3 personnages d’Age of Empire II !

 

Mes chers camarades bien le bonjour !

Vous vous souvenez de votre premier PC ? Moi je m’en souviens très bien. C’était un Pentium II, 233 mhz….j’avais même un lecteur DVD ! Bon, le PC était pas assez puissant pour les lire mais j’avais le lecteur, c’était pour le symbole…et vous savez quel jeu j’ai fais tourner dessus en premier ?

Age of Empires !C’est à travers ces “whololo” que j’ai découvert l’âge de pierre, du bronze, du fer et que j’ai déployé mes troupes sur le champ de bataille avec toute l’habileté et la finesse dont je faisais preuve à 11 ans. C’est à dire pas beaucoup… Si ce premier opus nous proposait de voyager dans l’antiquité, la suite, Age of Empires II se démarque clairement en se concentrant lui sur la période du Moyen Âge et sur des grands personnages en particulier. Clairement quand j’ai posé les mains dessus à l’époque, j’ai bien kiffé aussi et je compte pas le nombre de potes chez qui on squattait pour faire des parties. Autant vous dire que quand on m’a contacté pour me proposer une opé autour d’Age of Empires II j’étais heureux mais sceptique, puisque le jeu est sorti en 1999. Sauf que, malin, c’était pas pour la version 1999 mais pour la version 2019 qu’on me contactait! Et oui, 20 ans après, Age of Empire II  ressort en Définitive Edition, en gros en mode 4k, bande son retravaillée et tout le tintouin. Et pour l’occasion, on s’est dit que ça serait chouette de passer en revue quelques personnages du jeu puisque clairement y’a du très beau monde ! Tellement de beau monde que j’ai déjà parlé d’une bonne partie d’entre eux. Par exemple y’a William Wallace, le héros de Braveheart, vous pouvez allez voir ma vidéo dessus. Genghis Khan, dont j’ai également parlé, Barberousse, le croisé qui s’est noyé dans son armure ou encore Montézuma que j’ai abordé il n’y a pas si longtemps dans l’épisode sur Cortès et la bataille d’Otumba. Alors il reste quelques personnes, comme Jeanne d’Arc notamment, mais je préfère me la réserver pour un épisode à part entière. Mon choix c’est donc penché sur trois protagonistes qui prennent place dans ce second volet d’Age of Empires ou dans ses extensions, qui sont d’ailleurs toutes incluses dans la definitive edition qui ressort cette année L’occasion d’un voyage guerrier dans le monde du Moyen Âge !

Et pour commencer notre vidéo sur ces trois solides gaillards, parlons du numéro Hun… Attila, Attila le Hun, numéro Hun…

Attila, le Hun

Les Huns sont encore, Attila le premier, un vaste mystère, connus uniquement via leurs ennemis. Pas facile donc d’en faire un portrait sympathique.

Ce qui est sûr, c’est que comme de nombreux autres peuples nomades mongolo-turciques descendus des steppes, ils ont conquis un immense empire à dos de cheval. Les Huns sont un peuple nomade des steppes russes descendants peut être des Hiong-nou d’Asie et ils entrent dans l’Histoire vers 375 : ils franchissent alors la Volga, le plus grand fleuve d’Europe, avec à leur tête leur chef Balamber. Et vous savez que j’aime cette expression, c’est le début de la foire à la saucisse !

Un grand jeu de domino, avec un impact qu'on peut facilement imaginer.
Un grand jeu de domino, avec un impact qu’on peut facilement imaginer.

En effet, au-delà de la Volga vivent d’autres peuples “barbares” : des Germaniques, comme les Ostrogoths et les Wisigoths, mais aussi des Alains, un peuple scythique. Il y a donc nécessairement confrontation entre eux et les nouveaux venus. Sauf que les Huns sont d’excellents guerriers, merveilleux cavaliers et redoutables archers. Ils s’imposent donc sans problème, soumettant les uns, faisant fuir les autres, terrorisant en tout cas tout ce beau monde jusqu’au Danube.

Le résultat est bien connu : c’est ce qu’on appelait “les Invasions Barbares”, et plus récemment “les Grandes Migrations”. Et d’ailleurs, on reviendra sur ce terme ‘invasions barbares” dans un épisode dédié bientôt sur la chaîne.

Les Ostrogoths, Alains et autres peuples sont assujettis aux Huns, faisant désormais partie de l’empire hunnique, avec un H comme les Huns. D’autres Goths passent le Danube en 376 pour venir s’installer en territoire romain, tandis que des Vandales, des Suèves, des Burgondes et autres joyeux lurons franchissent le Rhin pour entrer en Gaule. Et autant vous dire que toute cette activité inquiète les Romains, séparés en Empire Romain d’Orient et Empire Romain d’Occident. Ils essayent de fédérer tous ces nouveaux venus pour les incorporer à l’empire, en leur offrant la romanité en échange d’une aide militaire : c’est le principe du foedus.

Sur le papier c’est cool, mais ça ne se fait pas sans difficulté.

Certains en effet foutent un sacré bordel, et les Romains débordés font donc appel à l’origine même du problème : les Huns, dont ils achètent l’aide en 427 face aux Wisigoths, puis 430 face aux Burgondes. Après tout, s’ils leur ont pété la gueule une première fois, ils peuvent bien remettre ça ! Le moins qu’on puisse dire est que ça fonctionne : les Romains remportent victoire sur victoire, et achètent si souvent la force militaire des Huns que ces derniers considèrent que c’est un tribut qu’on leur doit et pas le paiement d’un service rendus.

Ouais, vaut mieux être au clair dès la signature du contrat avec des types pareil parce que ça sent vite l’embrouille !

La preuve, leur empire s’étale de l’Oural aux Carpates, et nombreux sont les peuples qui leur sont soumis. A leur tête, on trouve une diarchie, donc deux chefs, les frères Octar et Ruga – voire un troisième, Mundzuk, le père d’Attila. Attila en germanique signifie sans doute “Petit père”, et vu le nombre de peuples sur lesquels il va régner, et de massacres qu’il va commettre, on pourrait presque l’appeler le… “Petit Père des Peuples”, mais je crois que c’est déjà pris…

Sur cette blague douteuse, reprenons la biographie de ce jeune agneau qu’est Attila.

Il naît entre 390 et 410, est élevé en combattant et en cavalier, mais aussi en chef, parlant plusieurs langues, avec des otages romains comme le jeune Aetius. On a aucun portrait de lui, juste une description par l’historien goth Jordanès : petit, torse musculeux, grosse tête, nez plat, teint mat. Un vrai Turco-Mongol, quoi….

A la mort de son oncle Ruga, il monte sur le trône en 434 avec son frère Bleda, non sans devoir écarter d’autres membres de la famille. Ils règnent conjointement une dizaine d’années, mais en 444-445, Bleda meurt, sans doute assassiné par son frère. C’est d’ailleurs un des objectifs de la mission n°1 dans Age of Empires II. Là, y’a pas de doute avant la mission y’a Bleda, après la mission, y’a plus Bleda…

Enfin devenu roi hunnique unique , Attila commence très fort : en 447, un tremblement de terre frappe la Thrace et Constantinople. Il en profite aussitôt pour franchir le Danube, défait les Romains à la bataille de l’Utus, puis ravage la Thrace, la Macédoine et une bonne partie des actuelles Serbie – Bulgarie – Roumanie. Et ça c’est ce qu’on fait la mission 2 de la campagne.

Après ça, Attila rentre tellement couvert de butin qu’il ne prend même pas la peine d’assiéger Constantinople dont les murailles se sont pourtant effondrées. Il s’est gavé quoi…

Fin politique, il en profite en plus pour demander à l’empereur Théodose II de lui céder des terres au Sud du Danube en échange de la paix. En bon Byzantin, Théodose fait traîner les négociations tout en organisant une tentative d’assassinat – qui foire : à défaut de terre, Attila récupère donc beaucoup d’or et se met ensuite à regarder vers l’Empire Romain d’Occident, tandis que Théodose II meurt et que monte sur le trône d’Orient le belliqueux Marcien. Avec un C, c’est pas un alien.

Attila lorgne donc désormais sur la Gaule, l’une des provinces les plus riches et les plus peuplées de l’empire, et cherche un prétexte pour aller y faire un tour.

Au centre, Honoria, soeur de l'empereur romain d'occident. Qui aurait *un peu* servi de prétexte tout trouvé aux razzias d'Attila.
Au centre, Honoria, soeur de l’empereur romain d’occident. Qui aurait *un peu* servi de prétexte tout trouvé aux razzias d’Attila.

Un prétexte qui lui est fourni sur un plateau par Honoria, la sœur de l’empereur d’Occident Valentinien III : Valentinien veut lui faire épouser un vieux sénateur mais Honoria n’est pas très chaude.

Elle propose donc en 450 à Attila de l’épouser pour faire chier son frère. Dans le jeu d’ailleurs, ce n’est pas vraiment expliqué, elle pop dans l’intrigue en voulant juste l’épouser, comme ça.

Mais qui ne voudrait pas épouser un petit homme au torse musculeux à la grosse tête et au nez plat ?

Bref, Attila accepte évidemment, et demande carrément la Gaule en dot, y’en a qu’on pas froid aux yeux…

Évidemment, Valentinien s’y oppose, et Attila fait donc des préparatifs en vue d’une vaste opération de représailles, en Gaule forcément.

Il perd pas le Nord pour un gars qui vient de l’Est !

D’autres disent qu’il rapplique pour soumettre les Wisigoths d’Aquitaine, d’anciens vassaux, mais en tout cas, au printemps 451, son immense armée, composée de Huns et de leurs nombreux vassaux, franchit le Rhin. Il pille Metz, Strasbourg, Cologne, Amiens, Beauvais ou encore Reims. C’est le programme que vous propose de revivre la mission 4 d’ailleurs. Attila évite ensuite Paris, puis échoue devant Orléans qu’il assiège.

Les Romains, qui jusqu’ici n’ont pas fait grand chose, profitent de ce long siège pour se réunir avec leurs alliés Wisigoths, Alains, Burgondes, Francs Saliens et autres : à leur tête, on a des chefs comme Théodoric ou le célèbre Mérovée, mais surtout le fameux Aetius, qui a grandi avec Attila.

Devenu depuis sénateur et généralissime de l’armée de l’empire d’Occident, il est si vaillant qu’on le surnomme le “dernier des Romains”.

Ainsi, pendant qu’Attila lève le siège et se retire, alourdi par un énorme butin, il est rattrapé pendant l’été 451 par les Romains et leurs alliés près de Troyes, sur ce qu’on appelle les Champs Catalauniques. Et c’est une des batailles les plus gargantuesques de l’époque donc forcément on peut la jouer dans Age of Empire puisque ça suit la vraie campagne d’Attila avec quelques modifs historiques à droite à gauche. Par exemple on nous parle dans le jeu de 300 000 morts quand dans la réalité les deux armées réunissent 50 à 60 000 hommes chacune, ce qui est déjà énorme pour l’époque.

Age of Empires II aurait-il été développé par des marseillais ? ça, on ne le saura jamais, mais bon, comme toutes les œuvres de divertissement le jeu prend quelques libertés avec l’Histoire pour assurer le spectacle.

Cette bataille des Champs Catalauniques rallie en tout cas beaucoup de tribus diverses qui se font donc face, à la manière d’un cross over barbare ultime. Une sorte d’Avengers End game avant l’heure.

Sauf qu’ici, les Huns sont à l’abri derrière leurs chariots lourds de butin, et leurs adversaires tiennent le sommet d’une colline.

Les affrontements sont violents, les pertes énormes, mais il est difficile de dire qui a perdu : le roi Wisigoth Théodoric étant mort, les Wisigoths se retirent ; les Alains d’Orléans, alliés aux Romains, semblent avoir disparu dans la bataille, et avec Francs Saliens et Burgondes seuls, Aetius ne peut vaincre Attila. D’ailleurs, ce dernier a lui aussi subi de lourdes pertes et préfère rentrer vers ses bases, abandonnant même du butin. En gros c’est le match nul quoi…

Pourtant, qui revient au printemps 452 ?

Attila, qui cette fois ravage l’Italie, notamment la ville Aquilée, qu’il rase, puis Padoue, Milan, Pavie, Vérone, etc. Et ça aussi, c’est dans une mission d’Age of Empires. Devant lui, les peuples fuient à nouveau, au point que certains disent que si Venise est aujourd’hui au milieu de sa lagune, c’est sans doute parce que ses fondateurs y ont trouvé refuge.

Une légende de plus, vous en fait ce que vous voulez.

Rome attend son tour, mais Valentinien III et le pape Léon Ier réussissent à en dissuader le Hun… notamment parce que son armée est ravagée par une épidémie, et parce que le vilain Marcien attaque son empire à l’Est. Il repart une fois de plus chargé de butin, promettant de revenir l’année suivante pour obtenir enfin la belle Honoria et la Gaule promise. Et c’est votre esprit qui est douteux si vous avez des pensées suite à cette phrase, pas le mien.

Malheureusement pour son empire, et heureusement pour les autres, il meurt début 453 lors de sa nuit de noce, peut-être empoisonné, peut-être par trop d’ardeur au lit, peut-être simplement d’un saignement de nez l’ayant étouffé dans son sommeil. C’est en tout cas la version retenu par le jeu et celle que j’avais déjà présenté lors d’un des premiers épisode de Nota Bene.

On l’enterre ensuite en secret, au point qu’on ne sait toujours pas où il est, et malgré une nombreuse descendance, son empire ne lui survit pas : les anciens peuples soumis se rebellent, et les Huns se divisent.

Tous pour un, un pour tous, ils sont pas trop fan quoi…

Attila reste un horrible barbare pour certains mais aussi un héros fondateur pour beaucoup, comme les Hongrois ou les Turcs. Il a depuis 1500 ans fait couler beaucoup d’encre et entretenu de nombreuses légendes, en bien comme en mal et ça pour deux campagnes de pillage seulement. Fortiche !

Le Cid

Rodriguo Diaz de Bivar, ou Vivar, est un aventurier castillan de petite noblesse qui dans l’Espagne du XIè siècle déchirée par la guerre entre Chrétiens et Musulmans, s’est taillé une légende à la mesure de ses extraordinaires capacités militaires. Mais vous le connaissez mieux sous un surnom, Campeador, et plus encore sous un autre : le Cid. Oui, le même Cid que dans la pièce de Corneille que vous avez du voir au lycée, jadis.

A cette époque, la péninsule ibérique d’alors est un sacré foutoir.

Après les Grandes Migrations qu’on évoquait tout à l’heure, les Wisigoths ont mis la main sur l’Espagne, mais la noblesse, les populations et les minorités sont mécontentes. Résultat, quand arrivent via le détroit de Gibraltar en 711 les Arabes, alors en pleine expansion, ils prennent facilement le pouvoir, et créent l’émirat de Cordoue, qui deviendra le califat Omeyyade de Cordoue. Peu intéressés par le Nord de la péninsule au rude climat, ils restent au Sud, entretenant de complexes relations avec les Royaumes Chrétiens du Nord d’Asturies, de Navarre, de Léon, de Castille, etc. qui apparaissent au fur et à mesure.

Carte des Taïfas musulmans dans la péninsule ibérique.
Carte des Taïfas musulmans dans la péninsule ibérique.

Une complexité qui s’accroît avec la chute du Califat en 1031, laissant place à une multitude de petits émirats, les Taïfas, tandis qu’au Nord, les Chrétiens reprennent du poil de la bête. dès 722, ils entament, avec l’aide occasionnelle d’autres chevaliers occidentaux, la Reconquista de la Péninsule.

Profitant de la division de ces Taïfas, les Chrétiens imposent à certains d’entre eux des tributs. Certains payent, tandis que d’autres, absorbant les plus petits Taïfas, combattent les Chrétiens sans relâche. Une situation un peu tendax donc, puisque cette Reconquista ne sera achevée que 5 siècles plus tard, en 1492.

C’est au milieu de tout ça que Rodrigo naît, vers 1043, à Castillona de Bivar.

S’il est noble, c’est de petite noblesse : son père fait certes partie de la cour de Castille, sa mère aussi, mais les paysans du coin considèrent Rodrigo comme l’un des leurs. Et comme les temps sont durs, on voit Rodriguo combattre, apparemment dès l’âge de 14-15 ans, face à l’émir de Saragosse, sans doute pour récupérer le tribut qu’il devait à son roi Ferdinand Ier de Léon, comte de Castille.

Il combat ensuite en 1063 le roi d’Aragon, toujours pour Ferdinand Ier… tout en étant accompagné par l’émir de Saragosse, devenu vassal entretemps : quand je vous dis que c’est complexe

Ferdinand Ier de Léon meurt en 1065 et laisse 3 fils : Sancho II roi de Léon, Alfonso VI roi de Castille, et Garcia II roi de Galice. C’est à peu près à ce moment là que commence la campagne dans Age of Empires II d’ailleurs, avec une petite inversion dans un nom de royaume d’après ce que j’ai pu relever ! Bref, ayant déjà combattu avec lui, Rodrigo décide de servir Sancho dont il devient l’alferez, le chef des armées. Et ça tombe bien parce que Sancho ne va pas chômer : non content de combattre les Taïfas, il combat son petit frère Garcia avec l’aide d’Alfonso, pour se partager la Galice, avant de carrément combattre Alfonso.

En gros il défonce ses frères pour réunir les trois royaumes de son père en 6 ans à peine. En tout cas, c’est a priori à ce moment là que Rodriguo, en battant un puissant chevalier aragonais, reçoit son surnom de Campeador, “maître du champ de bataille”. Il n’a alors que 20 ans. Le succès de Sancho agace passablement ses rivaux, et il se fait assassiner en 1072, sans doute par son frère Alfonso en exil, et sa sœur Urraca dont il était en train d’assiéger la ville.

Oui, combattre ses frères ça lui suffisait pas, fallait qu’il s’attaque aussi à sa sœur…

Alfonso VI, successeur (avec un peu d'aide) à son frère, un personnage central de l'histoire du Cid.
Alfonso VI, successeur (avec un peu d’aide) à son frère, un personnage central de l’histoire du Cid.

Suite à cet assassinat, notre héros Rodrigo est bien embêté. Il doit servir Alfonso – faut bien bouffer – mais perd son statut de chef des armées au profit de son ennemi personnel, le comte Ordonez. Les relations entre Alfonso et Rodriguo ne sont donc vraiment pas bonnes, sans qu’on sache exactement pourquoi : soit parce que Rodrigo était fidèle à Sancho même dans la mort, soit parce qu’Alfonso avait peur d’avoir un homme aussi ambitieux à son service, bref les théories vont bon train. La légende veut en tout cas que Rodrigo ait forcé Alfonso à jurer sur des reliques qu’il n’avait pas assassiné son frère. Mais ça reste une légende…

Quoi qu’il en soit, Rodrigo a du boulot et il s’y colle. Il part récupérer le tribut impayé par l’émir de Séville en 1079, pour le compte d’Alfonso… sauf que dans le même temps, l’émir de Grenade, accompagné de chevaliers Castillans, attaque Séville.

Le bouillant compeador se retrouve donc au milieu de ce bazar. Autant vous dire que, chevaliers Castillans ou pas, Rodriguo dérouille les attaquants et les fait prisonniers, notamment le comte Ordonez, son ennemi juré qui souvenez vous lui a piqué son titre.

Bref, que ce soit ça ou son inamitié avec Alfonso VI, on comprend que l’ambitieux et peu scrupuleux Rodriguo se voit mettre à la porte en 1081 : pour lui, c’est l’exil. Mais loin d’être un problème, pour un homme de sa trempe et de sa débrouillardise, c’est même une opportunité.

On le voit donc proposer ses services un peu partout, avant de finalement trouver du boulot chez les émirs de Saragosse combattant pour eux les émirs de Tortose et de Lerida, ou encore le roi d’Aragon. C’est ce qu’on retrouve dans la 3ème partie de la campagne dédié au personnage et c’est sans doute là qu’il gagne son surnom du Cid, signifiant “Seigneur”, ou “Maître”, en arabe “Sayyid” ou “Siddi”.

Pour résumer, tout roule pour lui, et ce n’est que le début : Alfonso VI, remarquable conquérant, s’empare en 1084-1085 de Salamanque puis de Tolède, une des plus prestigieuses Taïfa. Les autres émirs son inquiets : résultat, ils appellent à l’aide Yusuf ibn Tashfin, chef des redoutables Almoravides d’Afrique du Nord, pour lutter contre les Chrétiens. Ainsi, le 23 octobre 1086, Yusuf et les émirs andalous arrivent à vaincre Alfonso VI et le roi d’Aragon à la bataille de Sagrajas.

Alfonso VI, défait et gravement menacé par l’armée Almoravide, a donc besoin d’un chef de guerre comme le Campeador, un “maître du champ de bataille”.

Sauf que le Cid, il dicte ses conditions. Il revient, d’accord, mais pour se la jouer indépendant : il fait ainsi ses propres affaires, alternant, sans se soucier des ordres, entre la cour d’Alfonso VI, celle de Saragosse, et surtout son propre projet personnel. En effet il cherche en effet à s’emparer de la riche Valence, aux mains des Musulmans depuis 714. Pour mieux mettre le grappin dessus, il se met au service de son émir, va occuper la région progressivement, défaire le puissant voisin qu’est le comte de Barcelone, avant d’enfin assiéger la ville de ses rêves à partir de 1092. Épisode que l’on retrouve encore dans le jeu !

A la tête d’une armée cosmopolite de Musulmans et de Chrétiens. La ville est prise en mai 1094, officiellement au nom d’Alfonso VI, mais en réalité, le Cid est à son compte. Il ne va pas se la couler douce pour autant : Valence est désormais une enclave “chrétienne”, bien que clairement cosmopolite, au milieu des Taïfas musulmans, devenant la proie des dangereux Almoravides. Mais il reste le Campeador : Almoravides ou pas, il les repousse, et se conduit désormais en prince, mariant ses filles à des princes royaux, dirigeant son royaume sans même chercher à continuer la Reconquista, etc. En gros il y est, il y reste.

Il y meurt le 10 juillet 1099 et tout ce qu’il a construit s’effondre peu après : sa femme Jimena lutte courageusement jusqu’en 1102, avant d’abandonner Valence aux Maures pour rentrer à Burgos avec le corps de son mari.

La légende veut d’ailleurs que pour sortir de Valence assiégée, elle ait fait croire à la survie de son mari en le mettant en armure sur son cheval pour guider une dernière charge… sauf que le type est mort depuis 3 ans hein, il devait sacrément dauber, donc la légende tient difficilement debout.

A noter que dans le jeu, pour le côté spectaculaire encore une fois, ils ont repris cette histoire de cadavre sur un cheval pour l’intégrer dans la dernière mission de la campagne au moment de la mort du Campeador. En gros ils ont repris la légende et l’on avancée dans le temps pour la faire coïncider avec le bon moment. Autrement dit, cette réinterprétation de l’Histoire est plus crédible que la légende dont elle s’inspire.

Ce qui est plutôt rigolo…

Bien qu’il ait plus agi pour sa pomme que pour la Reconquista qui s’achèvera quatre siècles après sa mort, le Cid est resté dans la légende comme l’un des plus grands héros espagnols.

Il est devenu immortel grâce à des poèmes médiévaux comme “el Cantar del Mio Cid”, des tragédies comme celle de Corneille, des opéras comme celui de Massenet, des films comme celui d’Anthony Mann… ou “Rodriguez au pays des merguez”.

Je ne plaisante pas malheureusement…

Saladin

Le dernier de nos cadors est Salah ad-Din, que nous appelons Saladin. Figure incontournable des croisades, grand homme d’État, bon stratège et cœur d’or, il a réunifié l’Égypte et la Syrie puis chassé les croisés de Jérusalem et de bon nombre de leurs possessions… notamment grâce à une chance incroyable.

En 1095, à Clermont, le pape Urbain II prêche la première croisade. En gros, le but est de venir en aide aux Chrétiens d’Orient, face notamment à l’expansion des Turcs Seljûkides, et de libérer Jérusalem, ville sainte entre toutes. De nombreuses armées se mettront en branle, qui créeront les 4 États Latins d’Orient : le comté d’Edesse, la principauté d’Antioche, le royaume de Jérusalem, et le comté de Tripoli.

Représentation de la "Jérusalem terrestre", objet de fantasmes de la part des Croisés.
Représentation de la « Jérusalem terrestre », objet de fantasmes de la part des Croisés.

L’implantation de ces États Latins d’Orient, dont les effectifs ont toujours été ridiculement réduits, est facilité par l’anarchie des principautés musulmanes locales, où chaque ville combat les autres sans s’allier contre ce nouvel envahisseur.

Certains tenteront pourtant d’unir le monde musulman face à eux, sans trop de succès, jusqu’à l’arrivée de Zengi, gouverneur de Mossoul et d’Alep.

En 1144, il reprend Edesse, ce qui va provoquer la Deuxième Croisade en 1147 : celle-ci en dit long sur le fonctionnement des États Latins d’Orient, où les seigneurs locaux, fins connaisseurs des enjeux et la diplomatie locale, ont désespérément besoin de l’aide occidentale, qui elle ne fait qu’empirer la situation.

Typiquement, la Deuxième Croisade s’obstinera à attaquer Damas, pourtant alliée de Jérusalem, quand il eût mieux valu attaquer Alep : elle revint bredouille en 1149, emportant avec elle quelques pruniers de Damas, d’où l’expression… pour des prunes.

Bref, après Zengi, son fils Nur ed Din poursuit son œuvre, et agrandit ses possessions. Il unifie ainsi la Syrie, s’emparant de Damas en 1154 et créant une principauté musulmane unie en parallèle des possessions côtières des Francs, puis en 1164 il envisage plus grand. Le grand vizir du Califat Fatimide d’Égypte, Shawar, est venu lui demander de l’aide. Ancien grand empire réduit à peau de chagrin, le Califat est déjà rongé de problèmes internes et est menacé depuis peu par le roi de Jérusalem, Amaury Ier. Shawar fait donc appel à Nur ed Din. Le truc c’est que Nur Ed Din est sunnite, et qu’il n’a aucune raison d’aider les Fatimides de Shawar qui sont chiites.

On reviendra peut être un jour sur pourquoi ces deux courants s’affrontent mais l’important ici, c’est que Nur Ed Din n’est pas trop motivé. Cependant, il faut empêcher les Francs de devenir trop puissants et mettre la main sur l’Égypte permettrait à Nur Ed Din de les encercler.

Il envoie donc dès 1164 son lieutenant Shirkuh en Égypte, qui embarque son jeune neveu, Saladin.

Né en 1138 à Tikrit, c’est le fils d’Ayyub, officier comme son frère Shirkuh au service de Zengi, puis de son fils Nur ed Din. Ainsi donc Saladin se retrouve en Égypte dès 1167 avec son oncle, face aux Francs venus de Jérusalem pour leur disputer le pays. Dans Age of Empires II cependant, on a un peu l’impression que Saladin vient tout seul comme un grand en Égypte pour fracasser les francs, c’est donc une bonne chose de creuser un peu de tout ça et de recontextualiser comme nous venons de le faire.

Représentation chrétienne de Saladin.
Représentation chrétienne de Saladin.

Saladin entre vraiment dans l’Histoire en 1169, sans qu’on lui ai vraiment demandé son avis. A ce moment là, le grand vizir Shawar est assassiné par Shirkuh, qui meurt lui même peu de temps après. L’entourage du calife fatimide décide alors de nommer Saladin grand vizir en pensant qu’il est jeune, peu expérimenté et manipulable. Sauf qu’il s’avère vite assez malin, et il finit en 1171, sur ordre de son maître Nur ed Din, par abolir le califat Fatimide. Officiellement, l’Égypte revient à Nur ed Din… mais le Saladin, malin, est tenté de la garder.

Nur ed Din, scandalisé, projette donc de venir lui remettre les pendules à l’heure, mais Saladin a une fois de plus de la chance : Nur ed Din meurt peu après, en 1174. Mieux : le roi Amaury Ier meurt aussi en 1174, laissant son royaume dans un merdier sans nom.

Saladin se retrouve donc sans véritable adversaire dans toute la région ! Un vrai boulevard que dis-je,  une promenade de santé !

Il va donc en profiter pour réunir l’Égypte et la Syrie : il obtient Damas dès 1174, puis Alep en 1183, devenant même suzerain de Mossoul. Aucun prince musulman n’a contrôlé un tel empire depuis bien longtemps, et le fils du simple officier Ayyub l’a fait : c’est le début du sultanat ayyubide.

Mais en Europe, on le connaît pour autre chose. Suite à la mort du roi Amaury Ier, l’anarchie règne comme jamais.

Son fils, Baudouin IV, aurait pu être un grand souverain, capable de battre Saladin à Montgisard en 1177, mais à l’image de son pays chaotique… il est lépreux. Il meurt donc à 24 ans, désignant le fils de sa sœur Sybille comme héritier : Baudouin V, un enfant de 8 ans… qui à son tour meurt en 1186. Reste donc Sybille, et à travers elle son mari, comme ultime chance du royaume. Sauf que le mari, Guy de Lusignan, certes très beau, est un piètre dirigeant très influençable.

Faut quand même remettre ça dans le contexte, Baudouin IV le lépreux agonise en perdant des petits bouts de lui-même, il doit trouver un remplaçant et il a le choix entre un gamin de 8 ans Guy de Lusignan. Pour pas avoir choisi Guy, c’est vraiment qu’il était pas fute fute…

Bref, au gré des circonstances, Guy devient roi malgré tout, et en un an mène le royaume à sa ruine en rompant la trêve conclue par Baudouin avec Saladin. ça on le voit très bien dans la 2ème mission dédié à Saladin, et c’est notamment à cause d’un type, Renaud de Châtillon, un vrai bourrin qui attaque sans relâche les caravanes de musulmans dans la région. Après avoir réuni une des plus grandes armées de l’Histoire du Royaume, Guy de Lusignan la mène stupidement à travers le désert en plein été 1187 pour attaquer Saladin. Résultat, son armée arrive assoiffée et épuisée aux Cornes de Hattin, où Saladin, qui n’en croit pas ses yeux, les écrase totalement.

Le désastre est tel que ne rencontrant plus de résistance ou presque, il reprend ensuite Jérusalem en octobre 1187 et l’essentiel des possessions franques tombent comme des mouches.

Ce qui est drôle dans le jeu d’ailleurs, c’est que le narrateur de cette partie sur Saladin est un ancien croisé qui est passé du côté de Saladin. Et à ce moment là de l’Histoire, il dit qu’il est déjà rentré dans la ville de Jérusalem, et que la dernière fois qu’il l’a fait, il y avait du sang partout. Ce qui signifierait qu’il avait participé à la prise de Jérusalem par les chrétiens 90 ans plus tôt… il est plutôt en forme le papy donc !

Ceci dit, le parti pris est assez intéressant dans la narration ici puisque Saladin était montré par un Franc converti à l’islam comme un seigneur chevaleresque et cultivé, épargnant les innocents, etc, là où les croisés sont clairement des ordures. Mais à la fin de la campagne, on nous explique progressivement que les Sarrasins sont devenus des barbares comme les croisés, dédaignant les arts et massacrant à tout va. Et c’est pas faux, Saladin massacrera en effet, mais plus tard, en réponse au massacre fait à Acre par Richard Cœur de Lion.

Bref, les francs semble totalement perdus après ces défaites. Mais c’est là que Saladin commet sa plus grosse erreur :

il néglige de prendre le port de Tyr, où arrive Conrad de Montferrat, un seigneur germano-italien qui en un rien de temps fortifie la ville en attendant les renforts venus d’Europe. Ces renforts, c’est la Troisième Croisade, la plus impressionnante : la défaite de Hattin et la perte de Jérusalem ont bousculé les souverains occidentaux, honteux de n’avoir pas aidé leurs frères d’Orient plus tôt. On voit donc partir l’empereur germanique Frédéric Barberousse dès 1189, à la tête de la plus formidable croisade qui ait jamais été, mais aussi Philippe Auguste, roi de France, et Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre.

Face à ça, même le puissant Saladin a des doutes… et de la chance, comme d’habitude.

Déjà, la formidable armée de Barberousse va fondre toute seule pendant sa traversée de l’Anatolie… parce que son puissant empereur y meurt noyé.

Hydrocution, poids de l’armure, on sait pas bien pourquoi, mais le vieux Barberousse est bel et bien retrouvé noyé le 10 juin 1190, et malgré les efforts de son fils, la croisade germanique se dispersera. Toute seule, comme une grande. Voilà une belle épine en moins dans le pied de Saladin.

Restent encore les redoutables Philippe et Richard, mais heureusement pour Saladin non seulement ils perdent du temps en Sicile puis à Chypre, et arrivent en Terre Sainte en 1191, mais ce n’est pas tout. Sur place, les barons sont encore divisés entre Guy de Lusignan, époux de Sybille, libéré par le chevaleresque Saladin, et Conrad de Montferrat, qui entretemps a épousé Isabelle, autre soeur de Baudouin IV. Résultat, bien que les deux rois croisés aident Guy à reprendre Acre aux troupes de Saladin, une querelle éclate entre eux car Richard, suzerain des Lusignan, soutient Guy, là où Philippe est le cousin de Montferrat.

Philippe rentre donc en France dès août 1191, juste après avoir repris Acre, laissant 10 000 hommes à Richard, qui va encore rester un an. Excellent militaire, il reprend bon nombre de villes du littoral, manquant même de reprendre Jerusalem de peu, et inflige de grosses défaites à Saladin qui très impressionné apprend à l’admirer – et c’est réciproque.

Ils envisagent même de marier Jeanne, sœur de Richard, à al Adil, frère de Saladin, pour régner sur une Palestine unifiée, mais l’heureuse élue refuse. Richard, qui comme beaucoup n’a aucun désir de rester, et inquiet face aux manœuvres de son frère Jean et de Philippe Auguste en Europe, bâcle ensuite une paix laissant le littoral aux Chrétiens, et le reste à Saladin, avant de repartir en octobre 1192.

Une fois de plus, la croisade n’a pas eu les effets escomptés, et si le pays a largement souffert, Saladin a tout de même gagné. Il meurt peu après, dans la nuit du 3 au 4 mars 1193, à Damas, maître d’un immense empire qui lui survivra tant bien que mal soixante ans. De tous les adversaires musulmans des Francs, lui seul est considéré par eux comme l’égal d’un chevalier : il a fait preuve de beaucoup de noblesse et de générosité à leur égard, ce qui lui est d’ailleurs reproché par son entourage. Les exemples en sont en effet si nombreux qu’ils rempliraient une vidéo entière… et ont fait de lui, avec sa chance incroyable, une véritable figure légendaire.

Conclusion

Si on doit faire un petit bilan rapide de ce que vaut Age of Empires II sur le plan historique, voilà ce que j’aurai à en dire.

De façon générale, il y a de nombreuses images d’Epinal, c’est à dire des idées reçues ou des clichés, racontés souvent des narrateurs contemporains, donc qui justifient les bourdes et les exagérations. Il y a quelques fautes comme l’inversion des royaumes des fils de Ferdinand dans le Cid, campagne il y a pas mal d’approximation mais en même temps c’est sans doute un des personnages où les sources sont le moins fiable. On a donc une vision assez romantique de l’Histoire avec des contrepieds de narration assez intéressants comme dans la  campagne d’Attila, où le narrateur est un moine interrogeant un plus vieux moine sur un crâne dans leur monastère, en Champagne : le vieux a pas l’air bien, raconte les horreurs des Huns… pour finir par avouer à demi-mot qu’il a chevauché avec eux et que “parfois… ça lui manque”.

C’est beau !

Alors oui, Age of Empires II est pas infaillible sur le plan historique, mais ce n’est pas ce qu’on lui demande. A une époque, il a pu intéresser toute une génération de joueur à l’Histoire, comme moi, et je trouve que c’est assez important de le souligner. Et puis il ne faut pas oublier que le jeu vidéo a, comme tout œuvre, un parti pris qui doit servir le divertissement et la structure narrative du jeu d’abord, ce qu’on retrouve bien dans d’autres grosses licences qui ont l’Histoire comme toile de fond. Je cite pas le jeu, mais je vous fais un gros clin d’œil, vous avez compris !

Si vous voulez en savoir plus sur ma vision de l’Histoire dans le jeu vidéo, je vous invite vraiment à aller regarder la série que j’avais écrite pour ARTE, History’s Creed, qui est disponible sur ARTE.fr, je vous la remets en description.

Merci en tout cas à Microsoft pour ce partenariat, c’était inattendu et ça m’a carrément fait plaisir de travailler une fois de plus avec Fred de la chaîne Herodot’com sur ces figures historiques issues d’Age of Empires II Definitive Edition. Je vous rappelle que le jeu est dispo un peu partout, je vous mets aussi un lien en description pour avoir plus d’infos, ça reste un classique qu’il est bon de se procurer, surtout qu’il sera pas tout pixelisé comme à chaque fois que je veux jouer à un jeu de mon enfance !

Merci à tous et à très vite pour un nouvel épisode !

 

Pour aller plus loin

Saladin :

  • Saladin (Anne-Marie Eddé)
  • Histoire des Croisades (René Grousset)
  • Histoire des Croisades (Steven Runciman)
  • Histoire du Royaume Latin de Jerusalem (Joshua Prawer)
  • Dictionnaire historique de l’islam (Dominique et Janine Sourdel)

Le cid :

  • Dictionnaire historique de l’islam (le même)
  • Pays d’islam et monde latin, chez Atlande
  • Wikipedia, français et anglais

Attila :

  • L’empire des steppes, René Grousset
  • Histoire des Turcs, Jean Paul Roux
  • Attila, Légendes et Vérités, Edina Bozoky
  • Wikipedia, anglais et français

One thought on “3 personnages d’Age of Empire II !

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