L’Histoire de la Poste

Mes chers camarades bien le bonjour !

J’ai un très bon souvenir de mes colonies de vacances quand j’étais gosse. Et quand j’y repense, vous savez ce qui me vient tout de suite en tête ? Les lettres qu’on envoyait aux parents et surtout, les colis plein de bonbons que l’on recevait au milieu de la colo…on se faisait péter le bide ! Mais le truc auquel je ne pensais surement pas à l’époque, c’est le trajet qu’avait dû emprunter ces colis pour arriver jusque dans nos mains..et ouais ! Parce qu’il en faut une sacré logistique pour gérer tout ça, et il en fallu du temps pour mettre en place cette logistique ! Allez, je profite du fait d’être au Musée de la poste pour vous emmener faire un tour sur un sujet complexe et très riche en anecdotes rigolotes : l’Histoire du courrier postal !

Origine

L’idée d’une organisation permettant aux gens de s’échanger des messages écrits ne date pas d’hier mais pour pouvoir arriver à le faire il faut réunir plusieurs conditions : déjà, il faut connaître l’écriture : eh bah oui sinon pas de message ! Mais il faut aussi un pouvoir fort, capable de permettre d’organiser tout ça, de construire et d’entretenir des voies de communication et de maintenir une sécurité suffisante pour que les courriers puissent voyager tranquillement.

11 - egyptian-1822038_960_720La première trace que l’on observe d’un tel système se trouve en Égypte pharaonique pendant la période du Nouvel Empire, entre -1580 et -1077. A cette époque, l’Égypte est une civilisation qui maîtrise l’écriture, a une administration développée et une forte centralisation du pouvoir autour du pharaon. Les conditions idéales pour l’avènement d’une poste à relais. Pourtant on ne retrouve la preuve de l’existence de ce système que dans un seul document : un poème d’amour…

Et oui parfois, les connaissances historiques nous parviennent via les documents les plus inattendus ! Certains disent que la vie trouve toujours un chemin, ici on peut vraiment dire que c’est l’Histoire qui trouve toujours un chemin ! Dans ce poème, on apprend que cette institution postale est nommée le courrier royal, et que le messager se déplace avec son char de relai en relai où il change à chaque fois de chevaux. Malheureusement on ne sait pas grand chose d’autre à ce propos, car ce courrier royal a dû disparaître lors d’une des périodes d’affaiblissement de l’Égypte.

D’autres postes à relais ont existé au cours de l’antiquité comme celle mise en place par Cyrus dans l’empire perse, mais c’est avec l’empire romain que ce système va connaître son apogée sous la forme du cursus publicus.

16 - Chariot2Créé par Auguste le cursus publicus est un service de poste sous l’autorité de l’empereur qui est entièrement au service de l’État. On utilise des chariots légers à 2 roues tirés par 2 chevaux pour transporter les dépêches officielles et les haut fonctionnaires. On utilise des chariots plus lourds à 4 roues tirés par un attelage de boeufs ou de mulets pour transporter des charges plus lourdes, notamment le ravitaillement pour les armées. Le long des voies romaines se trouvaient deux types de relais principaux : le mutatio tous les 10 à 18 km qui est un bâtiment simple juste pour changer de cheval, et le mansio tous les 30 à 36 km qui est un lieu d’étape avec un gîte pour les courriers, une écurie, et un garage pour les véhicule.

Ce système était très performant, les courriers parcouraient en moyenne près de 75 km par jour, et pouvaient compter à la fin du IIIe siècle sur près de 372 routes pour un total de 85 000 km !

Toutefois le système était réserve à l’usage de l’état romain et il n’existait rien de tel pour la correspondance privée. Les particuliers se débrouillaient comme ils pouvaient pour correspondre, ils envoyaient leur esclave, laissaient leur courrier aux marchands en voyage ou faisaient appel aux tabellarii : des services de messagers plus ou moins professionnels mais dont la discrétion laissait souvent à désirer.

Les chariots à quatre roues, c'est pas la même vitesse... mais ça transporte plus !
Les chariots à quatre roues, c’est pas la même vitesse… mais ça transporte plus !

Valait mieux pas envoyer un message cochon, ils en auraient profité quoi !

La dislocation progressive de l’empire romain d’occident au cours du Ve siècle va amener à la disparition du cursus publicus. D’autant plus facilement que le maintien de ses relais était à la charge des populations locales, qui étaient donc très heureuses de pouvoir s’en passer.

Le cursus publicus survivra tout de même dans l’empire romain d’orient, aussi appelé empire byzantin.

Avec le début du Moyen Âge Il n’y a plus de système de poste organisé en Europe de l’Ouest, c’est donc l’ère des messagers. Toutefois ça n’empêche pas que beaucoup de lettres circulent à travers l’Europe, l’Église et ses clercs en échangeant énormément.

On peut noter qu’ailleurs dans le monde des réseaux postaux existent toujours : ainsi le sultan mamelouk Baybars met en place un impressionnant réseaux qui combine relais postaux à cheval, signaux de feu et pigeons voyageurs.

La poste aux chevaux

Louis XI, un profil parfait pour figurer sur un timbre.
Louis XI, un profil parfait pour figurer sur un timbre.

Ce n’est que vers 1475 qu’un système de poste renaîtra en France, sous l’impulsion de Louis XI. Soucieux de vouloir améliorer son système de renseignements, il commence par placer des chevaucheurs royaux le long de plusieurs routes afin de pouvoir être informé rapidement d’éventuels mouvements de troupes ennemies. Cette organisation était légère et transférable facilement d’une route à l’autre. Au fil du temps ces routes postales se sont multipliées et sont devenues permanentes grâce à la mise en place progressive de relais postaux.

Cette poste reste réservée aux seuls besoin du roi et de son administration, mais il arrivait régulièrement que les courriers royaux profitent de leur voyage pour faire passer quelques lettres de particuliers au passage. Pour mettre fin à cette situation Henri IV va pour la première fois rendre la poste accessible aux particulier contre le paiement d’une taxe.

A noter que contrairement à aujourd’hui, c’est le destinataire qui s’acquittait de la taxe, eh oui on devait être moins content de recevoir du courrier…

A partir de 1630 la France est divisée en 20 circonscriptions, chacune dirigée par un maître du courrier. Cet office achetée au roi les charge d’organiser le transport, la réception et la distribution du courrier royal et particulier. Et bien évidemment, on se rend vite compte que ces maîtres du courrier s’enrichissent grâce à leur charge. En 1672, le ministre de Louis XIV, Louvois, met donc en place le régime de la ferme générale, l’état récupère le monopole de la poste. Louvois met aussi en place de nouveaux relais de postes et développe celle-ci à l’international.

Bon tout ça c’est bien joli, mais comment elle fonctionne concrètement cette poste ?

Le long des routes postales se trouvent des relais, distants chacun de 13 à 30 km. D’ailleurs, une lieue correspondant à 4km, les relais étaient distants entre eux de plus ou moins 7 lieux, d’où les fameuses “bottes de 7 lieues !”. Celui qu’on appelle le “courrier” est la personne qui a en charge la malle à courrier, il se déplace en charrette qu’on appelle une brouette mais il a interdiction de transporter des voyageurs. En 1793 la charrette sera remplacée par un véhicule plus grand appelé la malle-poste qui peut aussi accueillir des voyageurs. Ce courrier se déplace donc avec sa malle de relais en relais sans s’arrêter, de nuit comme de jour jusqu’à atteindre sa destination.

C’est un métier très difficile et mal payé, ils devaient donc souvent faire un peu de trafic pour se faire un peu d’argent en plus.

48 - journee-du-timbre-1952-919A chaque relais se trouvent des postillons. Le postillon est celui qui va conduire le cheval de la charrette au galop jusqu’au prochain relais. Une fois arrivé là bas on change le cheval et un nouveau postillon prend le relais. Le premier postillon revient ensuite avec le cheval à son relai d’origine. Le postillon est un personnage très reconnaissable, il dispose d’un bel uniforme (depuis 1786) et d’énormes bottes de 3 kilos chacunes destinées à protéger des jambes de l’écrasement en cas de chute du cheval. Rétribués au service effectué ils ont mauvaise réputation. On les dits insolents, indisciplinés, alcooliques et on leur reproche même parfois de la cruauté envers les chevaux.

A tel point qu’à partir de 1822 on va instituer un livret d’identité et de conduite pour essayer de mieux les contrôler.

Les relais étaient dirigés par des maîtres de poste. Ces derniers étaient titulaire d’un office qu’ils avaient acheté et qu’ils transmettaient généralement de père en fils. Leur rôle était de fournir des chevaux frais aux courriers mais aussi aux messagers du rois et aux hauts personnages de l’état en cas de déplacement. Ils devaient aussi louer leurs chevaux aux voyageurs désireux de “courir la poste” c’est à dire voyager en galopant de relais en relais. Les maîtres de poste ne recevaient qu’une faible rémunération pour leur activité mais ils avaient le monopole de la vitesse : personne d’autres qu’eux n’avaient le droit de faire galoper ses chevaux sur les routes, les autres devant se contenter du pas, ou du trot tout en s’arrêtant forcément pour la nuit.

Imaginez un peu si on transpose cette situation à aujourd’hui ! Si vous louez une voiture à l’état, vous pouvez rouler à 130 sur l’autoroute. Si vous prenez votre propre voiture, vous devrez vous contenter de rester à 50 sans pouvoir non plus rouler la nuit tombée… pas mal non ? Bien évidemment, tout le monde ne respectait pas forcément cette interdiction, mais ce privilège de galop a toujours été maintenu.

En plus de cela les maîtres de poste disposaient de privilèges importants, ils avaient le droit de vendre des vivres et du vins aux courriers et aux postillons, ils étaient exemptés de charge publique comme celle de devoir faire le guet aux portes de la ville, exemptés de fourniture aux militaires et surtout ils étaient complètement exemptés d’impôts, ce qui leur était particulièrement utile car beaucoup d’entre eux étaient de grands propriétaires fonciers qui vivaient de l’exploitation de leurs terres. A la campagne les maîtres de postes étaient généralement des notables qui exerçaient souvent la fonction de maire du village.

Toutefois il existait de grandes inégalités selon les régions, certains maîtres de postes étaient très riches, alors que d’autres avaient du mal à vivre convenablement.

L'arrestation de Louis Capet, mettant fin à sa fuite.
L’arrestation de Louis Capet, mettant fin à sa fuite.

Lors de la Révolution tous les privilèges sont abolis et donc ceux des maîtres des postes aussi. Afin de ne pas désorganiser le système postal, on décide d’accorder une indemnité annuelle à ces derniers. C’est d’ailleurs un maître des postes, Jean Baptiste Drouet, qui reconnut et permis l’arrestation de Louis XVI à Varennes.

Il avait l’œil le citoyen, parce que c’était pas évident !

La Révolution va apporter d’autres changements à la Poste. On va déclarer le service des postes comme étant de première nécessité et par conséquent, il doit être accessible à tous les citoyens. On va alors densifier le réseau postal.

On va aussi réaffirmer le secret de la correspondance qui était régulièrement bafoué auparavant. En effet il existait dès 1623  le “cabinet noir” : un service de renseignement qui espionnait entre autre le courrier des ambassadeurs et des grands nobles suspects. Voltaire dénonçait cette situation au cœur d’un article sur la poste dans son livre “Question sur l’Encyclopédie”, paru en 1771 :

“La France, où cette belle invention fut renouvelée dans nos temps barbares, a rendu ce service à toute l’Europe. Aussi n’a-t-elle jamais corrompu ce bienfait ; et jamais le ministère qui a eu le département des Postes n’a ouvert les lettres d’aucun particulier, excepté quand il a eu besoin de savoir ce qu’elles contenaient”.

Bon après cette déclaration de principe n’empêchera pas non plus les différents gouvernements révolutionnaires de se livrer eux aussi à l’espionnage du courrier…Bah oui, les principes c’est bien mais bon quand on est en guerre à l’extérieur et à l’intérieur on essaie de mettre toutes les chances de son côté !

Outre la poste à chevaux il existait aussi des lignes postales piétonnes qui reliaient les villes  desservies par la poste à cheval à des plus petites villes.

Autre poste particulière: la petite poste !

Jusqu’en 1758, si vous vouliez faire parvenir une lettre depuis Paris à un autre parisien il était impossible d’utiliser la Poste aux chevaux qui ne la prenait pas en charge. C’est là qu’intervient la création de la petite poste chargée de transporter uniquement les lettres dans une même ville. D’abord créée à Paris elle sera par la suite implantée dans toutes les grandes villes du pays. La distribution était alors assurée par des facteurs privés qui s’annonçait dans la rue via un claquoir qu’ils faisaient…claquer car ils n’avaient pas le droit de monter dans les immeubles !

Les révolutions de la Poste au XIXe

La poste française va connaître une première révolution en 1830 lorsqu’est créée la poste rurale, une première mondiale. En effet jusque là, les habitants des campagnes, qui constituent pourtant la grosse majorité de la population française, devaient aller chercher leur courrier dans le bureau de poste le plus proche. Et comme il n’y avait que 1775 bureaux pour 36000 communes, ont comprend vite pourquoi un grand nombre de lettres n’étaient jamais récupérées par leur destinataire.

La poste française va alors recruter 5000 facteurs ruraux notamment chez les anciens soldats de l’Empire de Napoléon, habitués aux longues marches.

Et croyez moi, il vaut mieux qu’ils aiment ça marcher ! Le facteur rural est rémunéré au km parcouru, en moyenne sa tournée fait 28km mais elle peut aller jusqu’à 40 km et le tout à pied ! Autant vous dire qu’il doit généralement faire un autre métier à côté comme cordonnier ou réparateur de montre puisqu’il ne gagne pas assez en étant facteur.

Premier timbre de la République Française, le "20 centimes noir".
Premier timbre de la République Française, le « 20 centimes noir ».

A la suite de la Révolution de 1848, la IIe république naissante veux faire quelque chose pour démocratiser l’usage des services postaux. En effet jusqu’à présent c’est le destinataire qui payait une taxe pour récupérer son courrier et cette taxe était trop élevée pour beaucoup de monde. On va donc adopter une invention britannique : le timbre postal. Désormais c’est l’expéditeur qui doit payer un timbre au tarif unique et réduit de 20 centimes pour pouvoir poster sa lettre qui sera ensuite remise gratuitement à son destinataire. Cette réforme postale permis une augmentation considérable du volume de courrier échangé et à fait le bonheur des philatélistes en tout genre, qui n’ont vraiment pas tardé à se mettre au travail car les premières collections de timbre commencent à se faire dès les années 1850.

Une autre révolution va profondément transformer le système postal français au 19e siècle : l’arrivée du chemin de fer. Dès 1839 on transporte des dépêches sur la ligne qui va de Montpellier à Sète et dans les années 1840 le transport ferroviaire du courrier se développe car il fait gagner un temps précieux.

Mais ça uniquement comme complément du transport par cheval… en tout cas dans un premier temps !

En 1845 une autre innovation va permettre de gagner encore plus de temps: les bureaux ambulants. Il s’agit de wagons spéciaux où l’on trie le courrier en même temps qu’on le transporte. Les conditions de travail dans ces bureaux sont très pénibles. Les agents arrivent en général dans le wagon plusieurs heures avant le départ pour commencer à trier le courrier. Il travaillent debout, dans un espace étroit, en mouvement constant avec juste un poêle à charbon pour le chauffage, et restent en moyenne 14 à 15 heures de suite dans leur lieu de travail. Mais ces conditions de travail s’amélioreront grâce à la modernisation progressive des trains. Bientôt la poste à cheval devint totalement obsolète et les dernières lignes sont supprimées par décision ministérielle en 1873.

Si le service postal évolue au gré des innovations technologiques, ce sont parfois des circonstances exceptionnelles qui le poussent à innover.

Ainsi lorsqu’en septembre 1870 les troupes prussiennes commencent à faire le siège de Paris, tout contact entre la capitale et le reste du pays est interrompu. C’est un véritable problème pour l’approvisionnement en nourriture : les parisiens se retrouvent à manger du chat, des rats ou de l’éléphant du jardin des plantes. Mais pour le courrier aussi c’est compliqué, surtout quand on est en pleine guerre ce qui demande généralement un minimum d’organisation et de communication pour que tout se passe bien. Pour tenter de communiquer on essaye alors de faire sortir de Paris des gens en ballon. Parfois ça fonctionne, comme avec Gambetta qui a pu parcourir la province pour essayer de rassembler une armée de secours, mais parfois moins, avec des ballons qui se retrouvent en Allemagne, directement chez les ennemis.

Et ne rigolez pas, y’en a même un qui s’est retrouvé en Norvège !

Par la voie des airs on va aussi essayer de communiquer par pigeon voyageurs, on emmène les pigeons hors de Paris à l’aide d’un ballon, on leur accroche un petit tube contenant 20 à 30 000 dépêches microphotographiées, et ils s’envolent pour rejoindre leur colombier à Paris. Plus de 300 pigeons sont ainsi utilisés mais les prussiens les chassent au fusil et à l’aide de faucons entraînés. Résultat : seuls 57 parviendront à destination.

Et pour remercier ces animaux héros comme il se doit, l’un d’eux sera empaillé à la fin de la guerre !

Le gouvernement demande aussi la création d’un corps de coureur des postes. Le principe est très simple : s’il est hors de question de faire traverser les lignes prussiennes par un train ou une malle poste, un mec tout seul ya ptet moyen !

Près de 200 sorties seront effectuées mais seul une dizaine de messagers parviendront à passer. Parmi eux, le facteur Brare réussira 5 fois à traverser, mais il sera finalement capturé et torturé. Il est emprisonné à Versailles puis parvient à s’échapper mais il est tué par des soldats prussiens alors qu’il tentait de traverser la Seine à moitié gelée à la nage pour regagner Paris !

On peut dire qu’il avait pas froid aux yeux…

Mais le moyen le plus original qu’on ai tenté pour faire parvenir du courrier à Paris est sans nul doute les boules de Moulins. La encore, le principe est simple : ce sont des boites étanches en zinc qu’on remplit de courrier et qu’on immerge dans la Seine. Le courant les amène dans Paris où on doit les récupérer à l’aide d’un filet.

Un plan idéal non ? Sauf quand l’idée est lancée alors que la Seine est gelée et qu’il est impossible de relever les filets. Du coup…Aucune des 55 boîtes envoyées ne sont récupérées pendant le siège. Pas vraiment brillant !

La dernière révolution du XIXe pour le Poste n’est pas l’arrivée de l’automobile, qui ne l’a pas utilisée avant le début du XXe, mais la démocratisation de la bicyclette. Dès la fin du siècle son usage est encouragé chez les facteurs, qui touchent une indemnité pour en acheter une et l’entretenir. Ce moyen de transport va vite être largement associé à la figure du facteur moderne.

La poste du XXe siècle à nos jours

Si les dernières lignes de poste à cheval sont supprimées fin XIXe, le cheval est toujours utilisé pour amener les facteurs sur le lieu de départ de leur tournée ou pour transporter le courrier de bureau à bureau ou de gare à bureau. Les premières automobiles utilisées par la Poste vont commencer par remplacer les chevaux dans ces rôles, notamment à Paris, à partir de 1909. Après la première guerre mondiale, le transport sur route va commencer à être utilisé en complément du transport par le rail. A partir de 1952, les voitures sont utilisées pour les longues tournées des facteurs ruraux. D’ailleurs ce qui caractérise une voiture de la poste pour nous tous, c’est sa couleur bien spécifique, le jaune poste, et ça, ça arrive seulement dans les années 1960 !

Les transports routiers commencent à remplacer les liaisons ferroviaires dans les années 20. Dans les années 70, ils composent  la moitié du trafic postal. L’arrivée du TGV dans les années 80 va avoir un effet double: un TGV postal est créé accélérant grandement le transport du courrier, mais cette accélération empêche le tri de se faire pendant le trajet. En plus l’arrivée du TGV va entrainer un arrêt progressif des lignes de nuit qu’utilisait la Poste. Dans les années 90 le transport du courrier par route va connaître une franche accélération pour finalement surpasser le rail. Le TGV de la Poste est même supprimé en 2015.

Un autre nouveau moyen de transport va donc attirer l’attention de la Poste : l’avion.

En France la première expérience aéropostale se fera au sortir de la première guerre mondiale. Pour palier à la destruction du réseau ferroviaire dans les régions occupées on met en place des lignes aéropostales provisoires vers Lille ou encore Strasbourg mais aussi vers les colonies et vers l’étranger : la première en 1919 entre Toulouse et Casablanca. La première ligne exclusivement aéropostale à traverser l’Atlantique est ouverte en 1936 entre la France et l’Argentine en passant par le Sénégal. Les pilotes de ces lignes aéropostales sont de véritables aventuriers car l’aviation n’en est encore qu’à ses débuts et les pilotes doivent voler de nuit multipliant les risques. Le pilote de l’Aéropostale le plus célèbre est sans nul doute Antoine de Saint Exupéry, auteur du “Petit prince”, qui a aussi publié en 1931 “Vol de nuit” un roman sur les pilotes de l’aéropostale.

A partir de 1935 la compagnie Air bleu commence à transporter du courrier de façon régulière sur le territoire métropolitain. Aujourd’hui la Poste utilise de moins en moins l’avion.

Ce moyen de transport est réservé aux courriers urgents à acheminer sur une longue distance.

Une autre innovation d’importance pour la Poste est l’automatisation du tri. Si les premiers tests datent des années 50 il faudra attendre les années 70 pour qu’elle se généralise. Grâce à l’automatisation, la Poste peut traiter des volumes massifs de courrier en un temps record.

Mais depuis la fin des années 90 la Poste doit faire face à un nouveau défi de taille: Internet. Et oui désormais, les messages peuvent être envoyé instantanément à l’autre bout du monde, alors forcément, le courrier traditionnel en prend un coup !

Entre 2008 et 2020, le nombre annuel de lettres distribuées a été divisé par deux !

Cela dit internet représente aussi une opportunité pour la Poste, puisque de plus en plus de monde fait ses achats sur des plateformes en ligne, et il faut bien livrer les commandes ensuite ! La poste a aussi perdu son monopole, qu’elle détenait depuis sa création, et doit donc faire face à la concurrence d’entreprises privées.

La poste est le deuxième employeur de France juste après l’État avec 250 000 salariés. Elle reste donc une entreprise considérable qui va devoir continuer à innover pour faire face aux nombreux défis qui l’attendent.

N’hésitez pas à venir faire un tour au musée de la poste qui vient juste de rouvrir ses portes en plein Paris, Boulevard de Vaugirard, vous y trouverez beaucoup d’objet très intéressant que vous avez pu apercevoir dans cette vidéo.

ça vaut vraiment le coup si vous êtes curieux, l’Histoire postale touche finalement à l’Histoire de France dans toute ses ramifications. Je remercie Robin de la chaîne l’Histoire trouve toujours un chemin pour la préparation de cette émission, je vous mets le lien de sa chaine en description. Merci au groupe La Poste de m’avoir fait confiance également, c’était chouette de bosser sur un sujet pareil !On compte sur vous pour partager l’épisode et on se retrouve très bientôt sur Nota Bene, salut !

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