mais paf, en 1322, rebelote, il meurt sans enfant mâle, et c’est donc Charles IV, le Bel aussi, qui devient roi… pour mourir sans héritier, lui aussi, en 1328. On dirait presque que les types se sont passés le message… Une situation pas facile facile…

Les nobles se concertent pour trouver un substitut. Ils ont deux solutions, soit Édouard III, roi d’Angleterre, fils de la fille de Philippe le Bel, Isabelle de France ; soit Philippe de Valois, fils du frère de Philippe le Bel, Charles de Valois. On finit par choisir Philippe, qui devient Philippe VI, puisqu’il descend des Capétiens par les mâles, tandis qu’on se demande si Isabelle de France, elle, peut transmettre un droit à la couronne qu’elle-même ne peut pas exercer… en vrai, on veut surtout pas d’un roi étranger sur le trône, comme avec Jeanne de Navarre qu’on a vu tout à l’heure.

Édouard III l’a donc mauvaise, mais ne moufte pas, même quand il doit venir rendre hommage à Philippe VI pour son duché de Guyenne : c’est pas bon pour l’ego, Philippe abuse, mais c’est qu’un mauvais moment à passer. Sauf que Philippe va trop loin, et histoire d’emmerder son cousin… non seulement il soutient les nobles écossais rebelles à Édouard, mais en plus, il insiste bien sur le fait qu’en Guyenne, c’est lui qui a le dernier mot, ce qui a toujours gonflé les Anglais. Là, c’en est trop : Édouard a bon fond, mais faut pas déconner. Il ressort ses droits dynastiques, et la guerre éclate le 7 octobre 1337. Et en soi, même pas tellement pour récupérer le trône, juste pour qu’on arrête de l’emmerder avec la Guyenne !

Perde en supériorité numérique : mode d’emploi

Pendant plusieurs années, le conflit va donc se limiter aux périphéries des deux royaumes, Édouard alimentant le conflit de succession de Bretagne, et Philippe les révoltes écossaises. Mais dès 1339, Édouard lance des chevauchées éclair sur le sol français, en Normandie principalement,  avec une armée limitée mais entraînée, pillant et dévastant d’innombrables villes et villages à une vitesse fulgurante, au point que les Français ne peuvent que difficilement les rattraper et encore moins s’en protéger. Mais lors de la chevauchée anglaise de 1346, qui se rapproche dangereusement de Paris avant de se retirer vers le Nord dans l’espoir de prendre Calais ou Boulogne Philippe et son armée, bien plus nombreuse et équipée, parvient à rattraper celle d’Édouard près de Crécy le 26 août 1346.

Bataille_de_Crécy_26_août_1346
Plan de la bataille de Crécy, les Anglais défendant les hauteurs devant l’armée française désorganisée.

Sur les hauteurs, les 15 à 20.000 hommes d’Édouard attendent patiemment, tandis qu’en bas, les 50.000 de Philippe se bousculent un peu pêle-mêle après une longue journée de marche sous un soleil écrasant. Soudain, c’est l’orage : au premier rang de l’armée française, des arbalétriers génois qui, contrairement aux archers anglais, ne protègent pas leurs cordes de la pluie ; derrière eux, la chevalerie, piétinant d’impatience à l’idée d’en découdre et surtout de rafler des prisonniers rapportant des rançons ; et à l’arrière, des hommes à pied, épuisés par la marche.

Le combat, qui semblait incertain pour l’Anglais, risque de réserver des surprises aux Français.

Après l’orage, les arbalétriers tentent de tirer, mais leurs cordes mouillées sont trop tendues : leurs carreaux, mollassons, tombent à seulement quelques mètres tandis que les arcs bien protégés des Anglais, eux, font des ravages.

Édouard décide également d’utiliser les quelques bouches à feux, des canons, qu’il avait emportées pour intimider des villes à assiéger : elles ne font pas beaucoup de dégâts, mais c’est une nouveauté qui sème la panique par le boucan et les flammes qu’elles produisent, poussant les Génois à battre en retraite.

Gênés par ces piétons, la chevalerie, qui pour le moment se fait cribler de flèches, finit par massacrer ces mêmes Génois sur ordre du roi, histoire de pouvoir avancer. Et à l’arrière, un vieux chevalier d’une cinquantaine d’années, aveugle, tandis qu’on lui décrit la scène, déclare sobrement : « Pauvre commencement. »

Ce chevalier, c’est le fameux Jean Ier, roi de Bohème et comte de Luxembourg, né en 1296, descendant de Louis VI le Gros, donc lointain cousin du roi de France. Il est le modèle parfait du roi chevalier. En fait, il est même plus chevalier que roi : la Bohème, c’est pas lui qui l’administre, mais sa femme. Lui, il y fout jamais les pieds, si ce n’est pour ramasser un peu d’argent et partir financer de nouvelles expéditions militaires. Parce que pour ça il est très fort : cavalier accompli, guerrier émérite, bon stratège, il a combattu en France, en Lituanie, en Italie, en Allemagne, partout, et ce dès son plus jeune âge, traversant l’Europe à la recherche de la moindre bataille où faire étalage de son courage et de sa force.

Et en terme de chevalerie, la France, il y a pas mieux : c’en est donc un habitué. Mais voilà, en jouant à la croisade en Lituanie en 1336 pour convertir le pays au christianisme, il chope une ophtalmie, rate l’opération, et devient aveugle… C’est pas over pratique pour combattre. Mais ça ne l’arrête pas pour autant, puisqu’on le retrouve à Crécy, à 50 ans, en armure, sur son cheval, enchaîné à deux autres chevaliers afin d’être guidé malgré sa cécité, demandant expressément à être mis en première ligne, entouré de ses hommes.

Jean Ier, aveugle mais chargeant quand même. Le panache médiéval.
Jean Ier, aveugle mais chargeant quand même. Le panache médiéval.

Il entame ainsi la charge chaotique des chevaliers français qui veulent à tout prix montrer à la piétaille ce que c’est de se battre avec honneur et bravoure. Seul avantage, là où tous sont aveuglés par le soleil que les Anglais, eux, ont dans le dos… lui n’y voit déjà plus rien. Oui bon…j’essaye d’y voir un peu de positif hein, faut savoir se contenter de peu.

La fine fleur de la chevalerie charge donc, mais ne parvient pas, dans la mêlée, à passer les archers anglais bien resserrés à l’abri des haies qui abattent les chevaux sous les déluges de flèches. Et là où les Français rêvent de faire des prisonniers, les Anglais s’en foutent totalement : ils sont loin de leurs bases, et rompre les rangs pour aller aider un chevalier à se relever, c’est risquer de s’en prendre une. On massacre donc à tout va, jusqu’à la nuit tombée : plus personne ne voit où il tire ni où il frappe, ce qui est particulièrement vrai pour le vieux Jean qui abat de ses coups d’épée autant d’amis que d’ennemis.

On imagine alors les deux gars qui l’aide à piloter son cheval en train de gueuler “À droite Jean bordel, mais non, l’autre droite…”

Bref, c’est là qu’il mourra, entouré de cadavres qu’il a abattus, criblé de blessures, figurant sur la longue liste des victimes de cette pitoyable journée qui aurait pu se passer bien autrement si Philippe, qui lui a lâchement fui, avait été un peu plus stratège. Au moins le vieux Jean, du même âge que le roi de France, n’a pas fui, lui, et a une vraie mort chevaleresque… ce qui, vous l’avez compris, n’est pas incompatible avec une mort stupide.

Barbe Noire

Un des meilleurs moyen pour que vous passiez à la postérité après votre mort, c’est de vous forger vous même une légende terrifiante, qui se transmettra de génération en génération. Bon, le soucis c’est que ça risque aussi de vous conduire à une fin brutale. Mais comme on dit, on a rien sans rien.

Et c’est typiquement ce qui est arrivé à Edward Thatch. Ou Teach. Ça vous dit rien ? Logique, puisque c’est sans doute un nom d’emprunt. En revanche, il est plus connu pour un fameux attribut physique qui lui a donné son nom – attribut que je peux me vanter de partager un peu avec lui… vous avez vraiment l’esprit tordu. Je parle de Barbe-Noire, que vous connaissez forcément au moins de nom. Mais je vous le dis tout de suite, oubliez Pirates des Caraïbes, Black Sails ou même Assassin’s Creed : ce sera moins sanglant, un peu plus vénal, mais la fin est tout aussi savoureuse.

C’est une bonne situation ça, marin ?

Nous sommes au début du XVIIIème siècle, âge d’or du capitalisme et du commerce triangulaire. Jamais il ne s’est fait autant de profit, jamais il n’y eut tant d’écart entre les simples marins ou paysans et les riches propriétaires et marchands. Beaucoup de paysans ruinés et dépouillés de leurs terres par leurs créanciers ou leurs seigneurs, devant une vie de plus en plus dure et chère, s’embarquent comme marins dans la marine royale ou marchande, faute de mieux, pour y travailler dans des conditions épouvantables, et pour un salaire peu reluisant.

Tu prends des types désespérés, qui deviennent finalement encore plus désespérés et le résultat c’est que ça donne c’est des méga désespérés qui rêvent d’un monde meilleur et d’une existence plus douce : certains murmurent les mots « mutinerie » et « piraterie », mais peu franchissent le pas pour le moment. Les représailles, même si elles ne sont pas encore à leur apogée, sont déjà violentes. Beaucoup, dans la marine royale britannique notamment, se contentent donc de leur situation. Et celle-ci, heureusement, va légèrement s’améliorer. Enfin, faut voir dans quelle mesure et ce que ça va coûter. Parce que vous le savez bien, ce qu’on nous prend d’un côté, on nous le reprend de l’autre.

La guerre de Succession d’Espagne explose en 1701, opposant la plupart des monarques européens, comme la France, l’Espagne, le Saint-Empire, l’Autriche, la Grande Bretagne, et d’autres. Et cette guerre se fait aussi en mer, surtout à une période où l’on tire beaucoup de ressources et de richesses des colonies et du commerce extérieur.  Les marins deviennent alors indispensables : on en engage beaucoup, on améliore un peu leurs conditions de vie, comme le salaire, la nourriture, bref, on les chouchoute. S’accommodant du coup fort bien de ce retournement de situation, beaucoup y voient l’occasion d’entamer une carrière de corsaire, c’est à dire de marin sur un navire qui a le droit de taper, au nom d’une couronne, sur ses ennemis.

Une vocation hautement encouragée par les pouvoirs en place donc qui y voient une merveilleuse main d’œuvre à bas prix pour aller emmerder le voisin. Mais toutes les « bonnes choses » ont une fin.

Ainsi, en 1713, les deux traités d’Utrecht mettent fin à cette guerre, et si beaucoup s’en réjouissent, notamment les propriétaires et les marchands, les marins et les corsaires, eux, le voient d’un mauvais œil. Et ils ont de quoi : pour eux, les conséquences sont dramatiques. Leurs salaires baissent, parfois de moitié, leurs portions de nourriture aussi, on les maltraite plus qu’avant puisqu’on a moins besoin de leur aide, et leurs effectifs en prennent aussi un sacré coup.

Dites-vous qu’en 1712, il y avait 49 860 marins dans la Royal Navy, 2 ans plus tard, en 1714, ils ne sont que 13047, presque trois fois moins.

Autant vous dire que tous trouvaient la guerre plus confortable et plus douce. Et puisque la plupart d’entre eux n’ont connu que celle-ci la majeure partie de leur vie, ils sont bien décidés à la continuer. Après tout, comme certains le disent, cette paix n’est pas valable puisqu’on ne leur a pas demandé leur avis !

De corsaires à pirates

Dans un premier temps, on se retrouve donc avec des corsaires au « chômage forcé » qui continuent à attaquer malgré la paix leurs anciens ennemis, mais attention : ils n’attaquent jamais le pays pour lequel ils se battaient. Ils se disent encore corsaires, pas pirates. Ils ont des principes, quand même !

Et c’est dans cette période qu’on entend pour la première fois parler d’Ed Thatch. Comme beaucoup de pirates, on sait peu de choses de lui avant ses éclats en tant que forban. Certains disent qu’il est né à Bristol, d’autres en Caroline du Sud, voire éventuellement en Jamaïque, vers 1680.

Peut-être même d’une famille un peu aisée, d’ailleurs, vu qu’il savait lire et écrire – ce qui était pas des plus courants à l’époque.

Arrivé dans les Caraïbes à la fin du XVIIème, il s’est fait corsaire pendant la guerre de Succession d’Espagne, où il semble déjà faire ses preuves, avant, comme tant d’autres, de refuser d’entrer dans la Navy ou la marine marchande pour un salaire de misère. C’est donc là qu’il se fait pirate.

Représentation sommaire du navire de Barbe Noire. On notera le pavillon à tête de mort, symbole pirate qui pourtant n'était pas celui de Barbe Noire.
Représentation sommaire du navire de Barbe Noire. On notera le pavillon à tête de mort, symbole pirate qui pourtant n’était pas celui de Barbe Noire.

Et au début du XVIIIe siècle, il n’y a pas meilleur endroit pour un pirate que l’île de New Providence, aux Bahamas, avec sa capitale Nassau, dont on dit qu’elle compte jusqu’à 800 forbans. Thatch rejoint donc l’île peu après 1713, et en 1716, fait la connaissance de Benjamin Hornigold, pirate déjà renommé, qui le prend à son bord et dont il devient vite le second. Ensemble, ils écument les mers, et Hornigold lui confie rapidement un sloop, c’est à dire un petit navire, à bord duquel il se fait remarquer. Peu après, ils capturent ensemble en novembre 1716 la Concorde, un gros navire négrier dont Thatch est fait capitaine : l’énorme vaisseau, le plus grand de toute la flottille pirate, est renommé le Queen Ann’s Revenge, et à ses 20 canons, on en rajoute 20 autres, ce qui lui procure une incroyable puissance de feu pour un navire pirate, que les Anglais ne parviennent pas à arrêter.

C’est à cette même période que Thatch quitte Hornigold, jugé pas assez pirate par son équipage puisqu’il refuse d’attaquer les navires britanniques pleins de richesses, sous prétexte qu’il est lui-même britannique. D’ailleurs, Hornigold, pour l’anecdote, acceptera une grâce royale et se mettra même à chasser les pirates par la suite… Un vrai social traitre.

Thatch se trouve un autre partenaire, avec qui il capturera près de 18 navires : Stede Bonnet, qu’on surnomme “le gentleman”. C’est aussi dans ces eaux-là qu’il commence à cultiver son apparence : Thatch n’est, d’après les sources qu’on en a, pas très porté sur la violence, en tout cas on sait qu’il maltraitait pas ses prisonniers par exemple. Mais ça ne l’empêche pas de le laisser supposer afin de persuader l’ennemi de se rendre sans combattre, comme beaucoup de pirates le préféraient.

Déjà très grand et large d’épaules, avec une barbe longue et hirsute qui monte jusque sous ses yeux, il l’entortille de rubans et de mèches qu’il allume parfois, se coiffe d’un grand chapeau noir sous lequel il met des allumettes enflammées, porte de grandes bottes montant jusqu’aux genoux et un grand manteau, souvent rouge.

Le véritable pavillon de Barbe Noire : un squelette, une lance, un coeut et un sablier (ou un verre, selon les versions !).
Le véritable pavillon de Barbe Noire : un squelette, une lance, un coeut et un sablier (ou un verre, selon les versions !).

On commence ainsi à l’appeler Barbe-Noire. Et sa réputation le précède de plus en plus, lui prêtant des atrocités qu’il n’a sans doute jamais commises, et comme prévu, avec tout cet attirail, beaucoup de ses proies se rendent sans combattre. Comme quoi tout est dans la mise en scène !

Il écumera ainsi les mers, réunissant une forte flottille avec laquelle notamment il assiège en mai 1718 Charleston, à l’époque Charles Town, pour obtenir entre autres des médicaments et ainsi guérir son équipage – et éventuellement d’autres forbans, selon certaines sources. On lui donnerait presque le bon dieu en confession à ce garçon.

Une « paisible » retraite

Bref, à l’apogée de sa puissance, il finit par faire échouer la Queen Ann’s Revenge sur un banc de sable, volontairement semble-t-il, car tout comme certains membres d’équipage qu’il abandonne sur de petites îles, elle est devenue un peu trop encombrante pour quelqu’un souhaitant faire profil bas. Car oui,  il y a un moment où notre célèbre pirate se range et accepte le pardon royal.

C’est pas bon pour la légende, c’est sûr… Mais ça a pas duré longtemps, rassurez-vous ! Et puis bon, moins on est nombreux… plus les parts sont juteuses. Eh, je vous avais dit que ça allait être vénal !

Portrait datant du XVIIIe siècle de Barbe Noire.
Portrait datant du XVIIIe siècle de Barbe Noire.

Il reprend donc bien vite ses activités, avec un plus petit équipage, mais cette fois-ci plus ou moins légalement. Charles Eden, le gouverneur de la Caroline du Nord, région moins riche que ses voisines de la Caroline du Sud ou de la Virginie, est moins regardant sur la provenance des marchandises et n’hésite pas à faire affaires avec les pirates. Thatch fait son petit bonhomme de chemin, conduisant ses expéditions depuis la petite île d’Ocracoke, épousant même la fille d’un planteur, qui avait 16 ans, soit 20 ans de moins que lui.

On a du mal à imaginer comment pépère Barbe Noire peut alors s’offrir une mort épique.

Rassurez-vous, ses exactions, couvertes par le gouverneur et le juge de Caroline du Nord, sont trop dérangeantes.

Certains colons vont directement se plaindre au gouverneur de Virginie Alexander Spotswood, qui entend bien mettre un terme à tout ça. Il va donc profiter du passage de deux frégates, le Lyme et le Pearl, pour en prendre les meilleurs hommes, avec à leur tête le lieutenant Maynard, et les envoyer capturer ou tuer les forbans à Ocracoke : ce qui dépasse totalement sa juridiction, puisqu’il n’en est pas gouverneur mais ça ne l’arrête pas !

Devant cette nouvelle menace, Barbe-Noire ne semble pas s’inquiéter, faisant toujours la fête sur la plage d’Ocracoke avec son équipage assez réduit, ne cherchant même pas à s’enfuir. Mais le 21 novembre 1718 au matin, ils sont surpris par les deux petits sloops confiés à Maynard, sur lequel ils ouvrent le feu : une bordée est tout particulièrement meurtrière puisque Maynard y perd apparemment une vingtaine d’hommes, soit le tiers de ses effectifs. Mais malgré ça, Thatch, lui, n’en a avec lui qu’une vingtaine, vingt-cinq tout au plus. L’abordage, inévitable puisque Maynard rattrape le pirate, sera donc sanglant.

Barbe-Noire, à bord de son navire, l’Adventure, préfère prendre les devants et aborde le sloop de Maynard, jetant au préalable des grenades et s’y précipitant avec ses derniers fidèles. Mais arrivé à bord, d’autres hommes surgissent de la cale et encerclent les pirates. Tombés dans leur piège, voyant venir la fin, tous se battent comme des lions, Thatch le premier, sa barbe et son chapeau fumant grâce aux allumettes et aux mèches qu’il y dissimule, tirant des nombreux pistolets qu’il porte avec lui au combat, sabrant et poignardant à tour de bras, brisant même le sabre de Maynard de son poignard.

Blessé de nombreuses fois, il ne semble pas s’affaiblir pour autant, jurant comme un démon, jusqu’à ce qu’un sabre lui perce la gorge. Il se bat alors encore un peu, mais assailli de toute part, il s’effondre enfin.

Maynard le fait décapiter pour suspendre sa tête au beaupré de son navire, mais avant de jeter le corps du satané pirate à la mer, il constate les blessures : le terrible Barbe-Noire aura reçu 5 balles, et entre 20 et 30 coupures plus ou moins graves.

Une sorte de Chuck Norris de l’époque quoi. Sauf que Chuck lui, il mourra jamais.

Et voilà les amis, c’est la fin de cet épisode, ça change un peu des morts à la con même si parfois, on flirte avec la limite entre épique et absurde. Quoi qu’il en soit, j’ai encore de quoi faire au moins un épisode mais si vous avez des suggestions, mettez les en commentaire et je verrai ce que je peux faire !

Pour aller plus loin

Aristide Aubert du Petit Thouars

– Adventures and Misadventures : The Bizarre Story of the Dupetit-Thouars Brothers : https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-94-017-0187-7_6

– Éloge historique d’Aubert du Petit-Thouars : https://www.academie-sciences.fr/pdf/eloges/dupetitthouard_vol3235.pdf

– Dupetit-Thouars à Aboukir : https://www.jstor.org/stable/44852036?seq=1#page_scan_tab_contents

– Aristide Aubert du Petit Thouars, héros d’Aboukir : https://www.jstor.org/stable/pdf/20525914.pdf?seq=1#page_scan_tab_contents

– Article généraliste : https://fr.wikipedia.org/wiki/Aristide_Aubert_du_Petit-Thouars#L’exp%C3%A9dition_d%E2%80%99%C3%89gypte_et_la_bataille_d’Aboukir

– Tout plein d’infos sur les écrits d’Aristide : https://data.bnf.fr/fr/12156136/aristide_dupetit-thouars/

– « Napoléon », Jean Tulard

– « Révolution, Consulat, Empire », de Michel Biard, Philippe Bourdin et Silvia Marzagalli

– « Histoire de la France, de 1348 à 1852″, sous la direction de Georges Duby

Jean de Bohême

– « Histoire de l’Allemagne, de la Germanie à nos jours », Henry Bogdan

– « Histoire des Tchèques et des Slovaques », Antoine Marès

– « La Guerre de Cent Ans », Jean Favier

– « Le Temps de la Guerre de Cent Ans, 1328-1453″, Boris Bove

– « Histoire de la France, des origines à 1348″, sous la direction de Georges Duby

Barbe noire

– « Dictionnaire des corsaires et pirates », Gilbert Buti et Philippe Hrodej

– « Histoire des pirates et corsaires », Gilbert Buti et Philippe Hrodej

– « Une histoire des pirates », Jean-Pierre Moreau

– « Histoire générale des plus fameux pirates », Charles Johnson

– « Pirates de tous les pays », Marcus Rediker

– « Les Hors-la-loi de l’Atlantique », de Marcus Rediker

– « L’Hydre à Mille Têtes », de Marcus Rediker et Peter Linebaugh

– « Les Forçats de la mer », Marcus Rediker

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