Le plus gros sous-marin !

Mes chers amis, bonjour !

C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme disait un grand philos…un mec.

Et bah aujourd’hui, on part quand même en mer ! Cette vidéo s’inscrit dans la série que je fais sur les compagnons de la libération, je vous mets la playlist en description. Et puisque  nous avons déjà eu l’occasion de parler des Forces Françaises Libres sur la chaîne, j’aimerais vous parler de leur composante navale. Car si la France Libre s’est battue sur terre et dans les airs, elle a aussi participé à la Seconde Guerre mondiale en mer !

Une grande flotte

A l’aube de la guerre, la France dispose d’une flotte particulièrement sérieuse, qui, alliée à la célèbre Navy anglaise, ne laisse aucune chance à ses ennemis. L’une des raisons pour lesquelles l’Allemagne se gardera bien de risquer une flotte de surface contre pareille force, et préférera jouer la carte de la guerre sous-marine avec ses fameux U-boot !

Lorsque le conflit éclate, la flotte française n’a ainsi pas de bataille majeure à livrer. Même l’Italie à son entrée en guerre n’ose se frotter aux navires de Toulon. Les marins français ne sont donc engagés que lors d’escarmouches ou d’attaques aériennes, et la France peut ainsi utiliser ses navires pour couvrir ses opérations lors de la campagne de Norvège, pour l’évacuation de Dunkerque lors de la campagne de France, ou encore, côté italien, pour aller bombarder Gênes.

Seulement, la campagne de 1940 va permettre aux Allemands de s’emparer de nombreux ports français. Mais les marins sont nombreux à ne pas vouloir que leurs navires tombent aux mains de l’ennemi : Quelques-uns sabordent leurs bâtiments, d’autres prennent immédiatement la mer pour gagner tantôt l’Angleterre, tantôt les ports français en Afrique du Nord.

Premier Compagnon vu dans cet épisode : Étienne Schlumberger
Premier Compagnon vu dans cet épisode : Étienne Schlumberger

C’est le cas d’Étienne Schlumberger. Cet officier en charge de la réparation de sous-marins stationnés à Cherbourg ne compte pas laisser ses bâtiments et équipages tombés au main de l’ennemi. Alors que les Allemands approchent le 19 juin 1940, il fait remorquer ses sous-marins en état de flotter jusqu’à l’Angleterre, avant de rejoindre cet étrange convoi en mer avec une vedette.

D’autres suivront son exemple, et les Allemands vont ainsi voir leur échapper de nombreux navires dont ils auraient eu une grande utilité.

Et puisque je vous parle de sous-marins, laissez-moi vous parler du plus grand sous-marin du monde, qui est alors français : le Surcouf.

Ce monstre des mers avait la particularité d’emporter avec lui… une tourelle de cuirassé ! Car si les traités internationaux interdisaient officiellement de construire des navires avec de trop gros canons, rien n’était écrit concernant les sous-marins !

La France et l’administration : une longue histoire.

Le Surcouf pouvait donc non seulement bombarder une cible, mais il emmenait même avec lui un hydravion, qu’il pouvait déployer pour partir en reconnaissance avant de replonger.

Le Nautilus peut aller se rhabiller !

Source de conflits avec les Anglais

Vous l’aurez compris : la flotte française de 1940 comporte de belles pièces. Et maintenant que la France s’est rendue, nombre de ses navires ont trouvé refuge dans les ports anglais ou en Afrique du Nord. Mais les Britanniques craignent que ces navires ne finissent par se rallier à Vichy, voire ne tombent aux mains des Allemands ou des Italiens.

Aussi, ils lancent l’opération Catapult : le 2 juillet 1940, les Britanniques prennent d’assaut des navires français stationnés dans leurs ports, parfois au prix de la vie des marins qui gardaient leurs bâtiments.

Croiseur Strasbourg, tentant d'appareiller sous le feu de la Royal Navy.
Croiseur Strasbourg, tentant d’appareiller sous le feu de la Royal Navy.

Mais ce qui va rester dans les mémoires, c’est la seconde partie de l’opération, qui se déroule le 3 juillet 1940, à Mers el-Kébir, en Algérie. Puisque la flotte britannique se présente devant le port où est mouillée une partie de la flotte française venue s’y réfugier. Les Anglais ordonnent alors aux Français de se rallier à l’Angleterre ou aux Antilles, de rejoindre un port neutre comme les États-Unis ou de se saborder. Ils interceptent alors un message annonçant que d’autres navires français viennent se porter à leur secours: un événement, qui va provoquer l’attaque par les Britanniques de la flotte française.

L’affaire est un massacre : les Français, à l’ancre, ne peuvent pas manœuvrer et les Anglais ont miné la sortie du port. Rapidement, les Français se retrouvent avec deux cuirassés et un contre-torpilleur hors de combat. Quant au cuirassé Bretagne, il coule entraînant avec lui près d’un millier de marins. Les autres navires, sous le feu britannique, parviennent à regagner Toulon.

Ce qui ne fera que repousser le triste sort de la plupart de ces bâtiments, puisque le 27 novembre 1942, suite à l’invasion de la zone sud française par les Allemands, la flotte française se saborde à Toulon pour éviter d’être capturée. Seuls 5 sous-marins parviennent à rejoindre les forces alliées.

En 1942, les Forces Navales Françaises Libres comptent donc un total de 65 bâtiments de guerre, dont 40 opérationnels puisque les pièces de rechange sont difficiles à trouver en Angleterre, un bataillon de fusiliers marins, et un commando dont je vous reparlerai : le commando Kieffer, qui s’illustra durant le débarquement de Normandie.

Et parmi tous ces navires, il va même y avoir… des Compagnons de la Libération. Car oui, une unité militaire peut porter ce titre, et c’est le cas du sous-marin Rubis.

Un vrai petit bijou

Il s’agit d’un mouilleur de mines, chargé de piéger des zones sensibles. Et dans cette mission, il assure grave. Ainsi, après avoir rejoint la Grande-Bretagne dès 1940, il se lance dans une série de missions risquées en posant des mines là où les Allemands ne s’y attendent pas, sous le commandement de l’intrépide lieutenant de vaisseau Cabanier, rallié à la France Libre dès la première heure.

En juin 1940, le Rubis largue ainsi pas moins de 32 mines dans le chenal de Trondheim, ayant même l’audace, pour passer, de se glisser… sous un destroyer allemand. Ce qui lui permet d’avoir à son tableau de chasse six navires coulés, et un endommagé.

Durant la guerre, le sous marin va larguer à lui seul près de 700 mines, et entre elles et ses attaques à la torpille, il coulera 18 bâtiments ennemis et en endommagea sérieusement deux autres !

Georges Cabanier, Compagnon de la Libération, officier servant à bord du Rubis au début de la seconde guerre mondiale.
Georges Cabanier, Compagnon de la Libération, officier servant à bord du Rubis au début de la seconde guerre mondiale.

Il fait pas dans la demi-mesure le Rubis ! On trouve d’ailleurs, parmi son équipage, pas moins de 8 Compagnons de la Libération.

Pourquoi est-ce que j’appuie ce dernier point ? Eh bien, car je vous l’ai dit, le sous-marin lui-même a reçu le titre de Compagnon de la Libération. Et cela a de l’importance, car à la fin de sa carrière, en 1948, il aurait dû terminer à la casse.

Mais un Compagnon n’ayant pas à connaître ce sort, le Rubis a été vidé de ses composants dangereux, avant d’être immergé en 1958 au large de Cap Camarat, non loin de Saint Tropez.

Aujourd’hui encore, les plongeurs peuvent donc admirer l’épave pour rendre un dernier hommage à ce Compagnon qui a traversé la guerre comme les années. Et sachez qu’il fait encore parler de lui : depuis 1983, un sous-marin nucléaire d’attaque porte le nom du Rubis. Et puisqu’il porte l’héritage de son aîné immergé, il a un droit tout particulier : son personnel a le droit exceptionnel de porter la fourragère aux couleurs de l’ordre de la Libération.

Voilà ! J’espère que cet épisode vous aura donné envie d’en savoir plus sur les Forces Navales Françaises Libres et sur les compagnons de la libération, dont j’aurai moi-même l’occasion de vous reparler dans un prochain épisode.

On compte sur vos partages ! À la prochaine !

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