La France combattante durant la Seconde Guerre Mondiale – L’ordre de la libération

Mes chers camarades, bien le bonjour !

On dit souvent que l’armée française a plié devant les forces allemandes en 1940, mais si c’était le cas de la plus grosse partie des effectifs, certains ont refusé de se rendre en rejoignant ce que l’on appelle les FFL : les Forces Françaises Libres ! D’autres soldats de l’ombre, simples civils, ont opté pour la résistance, et on mit leur vie en danger jusqu’à la libération. Certains de ces combattants de la première heure ont été récompensé, pour leur parcours exceptionnel et leur engagement, par la croix de la libération. Et ça tombe bien, je suis pile dans l’endroit qu’il faut pour vous en parler !

Un musée unique

Nous sommes en effet au cœur du Musée de l’Ordre de la Libération pour le premier épisode d’une série de vidéos qui seront consacrées, vous l’aurez deviné, à cet ordre et à ses membres que l’on appelle les compagnons de la libération. Mais vous allez me dire, c’est quoi l’ordre de la libération ? Un truc créé après la libération de la France et le boutage des Allemands hors du territoire ? Pas vraiment, c’est même tout l’inverse !.

En effet, l’Ordre de la Libération a été créé le 16 novembre 1940, soit au début de l’occupation ! Comment et pourquoi ? Faisons un bref retour en arrière.

Le 1er septembre 1939, la Seconde Guerre mondiale démarre lorsque l’Allemagne envahit la Pologne. Unie à celle-ci par des traités, la France et le Royaume-Uni déclarent en retour la guerre à l’Allemagne le 3 septembre. Mais sans qu’aucun camp ne lance véritablement d’offensive vers l’autre : c’est la “drôle de guerre”, durant laquelle les belligérants se font face sans opérations majeures, alors que la Pologne, elle, tombe.

C’est dans ce contexte qu’intervient un officier vétéran de la Première Guerre mondiale passionné de stratégie et de politique : un certain Charles de Gaulle. A cette époque, il n’est pas encore général mais colonel au 507e régiment de chars de combat. Et il tente autant que possible de convaincre le monde politique que la guerre moderne doit passer par l’utilisation de grandes unités blindées. Une théorie qu’il défend depuis longtemps, et que les Allemands ont eux, mise en application avec… les conséquences que l’on sait.

Et pourtant ! Lorsque les chars ennemis vont rentrer en France, De Gaulle, utilisant ses propres chars selon ses principes, remporte plusieurs victoires contre l’ennemi. Et pour ça, il est promu au grade de général.

Le 5 juin 1940, de Gaulle est appelé à Paris par Paul Reynaud, Président du conseil, qui lui confie le poste de sous-secrétaire d’état à la Guerre. 11 jours plus tard, Paul Reynaud démissionne et est remplacé par le Maréchal Pétain. De Gaulle, comprenant que le gouvernement français compte cesser le combat, décide de partir pour l’Angleterre continuer la guerre. Et le 18 juin 1940, lance son célèbre appel radiophonique, dont la conclusion est la suivante :

Moi, Général De Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, à se mettre en rapport avec moi. Quoiqu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas !

Un moyen simple de se souvenir de cette date du 18 juin, c’est mon anniversaire. Voilà pour la petite astuce !

L’Ordre de la Libération

A travers le discours de De Gaulle, c’est la France Libre qui vient de naître, et la route va être longue ! Très longue. Car il lui faut libérer non seulement la France, mais aussi convaincre les colonies françaises de reprendre la guerre. Une mission ambitieuse, qui mérite que ceux qui y participent soient distingués et encouragés : le Général de Gaulle décide donc de créer, en 1940, l’Ordre de la Libération, qui met en avant ceux qui se battent pour la reconquête du territoire national.

Pour vous situer, l’Ordre de la Libération, c’est le deuxième Ordre national français, juste après la Légion d’Honneur, et contrairement à cette dernière, il ne comporte qu’un seul rang. Ici, pas de chevalier ou de commandeur : on est Compagnon de la Libération, point. C’est pourquoi il n’y a qu’une seule décoration pour tout le monde, tous logés à la même enseigne !

Avers de la médaille de l'Ordre de la Libération.
Avers de la médaille de l’Ordre de la Libération.

Vous noterez que la symbolique de la médaille parle d’elle-même : la croix de Lorraine de la France libre, alliée au glaive du combat. Quant aux couleurs, elles sont simples : le noir pour le deuil de la France, le vert pour l’espoir de la libérer. D’où le vert qui l’emporte sur le noir, parce qu’on à l’espérance, à cette époque, de contrer la menace et de libérer le pays !

Au dos de la médaille, la devise de l’ordre est en latin : Patriam servando, victoriam tulit. Alors même si j’ai fais option latin en 5ème je me suis fais aider pour la traduction, ce qui nous donne : “En servant la Patrie, il a remporté la Victoire”.

Ils ne sont que 1 038 à avoir décroché cette croix. Mais 5 communes et 18 unités combattantes ont aussi obtenu cette précieuse décoration. Et durant cette série de vidéos, je vais avoir l’occasion de vous parler de quelques-uns des détenteurs de cette médaille. Des hommes, comme le général Leclerc ou Philippe Kieffer qui fonda le commando du même nom, des femmes, comme Berty Albrecht, qui non seulement résista, mais créa un service social pour venir à l’aide des familles de ses camarades, ou Laure Diebold, qui fut l’une des ombres de Jean Moulin, et même d’un sous-marin, le Rubis.

Oui, vous l’avez compris, on va être surtout sur de l’Histoire guerrière dans cette série. On est pas là pour enfiler des perles et ça nous donnera l’occasion d’aborder diverses thématiques très intéressantes et parfois méconnues.

Le musée se tient depuis 1970 dans un lieu prestigieux : l'Hôtel des Invalides.
Le musée se tient depuis 1970 dans un lieu prestigieux : l’Hôtel des Invalides.

Allez tient, je vais vous donner un avant goût du programme et on va aller ensemble se balader dans ce Musée de l’Ordre de la Libération, hébergé depuis 1970 au sein même de l’Hôtel des Invalides, à Paris. Ce Musée est d’ailleurs conçu pour mettre en avant les différents aspects de la France Libre et de la Résistance.

Tout d’abord, on retrouve bien évidemment une collection d’objets dédiés à la France Libre, c’est-à-dire à l’ensemble de celles et ceux qui ont quitté la France pour mieux partir à sa reconquête. L’occasion de découvrir les unités françaises libres, qu’elles soient terrestres comme la 2e Division Blindée de Leclerc qui combattit de l’Afrique du Nord jusqu’à Paris avant de libérer Strasbourg, ou navales, comme le 1er bataillon de Fusiliers marins commando qui fut la première unité à mettre le pied en France le 6 juin 1944. Et cette France Libre, on peut la suivre de ses débuts, avec ces quelques centaines de volontaires qui ont gagné l’Angleterre, jusqu’à la phase finale de la guerre, où ils sont des dizaines de milliers à œuvrer, depuis les territoires libérés ou ralliés, à la libération du pays. L’occasion de découvrir aussi les aviateurs Français de l’unité Normandie, qui partirent se battre en URSS et sont encore aujourd’hui l’un des symboles de l’amitié franco-russe, ou comment des Tahitiens se sont retrouvés au fin fond du désert Libyen, à retenir le célèbre général Rommel. Une salle entière est bien sûr dédiée au fondateur de l’Ordre et chef de la France libre, Charles de Gaulle, où l’on peut retrouver les manuscrits de certains textes devenus mondialement célèbres par la suite.

Mais la Libération, c’est aussi celle qui s’est faite de l’intérieur. Car une minorité de femmes et d’hommes va, vous le savez, refuser le nouveau régime de Vichy, et vouloir “faire quelque chose”. Et cela s’est fait sous quantité de formes. Certains vont prendre les armes, d’autres saboter ou renseigner pour les alliés, ou encore aider des pilotes, évadés, Juifs et autres personnes mises en danger à quitter le pays en sécurité. Ce risque, ils sont nombreux à l’avoir payé de la déportation, et même de leur vie. Ils étaient d’origines sociales différentes, ne partageaient pas les mêmes opinions politiques, mais se sont cependant organisés pour aider la France à se libérer. On peut ainsi voir ici de l’équipement et de faux papiers utilisés par la résistance, ainsi que des souvenirs, nombreux, de ces combats.

Mais l’histoire de la Libération, c’est aussi celle de la déportation.

Car si l’on parle régulièrement des différentes populations qui ont été déportées, de la Shoah et des minorités qui ont été massacrées par le régime nazi, il faut aussi se souvenir que la déportation était une peine qui pesait au-dessus des résistants, et que bon nombre n’en sont jamais revenus.

Et même dans les camps, la résistance continuait : les condamnés étant envoyés aux travaux forcés, souvent dans des usines alimentant les armées du Reich, le sabotage était une autre manière de continuer le combat. Avec des conséquences souvent… fatales pour qui était pris, vous pouvez l’imaginer.

Et si l’Ordre de la Libération gère ce musée, c’est aussi, justement pour mettre en avant les valeurs portées par les Compagnons, qui ont refusé de se soumettre face à l’injustice, malgré les risques qui pesaient sur eux. Ces valeurs, l’Ordre continue à les porter, et surtout, travaille à les transmettre aux jeunes générations.

Et moi là dedans ce qui m’a motivé à vous présenter cet ordre, c’est justement cette question d’unité malgré les différences de chacun, des différences politiques, sociales, qui ici n’ont plus vraiment de sens.

Aujourd’hui, c’est aussi l’Ordre de la Libération qui participe à l’organisation de nombre de commémorations, comme celle de l’appel du 18 juin au Mont Valérien. Et qui vient en aide à ses membres et à leurs familles lorsqu’ils rencontrent des difficultés.

Vous imaginez bien qu’avec tout ça, je vais avoir beaucoup de choses à vous dire, et j’espère sincèrement que ça plaira, car au final on parle souvent des américains, des anglais et des allemands, mais pas vraiment des combattants français. Et si vous pensez bien connaître la Seconde Guerre mondiale, la résistance et la France Libre, j’espère vous faire découvrir des choses, et des personnes, qui je pense, devraient vous marquer.

Et puis bon, je fais pas souvent dans le cocorico sur la chaîne, alors une fois de temps en temps, ça fait pas mal !

Merci à l’Ordre de la libération de permettre la réalisation de cette série on se retrouve très vite pour les épisodes. Restez à l’affût ! A plus !

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Cet épisode est réalisé en partenariat avec le musée de l’Ordre de la libération. Pour en savoir plus : https://www.ordredelaliberation.fr/fr

Pour aller plus loin

  • COMOR A.P, L’Epopée de la 13ème Demi-brigade de Légion Étrangère, 1940-1945, Nouvelles Editions Latines, 1988, 463 p.
  • ALBERTELLI S., Les Services secrets du général de Gaulle, Ed. Perrin, 2009, 617 p.
  • TILLION G., Ravensbrück, Ed. du Seuil, 1988, 469p.
  • DE LA POYPE R. et STASI J-C., L’épopée du Normandie-Niemen, Ed. Perrin, 2007,233p. : https://amzn.to/2M0r9ky
  • KRIVOPISSKO G., La Vie à en mourir, Lettres de fusillés, 1941-1944, Ed. Tallandier, 2003, 367 p. : https://amzn.to/2Nm9NS4
  • TROUPLIN V. et LEVISSE-TOUZE C., Paris, Compagnon de la Libération, Ville de Paris, 2010, 80 p.
  • DEVIGNY A., Un condamné à mort s’est échappé, Ed. Gallimard, 1956, 187 p.
  • BROCHE F., Bir Hakeim, mai-juin 1942, Ed. Perrin, 2008, 208 p. : https://amzn.to/2AtV6Uu
  • RUDELLE O., De Gaulle, Pour mémoire, Ed. Gallimard, 1990, 160p.
  • SIMONNET S., Les 177 français du jour J, Ed. Tallandier, 2017. : https://amzn.to/2AtTQ3T
  • STASI J-C, Normandie-Niemen 1942-1945, Des pilotes de la France Libre sur le front russe, Ed. Heimdal, 2015. : https://amzn.to/2Qf45DV
  • LEVISSE-TOUZE C., Libérer Paris : Août 1944, Ed. Ouest-France, 2014.

 

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