L’incroyable assaut de la résistance

Mes chers camarades bien le bonjour ! Il y a certaines batailles qui sont totalement tombés dans l’oubli…et pourtant, elles n’en valent pas moins leur pesant de cacahuètes ! Dans cet épisode, nous allons nous intéresser à une des rares batailles rangées entre maquisard, c’est à dire résistants, et troupes allemandes : la bataille du Mont-Gargan.

Georges Guingouin et le maquis de Haute-Vienne

Bah oui, parce que quand on parle résistant, on pense souvent à un type planqué qui fait des actions sournoises, faisant tout pour ne pas combattre au grand jour parce qu’au fond il n’en a pas vraiment les moyens. Et pourtant ,c’est une image qui est relativement fausse, la preuve on va le voir, ils sont capables de mener des batailles rangés, même si c’est rare.

En tout cas pendant la seconde guerre mondiale, la situation du Limousin et de son maquis, de sa résistance quoi, est un peu particulière, et ce à plusieurs titres.

La région, en dehors de quelques villes, Limoges, Brive et Tulle principalement, est très largement rurale, composé de bourgs de quelques centaines d’habitants, dispersés dans un terrain très vallonné et couvert en grande partie de forêts.

Divisions administratives sous la France de Vichy, avec la grande "Région 5" qui nous préoccupe ici.
Divisions administratives sous la France de Vichy, avec la grande « Région 5″ qui nous préoccupe ici.

Et si, à première vue, le Limousin n’a que peu d’intérêt stratégique, il est pourtant traversé par la RN20, qui rallie Toulouse à Paris. Un axe routier qui, au moment du débarquement, le 6 juin 1944, devient soudainement de la plus grande importance, puisqu’il permet aux troupes allemandes de rallier au plus vite la Normandie et les combats dans la partie nord de la France. Lorsque le régime de Vichy réorganise les régions française, la région Limousin est agrandie, pour comprendre, en plus de la Haute-Vienne, de la Corrèze et de la Creuse, la Dordogne, L’Indre, et des parties de la Charente, de la Vienne, de l’Indre-et-Loire, du Loir-et-Cher et du Cher.

Un territoire très vaste, dont la préfecture est installée à Limoges. Après l’invasion de la zone libre en 1942, les autorités allemandes négligent cette région, n’y installant en garnison qu’un millier d’hommes, contant sur la milice de Vichy pour tenir cette zone a priori sans grande importance. Militairement parlant, la région est donc très mal défendue

Deuxième élément d’importance, le Limousin est, depuis le début du XXème siècle, profondément ancré à gauche. Communistes, socialistes voire radicaux de gauche, dominent la vie politique. La région est donc, dès son instauration, profondément hostile au régime de Vichy, qui incarne pour elle toutes les valeurs réactionnaires. D’ailleurs, avant même l’armistice du 22 juin 1940, Edmond Michelet, un des futurs chefs de la résistance du coin qui deviendra ministre par la suite, fait circuler à Brive des tracts contre la capitulation et appelant à continuer le combat, sous n’importe quelle forme.

C’est ce terreau fertile qui permet l’émergence d’un des premiers maquis de France, dès 1941.

Photo prise en 1953 du maire de Limoges, ancien résistant, Georges Guingouin.
Photo prise en 1953 du maire de Limoges, ancien résistant, Georges Guingouin.

Deux organisations résistantes sont présentes dans la région : l’Armée Secrète, principalement en Corrèze, et les FTP, Franc-Tireurs et Partisans. Ces derniers sont une création directe du Parti Communiste français, mis en place fin 1941 après la rupture du pacte germano-soviétique. Mais la résistance s’organise bien plus tôt en Limousin, notamment autour de la figure de Georges Guingouin.

Instituteur, membre du PCF, Guingouin diffuse dès août 1940 un appel à la résistance. Menacé d’arrestation, il prend le maquis dès février 1941, se déplaçant constamment dans les bourgs alentours.

Diffusant tout d’abord des tracts et journaux clandestins, il oriente assez vite son action vers la lutte armée, en commençant par voler, avant leur mise en circulation, des tickets de rationnement, ainsi que le tampon officiel permettant d’en produire des faux à volonté.

Durant le reste de la guerre, celui que l’on surnomme « le préfet du maquis » se concentre sur sa tâche : empêcher les forces de Vichy de prendre réellement le contrôle de la campagne limousine. En particulier, il organise le sabotage systématique des véhicules servant à réquisitionner les denrées alimentaires, et fixe le prix du blé pour éviter le marché noir.

Ce à quoi s’ajoute la destruction de lignes ferroviaires et d’usines servant à l’effort de guerre. Très vite, il gagne également le surnom de « Lo Grand » (prononcé Lou Grand en occitan), le grand.

L’action des FTP de Guingouin fait de la campagne limousine une zone sur laquelle les allemands n’auront jamais le contrôle, mais met également Guingouin et ses hommes dans une position délicate avec le PCF…Et oui, le parti souhaite surtout que les actions de résistance se concentrent uniquement sur les villes alors forcément, ça créé des tensions… Il est malgré tout fait colonel lors de la création des Forces Françaises de l’Intérieur, FFI, en 1943.

La situation à l’été 1944 et l’offensive sur le Mont-Gargan

Parcours de la Das Reich
Parcours emprunté par la division SS Das Reich, semé de massacres.

Le 6 juin 1944, le débarquement alliée en Normandie est un coup de pied dans la fourmilière allemande du sud de la France. Les maquisards du Limousin reçoivent l’ordre de freiner la progression des forces allemandes remontant vers le front, au nord du pays. Plusieurs ponts sont ainsi détruits. La division SS « das Reich » est harcelé par les résistants lors de sa traversée de la région. En représailles, celle-ci massacre les habitants du village d’Oradour-sur-Glane, le 10 juin. 642 habitants sont exécutés par les allemands, le plus important massacre de civils en France pendant la guerre. Mais cela ne ralentit pourtant pas les actions des maquisards.

Début Juillet 1944, la brigade allemande « Jesser » est envoyé pacifier la région. Forte de 2 500 hommes, elle reçoit le renfort de quelques unités allemandes et des miliciens locaux, soit 5 000 hommes au total. Les FTP de Guingouin ont installé leur poste de commandement à Sussac, au pied du Mont-Gargan.

À Proximité se trouve également Saint-Gilles-les-Forêts, où habitait Guingouin avant la guerre, qui est devenu une planque pour les résistants. L’objectif est donc de porter un coup fatal à la résistance en prenant ce secteur des plus important.

Les 11 et 12 juillet, l’aviation allemande bombarde Sussac, provoquant de nombreux dégâts. Au matin du 14 juillet, les troupes allemandes commencent leur avancée. C’est également ce 14 juillet que les américains parachutent près de Sussac 490 containers, contenant des armes automatiques, des munitions, du matériel médical et autres équipements de toute sorte.

Pour les FTP, il est impensable que les allemands mettent la main sur ce parachutage. Guingouin est prévenu de l’arrivée de la colonne Jesser, il donne l’ordre de défendre les positions, afin d’évacuer le matériel. Pour freiner les allemands, le pont sur lequel passe la voie ferré arrivant au Mont-Gargan est détruit le 15 juillet.

Les allemands arrivent le lendemain, et entament une manœuvre de prise en tenaille des positions des maquisards. L’offensive démarre le 17 juillet. Une colonne allemande marchant sur Sussac est mitraillé en chemin, et subit de lourdes pertes : les résistants, à l’aide d’une automitrailleuse capturée aux allemands, en profitent pour lancer une contre-attaque sur les positions ennemies. Les forces allemandes sont stoppées. Du 18 au 20 juillet, les résistants tiennent leurs positions devant l’assaut frontal allemand. Ils sont cependant forcés de reculer, et se réfugie vers les hauteurs du Mont-Gargan.

La colonne Jesser entre dans Sussac le 20 juillet, après 4 jours de combats, le bourg est vide de ses habitants, partis à la hâte par peur d’un nouveau massacre. Le matériel parachuté a été évacué.

Alors oui, la colonne Jesser occupe le poste de commandement des FTP. Mais son avancée a renversé la situation d’encerclement, et ses arrières ne sont plus sous contrôle. Les résistants se déplacent librement autour de Sussac. Les 21 et 22 juillets, les forces allemandes tentent de ratisser les environs, mais se heurtent aux résistants. Le 23 juillet, les troupes allemandes se rendent à l’évidence : il leur est impossible de prendre le contrôle de la zone. Après une dernière poussée en direction du nord-est et du village d’Eymoutiers, la colonne Jesser quitte la région vers le Nord le 24 juillet.

Elle est harcelée par les résistants durant tout son trajet hors de la région. Les maquisards, malgré la perte de Sussac, ont tenu tête pendant 6 jours aux forces allemandes et évacué le matériel militaire avant de se disperser. Le bilan humains est largement en leur faveur : 38 morts, 5 disparus et 54 blessés côté FTP, 342 morts ou blessés côtés allemands. Les résistants ont gagné la bataille. La région est petit à petit libérée par les maquisards, jusqu’à Limoges, dont Guingouin obtient la reddition le 21 août.

Sans la victoire du Mont-Gargan, il n’est pas sûr que la garnison de la ville se soit rendu aussi facilement…

Conclusion

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Bibliographie

 

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